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QUELQUES ELEMENTS

 

POUR FAIRE LE POINT DE LA POLITIQUE URBAINE

EN 1974

 

ANTOINE GIVAUDAN

 

( OCTOBRE 1974 )

 

 

ORIGINE ET DESTINATION

Il s’agit d’une publication occasionnelle, largement diffusée, dressant un tableau d’ensemble des principales actions engagées par la Direction. Son objet déborde donc le champ de mon service, même si j’en ai pris l’initiative, par manie de faire le point périodiquement. On y retrouve une évocation franche des tâches, mais aussi quelques témoignages d’auto - satisfaction justifiées.

Son objectif était de faire connaître l’ensemble des fronts, sur lesquels nous agissions. On parlerait aujourd’hui de “ communication interne ”.

On a mis en caractères bleus les mots et les paragraphes qui se rattachent aux discours et aux idées fixes et aux idées de 65-66 dont j’étais une sorte d’exécuteur testamentaire auto-désigné. Et en marron les éléments nouveaux apparus depuis.

Sans que les termes soient utilisés, la substance et les actions d’« UA-QUO-SEN sont réunies ( Cf. #1977-04-00---H#) et c’est cette diversité qui m’a conduit à rechercher une façon de fédérer cette matière compliquée sous quelques idées simples.

 

 

 

 

 

PAGE DE GARDE DU

 DOCUMENT


TABLE DES MATIERES

Introduction

I.    LES ACTIONS GENERALES EN FAVEUR DE L’AMENAGEMENT DES VILLES ET DE LEUR ENVIRONNEMENT

A.              Les documents d’urbanisme

a).L’ampleur de la tâche

b). les objectifs

B. La politique foncière

 

II. LES ACTIONS PARTICULERES EN FAVEUR D’UN AMENAGEMENT DE QUALITE

A. La qualité des milieux bâtis

1.     Circulaire du 30 novembre 1971 relative aux formes d’urbanisation adaptées aux villes moyennes (circulaire n° 71.135)

2.    Circulaire du 21 mars 1973 relative aux formes d’urbanisation dites “ Grands Ensembles ” et à la lutte contre la ségrégation sociale par l’habitat (circulaire n° 73.73)

3.    Circulaire du 17 Mai 1974 relative à l’action des directions départementales de l’Equipement et des architectures consultants en faveur de la qualité architecturale (circulaire n° 74-92).

4.    Les secteurs sauvegardés.

B.  La qualité de l’environnement urbain

1.     Des actions sectorielles

a)   Lutte contre le bruit, autour des aérodromes par la circulaire du 30 juillet 1973

b)  L’effort en faveur des espaces verts

c)   Zones piétonnes

2.    Des actions globales

a)   La politique des villes moyennes

b)  La politique des villes nouvelles

c)   La protection des milieux naturels

1.     Mesures juridiques et réglementaires,

2.    Mesures foncières

III.DES ACTIONS SUR LES PRATIQUES INSTITUTIONNELLES

A.  Vis à vis des collectivités locales

1.     Elaboration conjointe

2.    Agences d’urbanisme

3.    Décentralisation de l’instruction du permis de construire sur les maires

B.  Vis-à-vis des usagers

1.     Codification des circulaires

2.    Le certificat d’urbanisme,

3.    Le permis de construire

4.    Information générale des administrés

 

[NB. Les texte en caractères différents datent de la numérisation du document.]


10 Octobre 1974

 

Le point de la politique urbaine 1974

 

 

Introduction

Toute action sur l’aménagement des villes passe, en définitive par la mise en œuvre par les autorités locales des moyens qui leur sont offerts. Les pouvoirs, les idées, les crédits, les responsabilités ont une origine souvent mixte. L’Etat ne peut pas faire grand chose sans les collectivités locales. Les collectivités ont encore besoin de l’Etat. Néanmoins, les orientations de ces dernières années ont toutes tendu :

·      vers une plus grande prise en charge des responsabilités urbaines par les collectivités locales,

·      vers l’établissement de rapports nouveaux entre l’Etat et les collectivités.

A un aménagement urbain plutôt simpliste et descendant s’est substitué un ensemble d’actions complexes, conçues au plan local, mises en œuvre avec l’aide de l’Etat.

Le présent bilan en dresse la somme avec quelques perspectives.

