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ANTOINE GIVAUDAN REPOND A “ VIE PUBLIQUE ”

 

“ les pos c’est bien mais il faut aller plus loin ”

 

antoine givaudan

( VIE PUBLIQUE N°28 juillet août 1974 )

 

ORIGINE ET DESTINATION

Mes propos ne brillent pas par leur originalité mais les questions nous donnent une idée des préoccupations de l’époque. Elles n’ont hélas pas fondamentalement changé.

Ma conclusion sur le POS, déjà en 1974, n’en faisait pas l’instrument à tout faire de l’urbanisme communal.

Il est un peu navrant qu’on soit, 25 ans plus tard, amené à redire inlassablement les mêmes banalités.

Pourtant, l’instrument dans les fonctions pour lesquelles il est fait  n’est en rien dépassé, ni vieillot, sous prétexte qu’il a plus de 30 ans ; on doit seulement rajouter qu’on n’a guère fait de progrès dans son utilisation à d’autres fins que pour délivrer des autorisations. La décentralisation, à cet égard, n’a pas favorisé un enrichissement des pratiques dans neuf communes concernées sur dix. A partir des années 90, elle a généralement exacerbé le juridisme le plus étroit,. Elle a provoqué une inflation des POS préjudiciable à leur qualité ( Cf.       #169B# ).

J’ai essayé pendant ces années de catéchèse de faire comprendre ces banalités mais j’ai dû très mal m’y prendre quand on voit où nous en sommes restés et les souvenirs que certains en ont conservé ! ( Cf.#1994-00-00-1-E#)

J’ajouterai enfin que sur les SDAU à la page 3 j’ai fait une réponse intellectuellement malhonnête mais je ne pouvais pas admettre ouvertement que la phase “ schéma ” nous avait échappé et que nous n’étions plus en mesure de relancer vigoureusement leur établissement.

 

 

“ Pour expliquer qu'est un plan d'occupation des sols ( P.O.S.) personne n'est plus compétent qu'Antoine Givaudan, chef du service de l'urbanisme au ministère de l'Équipement. Afin que celui-ci réponde aux questions concrètes que se posent les élus et les administrateurs locaux, Vie Publique a demandé à un architecte urbaniste, Eddy Rotenberg, de participer à l'interview de celui qui est un peu le “ père du P.O.S. ”. V.P.

 

 

VIE PUBLIQUE.— Quels sont les avantages et les limites que vous voyez au P.O.S. 1

Eddy ROTENBERG. — En tant que praticien, les avantages que je vois résident dans quatre caractéristiques:

1. Un aspect pédagogique qui permet à la municipalité de comprendre la logique de la loi d'orientation foncière;

2. Un bon outil de gestion pour les communes sans problème, c'est-à-dire en état de croissance régulière;

3. Un révélateur de conflits, à l'intérieur de la commune aussi bien qu'avec l'extérieur: autres communes, administration;

4. Un système plus précis, plus rigoureux que les P.D.U.I. les P.U.D.

Antoine GIVAUDAN.— Je suis d'accord sur le fait que le P.O.S. est un bon outil pédagogique pour les collectivités et les services de l'Etat puisque son élaboration permet non seulement, de manipuler l'outillage juridique, mais aussi — comme il faudra appliquer ce P.O.S.— de se poser des questions sur la façon de l'appliquer.

Je suis moins d'accord sur la seconde observation qui consiste à dire que c'est un bon outil parce qu'il n'y a pas de problème dans la commune. Dans ce cas il n'est pas utile de faire un P.O.S.

Par contre, s'il y a de très grands problèmes peut-être que le plan n'est pas adapté pour y faire face. Si l'intensité est très forte. il se peut que le P.O.S. ne soit pas le bon moyen.

Dans tous les cas, il permettra de réfléchir au bon moyen. C'est aussi un révélateur de conflits souvent ignorés, que l'on découvre au moment d son élaboration. Je crois que les administrations de l'Etat et les collectivités ont à gagner de connaître les difficultés dont elles n'ont pas toujours conscience.

Reste à savoir si après avoir révélé les conflits le P.O.S. permet de les résorber.

 

.

II y a un autre avantage qui n'est pas seulement destiné aux collectivités locales, mais à tous les usagers du P.O.S., c'est d'avoir grâce au Plan une information juridique meilleure sur le droit du sol, pour tous les professionnels de l'immobilier: constructeurs. architectes, géomètres, etc.