 

I. LES ACTIONS GENERALES EN FAVEUR DE L’AMENAGEMENT DES VILLES ET DE LEUR ENVIRONNEMENT

Deux types d’actions générales, préalables à toutes les autres, complémentaires l’une de l’autre, constituent le corps principal de l’activité de la Direction de l’Aménagement Foncier et de l’Urbanisme et des directions de l’Equipement en matière d’urbanisme.

Il s’agit de l’établissement des documents d’urbanisme et de la politique foncière.

 

A. LES DOCUMENTS D’URBANISME

a)  L’ampleur de la tâche

Succédant aux plans d’urbanisme, les schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme (S.D.A.U.) et les plans d’occupation des sols (P.O.S.) concernent des milliers de communes et des millions d’habitants. Leur établissement au delà des réponses qu’ils apportent et apporteront aux problèmes, est aussi l’occasion d’une information très large du public et d’une prise de conscience de sa part. L’intérêt qu’ils suscitent, les discussions qu’ils entraînent changent profondément les conditions dans lesquelles sont prises les décisions d’aménagement.  La participation des élus locaux a remplacé la consultation.

Les S.D.A.U.

Il y a au 15 août 1974, 355 S.D.A.U. décidés. Ils couvrent 8754 communes et 34.700.000 habitants. 31 sont approuvés, ils concernent plus de 5,3 millions d’habitants et 1189 communes.

Les P.O.S.

Il y a au 15 août 1974, 6021 P.O.S. prescrits, qui couvrent 7.245 communes et 36 Millions d’habitants.

285 sont déjà rendus publics ou approuvés ; ils concernent 448 communes et plus de 2.400.000 habitants.

Leur établissement implique un effort considérable, de la part de toutes les autorités locales, fait de dépenses, de travail et de compréhension.

Il se traduit très concrètement par les crédits d’études :

·      pour l’Etat de 35 MF en 1967, ils atteignent 111 MF en 1974 (48 MF en 1970),

·      pour les collectivités locales, ils sont passés de presque rien à plus de 56 millions en 1973.

Il se traduit, moins visiblement, par un travail épuisant à certains égards, d’explications, de persuasion, de volonté, qui prend beaucoup de temps.

Il se traduit aussi par la création d ‘organismes d’études permanentes, les agences d’agglomération, au nombre de 18 à ce jour et plus nombreuses, il faut le souhaiter, à la suite de la relance des créations engagées par le Ministre en octobre 1973 ? qui commence à produire ses effets.

b) Les objectifs poursuivis

Si ces objectifs sont parfaitement clairs, il ne sont pas toujours compris avec la même conviction, d’une ville à l’autre.

Il s’agit en effet :

·      de fournir des orientations stables au développement urbain, d’organiser cette croissance urbaine qui tend naturellement et spontanément au désordre et à la confusion ;

·      de fonder les bases techniques et juridiques, à un protection réelle des milieux naturels, zones agricoles, forêts, sites naturels et de leur épargner les méfaits de la contagion urbaine ;

·      de localiser les grands équipements nécessaires et d’éviter les perturbations qu’entraîne leur réalisation quand elle survient sans avoir été prévue ;

·      de fournir une information plus claire, plus objective et plus certaine sur les possibilités d’utiliser le sol et une sécurité plus grande aux différents utilisateurs des terrains.

Ces documents d’urbanisme prendront progressivement toute leur valeur et deux mesures importantes ont été prises pour le rappeler.

Il s’agit :

·      de la circulaire du 6 février 1974, qui a défini les conditions préalables nécessaires à la création des zones d’aménagement concerté ;

·      de la circulaire du 8 mai 1974, qui a défini les critères de compatibilité entre les expropriations (déclaration d’utilité publique) et les documents d’urbanisme.

D’autres mesures du même type viendront les compléter, à mesure que se confirment les possibilités de se fonder sur les S.D.AU. et les P.O.S. pour domestiquer le développement urbain.

 

B. LA POLITIQUE FONCIERE

Elle a de son côté pris un essor considérable en quelques années. L’Etat en a eu pratiquement le monopole pendant longtemps : les collectivités locales s’y engagent enfin à leur tour même si cet engagement est encore inégal d’une ville à l’autre.

Par ailleurs, la politique foncière, plus ou moins autonome par rapport à celle des documents d’urbanisme - et il pouvait difficilement en être autrement en raison de la nature des anciens documents et de la modestie des moyens financiers engagés par le passé - devient progressivement un ensemble de mesures conçues et mises en œuvre pour exécuter les objectifs des schémas directeurs et des P.O.S.

On est en ce domaine, au commencement d’une époque dont on perçoit encore mal les changements profonds qu’elle entraînera dans les agglomérations déterminées à organiser leur aménagement.


 

Cette évolution est sensible dans les moyens financiers de l’Etat.

 

1967

1970

1974

Crédits de réserves

 

 

 

foncières (55-40)

98 M.F.

76,4 M.F.

201 M.F.

F.N.A.F.U.

 

 

 

Acquisitions directes

25 M.F.

57 M.F.

80 M.F.

Droit de

préemption dans

les Z.A.D.

 

 

12 M.F.

 

 

90 M.F.

 

 

100 M.F.

TOTAL

135 M.F.

223,4 M.F.

381 M.F.

Superficies des acquisitions de l’Etat sur le chapitre 55-40 sur F.N.A.F.U. ha

 

 

1077

    31,1

 

 

1966

 820

 

 

1973

1065

TOTAL

1.108,1 ha

2.786 ha

3.038 ha

 

Les moyens de l’Etat sont complétés par les actions des collectivités locales.

 

 

1967

1971 (date de création)

1973

Prêts consentis par

0

88,3 M.F.

213 M.F.

la CAECL

 

 

 

Les apports en auto-

 

 

 

financement des

 

 

 

collectivités locales

 

 

 

représentent de 20 à 25 %

 

 

 

 

 

 

 

Superficies acquises

0

3.031 ha

4.476 ha

 

Au total, les crédits de réserves foncières, le F.N.A.F.U. et les prêts de la CAECL ont permis d’acquérir depuis 1967, environ 44.000 hectares.

Il faut encore y ajouter les actions de certains organismes spécialisés régionaux : Etablissements publics d’aménagement de la Basse Seine, (Budget de 20 millions en 1974).

Les départements interviennent aussi, notamment dans les périmètres sensibles qui ont été délimités dans les départements côtiers.

Les régions -- ou certaines d’entre elles -- ont affirmé leur volonté d’agir en ce domaine.

Les moyens juridiques ont été accrus (réserves foncières en 1967, réforme de ZAD en 1971).

Cette politique d’action foncière s’appuie enfin sur un instrument qui a prouvé son efficacité : les zones d’aménagement différé.

 

SUPERFICIE ZADEES EN HECTARES

 

1967

1970

1973

Création de Z.A.D.

83.370

102.760

170.543

Création de pré Z.A.D.

43.753

318.248

363.414

TOTAL

127.123 (1)

421.917 (1)

(1)

(1). Chiffres totaux cumulés

 

Les surfaces zadées correspondent à la superficie d’un département moyen ou 1/100 du territoire national.

Aussi en dix ans, la politique foncière a changé de vitesse et de dimension.

Des institutions nouvelles ont vu le jour.

Des ressources nouvelles ont été dégagées.

L’ensemble commence à s’agencer dans une politique d’aménagement urbain et devrait aussi s’agencer avec les moyens de la politique d’aménagement rural. Les villes parviennent à penser au delà du lendemain. Ce qui n’était qu’exception, sans être encore la règle générale, devient une préoccupation commune.

Le Ministère de l’Equipement ne détient pas la solution miraculeuse, mais il a la certitude que les villes qui en ont la volonté trouveront, avec son appui, les chemins du progrès.

 

II. LES ACTIONS PARTICULIERES EN FAVEUR D’UN AMENAGEMENT DE QUALITE

 

A. LA QUALITE DE MILIEUX BATIS

De nombreuses mesures ont été prises qui viennent compléter ou rectifier l’action courante des services locaux et définir en même temps les principes auxquels doivent se conformer certaines opérations et introduire des innovations dans la pratique de l’aménagement.

1.     Circulaire du 30 novembre 1971 relative aux formes d’urbanisation adaptées aux villes moyennes (circulaire n° 71.135).

Cette circulaire prohibe des “ tours ” et les “ barres ” dans les villes moyennes et dans les petites villes, et impose une proportion minimale de logements individuels dans les opérations concertées. Elle n’avait pas pour objet d’édicter un “ urbanisme officiel ” des villes moyennes, mais simplement de mettre un terme aux errements de la période précédente, en interdisant dans ces villes les grands ensembles collectifs hors d’échelle. Elle a marqué le point de départ de réflexions engagées en vue de sauvegarder et de mettre en valeur le cadre de vie qu’offrent encore les villes moyennes, réflexions qui se sont concrétisées positivement par la politique des contrats d’aménagement de villes moyennes (cf. infra).