 

E.R.— Le P.O.S. met en lumière les problèmes. II ne permet pas obligatoirement de les résoudre. C'est là une de ses limites. J'en vois d'autres: le P.O.S. a une logique propre, elle est linéaire, hiérarchisée. Elle va du général au particulier, or les problèmes de l'aménagement se posent à tous les niveaux simultanément: entre l'individu et le groupe ou entre les groupes entre eux. Quand on ne tient pas compte de cette situation, en fin de processus, il y a quelquefois refus du résultat, parce qu'il y a conflit d'intérêts; il n'y a pas de consensus. On a perdu beaucoup de temps, il faut quelquefois tout reprendre.

Ne serait-il pas préférable de mener simultanément les études au niveau du S.D.A.U. et du P.O.S. afin de mieux prendre en compte les problèmes de chacun ?

A.G.— Cette idée pose bien des problèmes à la fois. II est normal et indispensable que dans la législation et dans la méthodologie, il y ait un système logique. Est-ce à dire que dans un processus d'élaboration il faut à tout prix subordonner son action, au respect de cette logique ? Je ne le pense pas.

Lorsqu'on étudie un schéma directeur, on arbitre sur un espace donné, entre des affectations variées et des utilisateurs concurrents. Certains impératifs entrent en compétition avec les volontés communales. Il faut bien prendre position à un moment donné.

 

E.R. — L'arbitrage dont vous parlez n'est pas toujours accepté, car les critères de l'administration ne sont pas toujours ceux des communes.

A.G. — Rien n'empêche que les éléments du S.D.A.U. soient étudiés plus en détail à l'échelle communale, de façon que dans le schéma directeur figure tout ce qui peut recevoir l'assentiment des communes concernées.

Il est difficile de recommander aujourd'hui l'étude simultanée dans la mesure où les collectivités locales et les services se sont lancés dans ces affaires depuis pas mal d'années ( trois ans pour parler de la période la plus active ) et par conséquent si le processus s'est bien engagé, il n'y a rien à changer et lorsqu'il ne s'est pas engagé correctement, ce n'est pas avec une instruction ou avec des directives précises que l'on pourra rétablir le processus idéal. Dans la procédure normale qui consiste à avoir des équipes qui embrayent sur le P.O.S. quand le schéma directeur est en bonne voie, je crois que cette méthode est possible, et bien préférable.

Le schéma directeur laisse les collectivités locales organiser le développement de leur commune en relation avec les grandes options du schéma. Il se peut qu'une commune veuille se développer alors que le schéma directeur la situe dans un espace à protéger de l'urbanisation, ou à l'inverse, rester tranquille, alors que son site la prédispose à une urbanisation.

Alors on dit qu'il y a une contradiction entre le S.D.A.U. et le P.O.S. C'est vrai, mais s'il y avait eu itération, ça n'aurait rien changé.

 

E.R.— J'en suis moins sûr que vous.

A.G.— Il appartient aux collectivités publiques de satisfaire les impératifs d'intérêt supérieur en ménageant les intérêts légitimes qu'il convient quelquefois de brimer. Par exemple: l'implantation d'industries qui apportent des emplois, mais aussi des nuisances. On peut alors renier ses engagements pour s'agenouiller devant l'industriel. Reste à savoir si on fait un bon calcul. Ce n'est pas certain: l'accueil dans des conditions médiocres et souvent anarchiques, n'est pas nécessairement bénéfique à la commune.

Les collectivités locales doivent faire un effort pour convaincre leurs interlocuteurs qu'ils doivent aussi tenir compte de considérations sociales, de qualité de vie, etc.

L'enquête publique peut faire ressortir les vices mineurs du P.O.S.

 

V.P.— Tant que l'Etat obligera les collectivités locales à faire face à des équipements publics qu'il devrait assurer lui-même, les communes seront obligées de jouer ce rôle de quémandeur de patentes, car c'est la seule façon d'étoffer les finances communales.

A.G. — Oui, effectivement, les richesses communales sont très inégales. Le problème du morcellement communal retrouve encore dans ce domaine, toute sa portée. C'est un problème beaucoup plus général qui ne peut pas être résolu au stade du P.O.S. Le P.O.S. n'est pas un instrument qui permet de rendre riche une commune qui ne l'est pas.