2.   Circulaire du 21 mars 1973 relative aux formes d’urbanisation dites “ Grands Ensembles ” et à la lutte contre la ségrégation sociale par l’habitat (circulaire n° 73.73).

Prolongeant la précédente, cette circulaire a pour but :

·      d’empêcher la réalisation de grands ensembles, peu conformes aux aspirations des habitants et sans justification économique sérieuse,

·      de lutter contre la ségrégation dans l’habitat.

Les nouvelles règles définies par cette directive doivent favoriser une bonne intégration dans le milieu urbain des quartiers nouveaux, et des nouveaux habitants au sein de la commune qui les accueille. Pour ce faire, il convient d’éviter :

1)    L’uniformité des types et des catégories de logements réalisés :

·      le nombre d’H.L.M. locatifs ne devra pas être inférieur à 20 % ni supérieur à 50 % du nombre total de logements à construire dans chaque Z.A.C. ;

·      les aides au logement devront être attribuées de telle sorte que les mêmes catégories de logements ne se concentrent pas dans certaines communes voire certains quartiers ;

·      les programmes de logements aidés locatifs de plus de 300 logements devront comporter au moins 20 % de logements destinés aux personnes âgées, aux isolés ou aux handicapés physiques.

a. La construction d’ensembles qui ne seraient pas à l’échelle humaine :

·      pas de Z.A.C. du plus de 1000 logements dans les agglomérations de moins de 50.000 habitants, et pas de Z.A.C. de plus de 2.000 logements dans les agglomérations de plus de 50.000 habitants.

b. La monotonie des formes et de l’architecture :

·      un architecte ne pourra, sur un seul site, réaliser des programmes supérieurs à 500 logements.

Il résulte des rapports des préfets qu’environ 250 opérations ont fait l’objet d’un examen détaillé, 90 ont fait l’objet de modifications importantes et pour certaines autres, des négociations sont en cours entre les collectivités locales, les organismes aménageurs et les services locaux pour apporter à ces projets les adaptations possibles et souhaitables.

3. Circulaire du 17 mai 1974 relative à l’action des directions départementales de l’Equipement et des architectes conseils et consultants en faveur de la qualité architecturale (circulaire n° 74.92).

Qu’il s’agisse du milieu urbanisé, ou de territoires remarquables par la qualité et la beauté de leur site (à classer désormais en zones à caractère pittoresque) qu’il faut préserver des excès de l’urbanisation, il convient de renforcer les actions déjà entreprises, mais limitées jusqu’ici à quelques départements, en vue d’assurer un contrôle de la qualité architecturale des projets et de leur bonne insertion dans le site.

Cette politique appelle une intervention particulière des architectes conseils et des architectes consultants placés auprès des D.D.E. mais exige également de la part de ces derniers un large effort d’information et de sensibilisation à ces questions des élus, du public et des utilisateurs en général. Elle a été définie dans la circulaire du 17 Mai 1974.

Parallèlement, le nombre et la rémunération des architectes conseils et consultants ont été accrus.

4.   Les secteurs sauvegardés

50 secteurs sauvegardés ont été créés, les plus récents (1974) étant ceux de Strasbourg et de Chalon-sur-Saône.

D’ores et déjà, 4 plans permanents de sauvegarde et de mise en valeur ont été approuvés et sont donc entrés en vigueur (Saumur, Chartres, Le Mans, Rouen).

Dans toutes ces villes, les études très approfondies qui ont été lancées et qui sont souvent très avancées permettent dès maintenant d’orienter et de contrôler les initiatives des constructeurs pour les faire concourir à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine historique.

En outre, près de 30 îlots opérationnels ont été délimités, à l’intérieur desquels, à l’aide de subventions de l’Etat, des actions de restauration ont été engagées.

Cette action est commune au Ministère de l’Equipement et au secrétariat d’Etat à la Culture.

 

B. LA QUALITE DE L’ENVIRONNEMENT URBAIN

 

1.     DES ACTIONS SECTORIELLES

a)   Lutte contre le bruit, autour des aérodromes par la circulaire du 30 juillet 1973.

Cette circulaire, qui est une directive nationale d’aménagement, fixe les restrictions à apporter à la construction des logements dans les zones exposées au bruit des aérodromes, en fonction de l’intensité et de la fréquence du bruit. Ses prescriptions sont prises en compte lors de l’élaboration des documents d’urbanisme et une instruction du 24 février 1974 en a précisé les modalités. Un décret du 13 février 1973 avait auparavant créé une taxe parafiscale destinée à financer des travaux d’insonorisation aux abords de Roissy-en-France et d’Orly.

Un guide du bruit a par ailleurs été établi et sera prochainement complété.

b)  L’effort en faveur des espaces verts

Les P.O.S. permettent de classer les espaces verts existants, publics ou privés, ce qui a pour effet d’interdire tout défrichement et tout abattage d’arbres.

Par ailleurs, la création d’espaces verts est encouragée au moyen de subventions :

 

1967

1971

1974

Subventions (65-40)

dotations

3 M.F.

13,3 M.F.

35 M.F.

ha acquisitions

aménagés

71 ha

1.473 ha

2000 ha

c)  zones piétonnes

La circulaire du 29 décembre 1972 a fixé les orientations à suivre en matière de création de voies piétonnes. L’Etat encourage les réalisations de ce type dans le cadre des plans de circulation, qui sont actuellement en cours d’élaboration ou d’exécution dans la plupart des villes de plus de 20.000 habitants, au moyen de subventions atteignant 50 % du coût des travaux.

 

2.   DES ACTIONS GLOBALES

a)   La politique des villes moyennes

L’action engagée en faveur des villes moyennes touche à l’heure actuelle une soixantaine de villes.

D’ores et déjà, 7 contrats d’aménagement ont été conclu entre l’Etat et les villes de RODEZ, ANGOULEME, SAIN OMER, AUTUN, AUXERRE, ROCHEFORT et CHAMBRY.

Ces 7 contrats portent sur 120 MF de travaux, pour lesquels l’aide de l’Etat atteindra 41 MF, dont 36 MF seront financés par le budget du Ministère de l’Equipement.

Par ces contrats, l’Etat participe au financement des programmes pluriannuels élaborés librement par les villes en vue d’améliorer la qualité de leur cadre de vie. Ces contrats permettent de traiter un ensemble de problèmes concrets rencontrés par les élus (circulation, stationnement, habitat, patrimoine architectural, animation sociale et culturelle, etc...) dans une perspective globale.

Ainsi s’instaure peu à peu un nouveau type de relation entre l’Etat et les collectivités locales, qui fait largement appel à l’esprit d’initiative et à l’imagination des élus.

En outre, l’expérience acquise permet d’engager une réflexion féconde sur les procédures et les pratiques actuelles de l’administration qui devrait déboucher sur des réformes dont bénéficieront l’ensemble des collectivités locales.

b) La politique des villes nouvelles

La politique des villes nouvelles a maintenant 10 ans. Elle est aussi provinciale que parisienne. Elle a servi de banc d’essai à une politique foncière nouvelle fondée sur les réserves foncières et les zones d’aménagement différé utilisées à grande échelle. Elle a donné lieu à la mise en place de nouvelles institutions. Elle est aussi l’occasion d’une recherche continue et approfondie de la qualité urbaine. Il s’agit non seulement de continuer cette politique mais d’obtenir que les résultats et les innovations qu’elle permet d’obtenir servent à toutes les villes.

c)  La protection des milieux naturels

Le ministère et ses services extérieurs sont engagés dans une tâche gigantesque qui ne ressort pas clairement car elle est marquée par les oppositions locales auxquelles elle se heurte et les critiques souvent violentes qui agitent l’opinion publique.

Cette politique se manifeste par un double train de mesures.

 

1.     MESURES JURIDIQUES ET REGLEMENTAIRES

a)   Plans d’occupation des sols (P.O.S.)

C’est l’instrument normal d’intervention quand il convient de contrôler l’urbanisation, les carrières, les déboisements et les 6000 P.O.S. prescrits couvrent le cinquième du territoire. Leur établissement contribuera à protéger les zones naturelles et en particulier les zones naturelles d’équilibre où leur élaboration constitue une priorité.

b)  Périmètres sensibles

Le régime de sauvegarde dit des “ périmètres sensibles ” ( renforcement des règlements existant en matière de permis de construire, de lotissement et de camping ) a été créé par le décret N° 59-768 du 26 juin 1959 pour préserver le caractère des trois départements du littoral Provence -Côte d’Azur et ensuite étendu à 18 autres départements. Cette législation est ainsi applicable dans 21 départements généralement côtiers.