 

E.R. — Je voudrais aborder une autre limite du P.O.S. Admettons que la municipalité, en accord avec l'administration, fixe un objectif démographique; l'urbaniste propose un zonage capable d'accueillir la population envisagée. Si on calcule trop juste, on favorise la spéculation sur les seuls terrains constructibles et même la rétention des terrains. On risque de ne pas pouvoir atteindre l'objectif fixé.

Si au contraire, pour permettre une souplesse du marché, on prévoit une capacité supérieure, on risque de dépasser cet objectif et de se trouver confronté avec des problèmes d'équipements.

On ne peut prévoir un aménagement adapté que pour une croissance régulière.

 

A.G.— Le P.O.S. doit être [ en mesure ] de répondre à un certain nombre d'incertitudes. II est donc possible, à mon sens, de ménager des capacités d'accueil qui répondent à peu près aux capacités de financement des collectivités locales. Si la commune est bien gérée, elle devrait avoir le temps de préparer les solutions, mais encore faut-il ne pas baisser les bras devant le premier événement qui parait imprévu et qui peut être récupéré à l'intérieur du plan.

Si par hasard, ou à la suite d'une décision ou d'un événement imprévu, les conditions dans lesquelles le plan a été établi changent, il est bien évident qu'il faut le modifier. Si on implante une centrale nucléaire et si la centrale nucléaire n'a pas été prévue, il va falloir changer certaines choses.

 


 


“ Tout dépend de la volonté profonde et obstinée de la commune et de l'administration ”.A.G

 

 

E.R. — Vous savez mieux que moi que la procédure administrative est lourde par nature. Les incertitudes dans les permis de construire apparaîtront, les réclamations contenues pendant l'élaboration renaîtront. La commune hésitera à se relancer dans l'aventure,

A.G.— Il ne faudrait pas que les cas d'ajustements inévitables soient compris comme des catastrophes.

Le plan, rendu public, doit être approuvé dans les trois ans qui suivent l'acte qui le rend public; entre temps il y a une enquête publique qui est justement destinée à faire réagir les administrés sur le plan qui a d'ailleurs été appliqué puisqu'il est opposable dès sa publication.

II se peut très bien qu'à l'occasion de cette enquête publique qui pourrait être une formalité beaucoup plus riche qu'elle ne l'est actuellement si elle était mieux assumée par tous, il ressorte des vices mineurs de conformation. Par conséquent, après l'enquête publique, il conviendra de mettre au point le document en tenant compte de ces petites adaptations, des simplifications, etc.

 


Au centre, Eddy Rotenberg architecte urbaniste et Claire Mossolin (à droite) journaliste de “ Vie Publique interrogent.

 

E.R. — Je note avec intérêt l'idée de vie provisoire du P.O.S., entre publication et approbation qui permet un “ rodage ”.

A.G.— Lorsque le P.O.S. édicte dans une zone que le terrain est constructible, cela signifie deux choses: soit que l'équipement existe, soit que la collectivité locale est capable de dire quand et par qui ces équipements seront réalisés et qu'elle est capable de réaliser l'équipement lors de la mise en service de la construction. Le P.O.S. implique par conséquent une certaine discipline dans les actions de la collectivité locale et dans la gestion de ses investissements.

D'autre part, on peut modifier le P.O.S. tout en respectant ses dispositions et celles du S.D.A.U. en créant des Z.A.C., qui ne sont en aucune manière, des dérogations au S.D.A.U. ou au P.O.S.

 

ER. — Les zones d'urbanisation future, sur lesquelles se feront les ZAC, sont souvent considérées comme dangereuses par l'autorité de tutelle qui craint que la commune se laisse séduire par les promesses des promoteurs et déborde ses objectifs.

De plus, en zone urbaine l'équipement doit être prévu, mais rien ne dit qu'il doit être réalisé en même temps que les habitations, il peut même l'être qu'en fin de P.O.S. Ainsi une personne peut bâtir là où l'équipement n'existe pas encore et l'attendre plusieurs années.

A.G.— Le P.O.S. est un moyen comme un autre d'essayer de rapprocher à la fois l'urbanisation et les équipements qui lui sont nécessaires. S'il y a un P.O.S., ce rapprochement est étudié au cours d'une démarche globale. Le P.O.S. apporte une garantie de plus de concordance entre la réalisation des équipements et l'urbanisation.

 

E.R.— Garantie à terme, pas une garantie de coordination.