Des périmètres sensibles ont été délimités dans 12 de ces 21 départements ; ils couvrent une surface globale de 2 millions d’hectares. 3 périmètres ont été créés en 1972 et 1973, 2 l’ont été en 1974 (Calvados - haute Savoie). (1)

(1). [ En 14 ans c’est bien peu mais on commençait à sortir de “ l’administration contemplative ”.]

 

c)   Zones à caractère pittoresque

Les zones à caractère pittoresque ont été instituées par l’article 6 de la loi n° 71-581 du 16 juillet 1971 et leur régime a été défini par une circulaire du 11 février 1974. Créées par arrêté préfectoral après enquête publique, elles font l’objet d’un recueil de recommandations et sont appelées notamment à remplacer les zones sensibles. Leur objet est d’apporter un moyen d’action, en l’absence de P.O.S., qui précise les dispositions générales du règlement national d’urbanisme.

La plupart des départements commencent actuellement à étudier la délimitation des territoires qui seront couverts par ces zones à caractère pittoresque.

d)  Conservatoire du littoral

Par cette institution nouvelle, l’Etat envisage d’accroître la protection des côtes françaises contre une urbanisation indésirable en achetant lui-même ou pour le compte des collectivités des terrains à protéger et à ouvrir au public.

2)   Mesures foncières périmètres sensibles

A l’intérieur de ces périmètres, une redevance départementale d’espaces verts est en outre perçue sur un certain nombre de constructions en application de l’article 65 de la loi de finances du 23 décembre 1969, pour permettre aux départements d’acquérir des terrains en vue de leur aménagement en espaces libres. A la fin de 1973 le produit total de la redevance s’élevait à 42,3 Millions de Francs et la superficie totale des terrains acquis était de 3.956 ha.

b)  Z.A.D.

La politique des Z.A.D. concerne aussi les milieux naturels (littoral et voisinage des grandes agglomérations) et permet de contrôler les transactions susceptibles de bouleverser le marché foncier, tout en appuyant les actions qui orientent l’urbanisation.

 

I.      DES ACTIONS SUR LES PRATIQUES INSTITUTIONNELLES

A.  Vis à vis des collectivités locales

1.     Elaboration conjointe

L’élaboration conjointe des documents d’urbanisme implique un effort considérable des élus et des administrations. Elle consacre la responsabilité commune des collectivités et de l’Etat dans ce domaine. On ne peut plus parler aujourd’hui d’un urbanisme octroyé.

Il s’agit d’un changement profond qui fait appel à l’initiative et au courage des élus et qui aboutit à ce que des milliers de responsables locaux s’engagent dans l’étude et l’aménagement de devenir de leurs cités.

2.    Agences d’urbanisme

Les agences d’urbanisme constituent pour une agglomération, un instrument privilégié de concertation des collectivités locales et de l’Etat, comme aussi des communes entre elles.

Ces organismes d’études ont contribué dans une large mesure à intéresser de plus en plus les collectivités locales aux problèmes d’aménagement et d’urbanisme.

Les équipes pluridisciplinaires d’études, intégrées dans une organisation stable pallient de ce fait bon nombre de difficultés dues, en cette matière, au morcellement des communes et à l’émiettement des responsabilités d’aménagement qui en découle.

Le ministère de l’Equipement a fait siennes les recommandations de la Commission des Villes du VIème Plan tendant à voir dotées de tels organismes au moins les principales agglomérations (150.000 habitants et plus) avant la fin du Plan. 18 agences existent. Les dernières en date sont celles de BREST et de METZ.

3.    Décentralisation de l’instruction du permis de construire sur les maires

Cette mesure décidée en juillet 1973 et mise en œuvre en novembre n’a pas suscité beaucoup d’intérêt de la part des collectivités.

B.  Vis à vis des usagers

L’urbanisme s’exprime souvent par un droit, aujourd’hui codifié, par des circulaires qui le commentent, par des actes administratifs concernant les collectivités locales et les citoyens. Bien des progrès restent à faire pour clarifier ce droit, le rendre plus accessible à l’utilisateur, accroître la sécurité juridique des administrés. Des projets législatifs et réglementaires sont à l’étude dans ce sens, mais déjà on peut annoncer certaines mesures ou certains résultats.

1.     Codification des circulaires

Dans la ligne de la codification des textes, il est envisage une codification des circulaires. Certaines circulaires couvrent tout un domaine, sont déjà codifiées (Z.A.D., permis de construire, certificat d’urbanisme). Il faut étendre cette pratique afin que chaque domaine important fasse l’objet d’un recueil facile à utiliser. Trois domaines méritent ce traitement. Les plans d’occupation des sols (P.O.S.), les zones d’aménagement concerté (Z.A.C.) et la taxe locale d’équipement (T.L.E.) sont en cours. (2)

(2). [ Un recueil a été ensuite publié chaque année. Il a cessé d’être établi au cours des années 80. Ce devait sans doute être indigne et subalterne ou être trop fatiguant. Il y eut un récapitulatif des circulaires en 1995, sans suites, et un recueil des textes POS en1997 après celui de 1980 ( 17 ans ). Toutes les bonnes volontés ne sont donc pas éteintes. AG. 16/12/98 ]

 

2.    Le certificat d’urbanisme

Il a été mis en œuvre le 1er janvier 1974. Sa délivrance qui devrait apporter une information correcte et complète, soulève des problèmes. Les directions départementales manquent de moyens et les délais de délivrance s’en ressentent dans certains départements. Le droit de l’urbanisme étant complexe et souvent confus, il faut du temps pour rédiger de bons certificats. En 1972, 493.000 certificats d’urbanisme ont été délivrés ; en 1973, 516.000. Il ressort d’une enquête sondage, effectuée sur la 2ème quinzaine de juin que 36 % des certificats d’urbanisme sont délivrés en moins de 2 mois et 39 % en moins de 3 mois ; les difficultés demeurent.

 

3.    Le permis de construire

Il reste l’objet de tous les soins du Ministère. Plus de 500.000 permis ont été instruits en 1972 ; 545.000 en 1973.

D’une enquête effectuée sur le mois de mai 1974, identique à une enquête de 1972, il ressort que 41 % des permis sont délivrés en moins de 2 mois, 77 % en moins de 3 mois, 89 % en moins de 4 mois. Ils représentent 70 % des logements. Les résultats sont moins bons qu’en 1972 ; le nombre de permis a augmenté et les moyens d’instruction ne se sont pas améliorés. Pour faire face à la demande, il faut revoir les moyens des directions départementales de l’Equipement.

 

4.    Information générale des administrés

Dans ce domaine, particulièrement important, un effort continu est poursuivi par les directeurs départementaux de l’Equipement avec les élus locaux. Des directives ont été données pour que les actions d’information locale se développent à l’occasion de l’élaboration des schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme (S.D.A.U.) et des plans d’occupation des sols (P.O.S.). Des expositions (plus de 50), des montages audiovisuels (35), brochures (40), de petits films (12) sont fabriqués dans de nombreuses villes et la direction de l’aménagement foncier et de l’urbanisme (D.A.F.U.) apporte son aide quand elle lui est demandée.

°

S’il ne faut pas aller trop vite pour ne pas accabler tous ceux qui ont le devoir de comprendre puis d’expliquer et de mettre en œuvre, qu’ils soient des administrateurs, des élus ou tout simplement des administrés ; s’il ne faut pas bouleverser les méthodes et le droit qui commencent à être connus et compris, il faut néanmoins que chaque action nouvelle, par l’appui qu’elle apporte aux précédentes, déclenche un changement qualitatif.

Le Ministère de l’Equipement doit gagner deux batailles difficiles :

·      La première est d’ancrer l’idée que l’urbanisation peut être maîtrisée ; que l’on peut croire aux efforts utiles de la conjonction des moyens dont il dispose ou qu’il met à la disposition des collectivités.

·      La seconde est d’obtenir des moyens financiers et humains - pour lui-même ou pour les collectivités locales - plus importants et mieux adaptés à l’enjeu considérable que représente l’évolution de la Société urbaine.

En quelques années, des résultats rassurants ont été obtenus, mêmes si les zones d’ombre sont encore nombreuses, dans la mesure où les exigences collectives sont de plus en plus pressantes et affirmées.

 

Mais un climat nouveau se crée en fonction à la fois des occasions locales et de la volonté des hommes. Le changement est amorcé et il convient de l’amplifier et de le généraliser.