A.G.— Tout dépend de la volonté profonde et obstinée de la commune et de l'administration. On devrait éviter cet étalement de l'urbanisation en fonction d'opportunités foncières qui aboutissent à terme à des difficultés d'organisation bien plus grandes.

 

E.R. — C'est donc bien de la volonté des participants plus que du cadre institutionnel que dépend la bonne marche du P.O,S.

Cette remarque ramène à un nouveau problème: le règlement; vous êtes à l'origine d'une doctrine assez sophistiquée, mais souple et riche. Elle permettrait, entre autres, de promouvoir des formes urbaines nouvelles — je sais que c'est un de vos soucis. Mais les règlements départementaux vident la doctrine de sa souplesse; on se trouve prisonnier dans des carcans.

A.G. — Le règlement du plan est conçu pour être d'une consultation plus facile. Le formalisme est aussi une nécessité. II ne viendrait pas à l'idée de ceux qui éditent le guide Michelin de faire une présentation différente des symboles d'une ville à l'autre; de même, il est normal en matière de P.O.S. d'avoir un formalisme unique. Ce n'est pas en cela être centralisateur, ou bien il faut regretter que le mètre ait partout la même longueur.

Ainsi les règlements - types ont été établis dans beaucoup de départements pour simplifier la tâche de ceux qui ont à le rédiger; c'est une chose assez naturelle à la condition que ceux qui ont à les utiliser sachent sélectionner les règles indispensables à l'objectif que l'on s'assigne et ne se contentent pas de recopier les dispositions générales;

Nous pouvons dire qu'il y a un courant favorable, une conscience plus grande en faveur de meilleures solutions aux problèmes urbains. J'ai constaté de grands progrès à la fois dans l'usage des moyen et de leur compréhension, aussi bien chez les fonctionnaires que chez les élus.

 

V.P.— Vous semblez avoir le souci de promouvoir la qualité. Vous admettez que ce n’est pas le rôle du P,O,S. Que proposez-vous,

A.G.— Si on constate que certaines réalisation ne suscitent aucune satisfaction, provoquent au contraire des critiques, ou qu'elles sont des erreurs, même si au moment où on les a conçues elles ont apporté une réponse à un problème donné, il serait regrettable l'Etat n'en tire pas les conséquences. Il faut agir, pousser un cri pour faire prendre conscience à tous les aménageurs locaux de ce qu'ils étaient train de faire. Donc le ministre décide de quelque chose. II prend des directives concernant la doctrine. A titre d'exemple je cite les circulaires sur les tours et les barres dans les villes moyennes du 30 novembre 1971 ( Cf.#1971-11-30---E#)et la circulaire du 21 mars 1973 ( Cf.#1973-03-21---E#)sur la taille des grands ensembles et la ségrégation sociale. L'intérêt n'est d'ailleurs pas de guillotiner quelques tours et de raccourcir quelques barres, ça c'est presque de la petite histoire et ce n'est pas par ce bout là qu'on aboutit à un urbanisme correct, même s'il faut passer par ce chemin pour y parvenir. L'objectif et le résultat sont que chacun se pose des questions quand on conçoit une nouvelle opération et je crois que dans beaucoup de cas de nouvelles questions se posent aujourd'hui qu'on ne se posait pas il y a 5 ou 6 ans.

 


 

 


“ L'urbaniste est un technicien qui est là pour dire des vérités ” A.G

 

Il fallait s'émanciper de la solution stéréotypée qui consiste à placer quelques tours et à les qualifier de signal. Quant à l'adaptation de la taille d'une opération d'urbanisme à celle de la commune c'est une nécessité qui parait évidente. Cette évidence ayant été oubliée il était bon de la rappeler. Alors on peut évidemment tourner une circulaire et faire trois opérations plus petites au lieu d'une seule, mais même si on fait cela je me demande si on n'aura pas quand même cassé une mécanique dangereuse et si on n'aura pas peut-être abouti ainsi à un urbanisme différent.

 

E.R. — On peut faire des monstruosités de petite taille et ce genre de mesure ne donne pas le talent aux architectes qui en manquent, ni la bonne volonté aux aménageurs de mauvaise foi.

Quand on tourne la loi c'est rarement pour le bien de la collectivité. En l'occurrence le souci primordial est d'équilibrer financièrement une opération, quand ce n'est pas de réaliser des profits. Quand on établit une convention de Z.A.C. de 7 500 logements, c'est-à-dire pour 25000 habitants, on doit prévoir des équipements lourds qu'on n'est pas tenu d'avoir pour 4 000 habitants. En divisant en Z.A.C. successives, on élude ainsi le problème. Qui prendra ces équipements lourds en charge ?

A.G.C'est à la puissance publique de s’inquiéter des équipements primaires qui n'ont pas à être financés par la convention donc par les usagers, mais par l'impôt.

Si on n'a pas les moyens de se lancer dans des opérations qui dépassent les capacités de la collectivité publique, il n'est pas normal de s'en remettre à un aménageur; il n'est pas sûr, d'ailleurs, que cet aménageur apporte les garanties qu'on attend de lui. Quant à la programmation de ces équipements lourds, il y a le schéma de secteur.

Quand un schéma directeur a de vastes espaces dont la vocation est urbaine à moyen ou à long terme, on peut créer des Z.A.C. sur une partie de ce territoire à urbaniser mais pour le reste il faut dresser un schéma de secteur qui précise l'implantation des équipements futurs, l'incorporation des urbanisations nouvelles, les ruptures entre les urbanisations, les espaces publics non bâtis, etc.

 

E.R.— En effet, c'est le travail de l'urbaniste, son rôle n'est pas toujours des plus confortables.

A.G. — Le rôle de l'urbaniste ne pose aucun problème à cet égard. C'est un technicien qui est là pour dire des vérités, mettre en garde s'il y a lieu, proposer des choses meilleures à la fois sur le plan de la technique, du droit et de l'aménagement urbain.

 

V.P. — Bien des communes se plaignent du manque de concertation; elles sont désarmées devant les techniciens de l'Administration qui emploient un langage qui ne leur est pas accessible. Lorsqu'elles font leur plan d'urbanisme. elles disposent de techniciens privés ou de l'administration qui les assistent dans le dialogue.

 A.G.— Personne n'a à comprendre la manière dont s'élabore tel projet technique d'autoroute, mais les communes ont à décider du principe de sa localisation qui n'est d'ailleurs pas à un hectomètre près dans le schéma et peut encore être précisée lors de l'établissement du P.O.S.

Le système d'élaboration des S.D.A.U. permet d'éviter le monopole de la décision au technicien qui, par nature, a tendance à croire que la solution qu'il a imaginée est la seule et redoute qu'on remette en question ses études savantes et compliquées.

 


 

 


V.P. ‑ Pouvez-vous conclure?

A.G.— Dans une agglomération, quand on fait le schéma directeur qui définit les grandes stratégies, les grands arbitrages, les grandes orientations de développement, d'équipements, de protection, on a fait un grand pas dans des domaines qui auparavant étaient réglés au jour le jour.

Quand on a fait le P.O.S., on a confirmé ces arbitrages et on s'est donné les moyens de régler bien des problèmes courants d'une commune. Mais aménager et organiser le développement d'une commune ce n'est pas seulement délivrer légalement des autorisations, c'est rechercher une certaine qualité. Le plan contient en germes des moyens pour intervenir sur les différents éléments qui constituent la qualité. Reste à ceux qui l'appliquent à savoir l'utiliser. J'ajouterai que le P.O.S. c'est le début de l'urbanisme *; il permet de régler les problèmes courants. Tout l'urbanisme reste à faire dans une commune après l'établissement du P.O.S. ( Cf. #1974-04-12---H#)

 

*  [ Encore faudrait-il qu’on ne le fasse pas à coups de poings, histoire de faire transférer quelques compétences et de se débarrasser de témoins gênants ou exigeants , qu’on en fasse un peu plus que de la routine élémentaire. A entendre bien des « beaux esprits »  qui parlent du POS comme d’un instrument conçu à une « autre époque » pour dire qu’il n’est plus adapté aux besoins du moment car « les temps ont changé », on est pris d’affliction. Ces gens n’ont rien compris à la répartition des rôles entre la réalité éminemment changeante et les « invariants » de l’instrumentation qui, en notre domaine, a atteint son plus haut degré de puissance, toute « pollution juridique » mise à part qui peut cependant paralyser les meilleures intentions. En définitive, on comprend le politique ou l’administration qui, voulant contre vents et marées, faire œuvre originale et n’en pouvant mais, n’a rien trouvé de mieux que de changer les noms, avec l’idée que les « bênets » se laisseront prendre à cette stupide et nuisible opération. AG. 18/11/2000   ]