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la nature et le POS

 

 ( 28 OCTOBRE 1974 )

 

 

ISBN 2 11 817 240

MINISTERE DE L’EQUIPEMENT ET DE L'AMIENAGEMENT DU TERRITOIRE

D.A.F.U. Réédition mars 1978

 

 

ORIGINE ET DESTINATION

Ce texte est extrait d’une petite plaquette de propagande diffusée en masse à l’occasion de la campagne d’information lancée par le Ministre le 15 octobre 1974 ( Cf. [1981-04-02---H-DEPLIANTS-PLAQUETTES-ET-AVANT-PROPOS]pour les plaquettes et #1974-10-15---E# pour la campagne ).

Dans ce petit document on y trouvait trois autres thèmes…

Jamais pareille diffusion grand public sur les fonctions des documents d’urbanisme n’avait été faite. Et elle ne l’avait pas été sous la pression des “ mouches du coche ”, ni des protecteurs de la nature ( Cf.     #1300# ).

La campagne d’information était l’occasion pour les DDE de faire connaître les multiples fonctions du POS et notamment celle-ci particulièrement conflictuelle avec les communes, et d’ancrer la notion de globalité dans les préoccupations à avoir, opposée à celle de spécialisation dans les seules fonctions urbaine.


 

 

 



la nature et le POS

 

 

La nature, pour le français moyen, C'est ce qui n'est pas la ville, c’est ce qui est vert, c'est ce' qui est sauvage, c’est aussi, même si c'est moins vrai ce qui est, cultive.

La nature est le contraire de la ville et tous les citadins en ont besoin. Nous la devons souvent aux paysans qui l’ont entretenue

 C’est une richesse dont on connaît le prix quand on l'a perdue. La nature ne se protège pas toute seule quand 50 millions d'habitants sans compter les européens, aspirent à une résidence secondaire.

 

les efforts passés

 

Les plans d'urbanisme établis au cours des années 60 ont tenté de protéger les espaces naturels en créant des zones rurales.

Sous cette appellation unique, se trouvaient des terrains aux vocations très variées : forêts, landes, terres agricoles...

A ces zones, s'appliquait souvent une réglementation passe-partout, utile mais inadaptée à la diversité des situations. La principale mesure consistait à exiger qu'un terrain ait une certaine superficie pour recevoir une construction. Cette superficie variait de 1 500 à 10 000 m²

. Mais les espaces naturels ne sont pas seulement rongés par l'urbanisation : lotissements, défrichement, carrières, camping, caravanes, s'ils ne sont pas canalisés, envahissent ou gangrènent les sites les plus beaux, les terres les plus riches, sans trop se soucier de l'environnement.

 

 


Le plan d'occupation des sols

apporte des moyens nouveaux.

 

les efforts actuels

 

Ils s'accomplissent avec l'établissement des P.O.S. dans plus de 10 000 communes. Les zones naturelles constituent un réservoir de richesses, diverses et variées :

·économiques agriculture, sous-sol

·écologiques : forêt, faunes, flores

·historiques ou archéologiques : gisements, hauts lieux de l'histoire

·esthétiques : paysages

Ces zones peuvent aussi être sujettes à des risques inondation, avalanche ou exposées à des nuisances aérodromes, routes... L'urbanisation future y prendra son tribut ; mais il doit être mesuré et bien localisé.

On classe donc les zones naturelles (“ Zones N ”) en quatre familles A, B, C et D

La classification donne :

NA .Urbanisation future

NB. Zone naturelle ordinaire (peu protégée)

NC. Zones naturelles protégées pour leurs richesses économiques

ND. Zones naturelles protégées pour le site qu'elles constituent ou le risque et la nuisance auxquels elles sont exposées.

 

La diversité des zones naturelles est donc beaucoup plus grande dans les P.O.S. que dans les anciens plans mais il a fallu la limiter pour ne pas trop compliquer les choses et parvenir à un langage commun.

 

 

1. LES ZONES DESTINEES A L’URBANISATION FUTURE

 

1 la situation

La ville se développe et s'étend. Ce n'est pas un objectif, c'est une réalité. Son développement se fait naturellement au hasard dans tous les sens ; c'est encore une réalité.

Il faut le canaliser : c'est un objectif.

L'orientation du développement urbain doit tenir compte des sites des équipements actuels et futurs

Le P.O.S. doit donc localiser les espaces destinés à recevoir l'urbanisation future en fonction de ces deux considérations et quand il y a un schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme ( S.D.A.U.), les zones d'urbanisation future sont prévues dans le schéma.

Mais si ces espaces sont occupés, au fil des ans, par des constructions dispersées, ils ne pourront plus, le moment venu, accueillir de nouveaux quartiers de la ville. Il faut alors mettre l'urbanisation ailleurs, ou admettre un mélange désordonné de grands immeubles et de petites maisons, sans forme et difficile à convenablement équiper. C'est une situation courante dans les banlieue des villes.

 

2. le rôle du P.O.S

Le P.O.S. peut éviter cette situation. Il localise les zones destinées à l'urbanisation future :

·Ces zones sont naturelles parce qu'elles ne sont pas encore urbanisées.

·Elles ne sont pas encore équipées ou le sont encore fort peu.

Une fois équipées, elles pourront accueillir l'urbanisation :habitat dense ou individuel, services, loisirs, activités.

En attendant cette transformation, le P.O.S. empêche les constructions ; il maintient l'espace intact. Il épargne à la collectivité des dépenses inutiles et lui permet, le moment venu, d'organiser, au bon endroit un quartier nouveau.

 

Les zones d'urbanisation future s'appellent zones N A.

 

3. la transformation en zones urbaines

Elle peut se faire de deux façons :

·ou bien la collectivité engage l’équipement de la zone et prépare la modification du P.O.S.  Les terrains équipés deviennent alors constructibles, à l'initiative de leurs propriétaires.

·ou bien la collectivité prend elle-même l'initiative de l'urbanisation et crée une zone d'aménagement concerté ( Z.A.C.). C'est pour la collectivité une autre façon d'ouvrir des terres à l'urbanisation.

 

Avec le P.O.S. l'urbanisation peut être canalisée. Son application stricte a apporté des économies et évité des perturbations qui accompagnent toujours une urbanisation brutale improvisée ; elle permet de concevoir de nouveaux quartiers de qualité, bien localisés.

 

2. LES ZONES NATURELLES NON PROTEGEES

1. la situation.

Il faut tenir compte de l'occupation actuelle du sol. On constate alors, au voisinage des villes, qu'il y a souvent des zones

·peu construites

·peu équipées

·où il est difficile d'envisager l'urbanisation et où il est difficile d'y interdire, pour ces raisons, quelques constructions de plus.

 

2. les conséquences

Le P.O.S. doit tirer les conséquences de cette situation sans l'aggraver.

Il peut alors prévoir des surfaces constructibles minimum en autorisant par exemple l'édification d'une maison :

·sur tout terrain de 1 000 m² desservi par l'eau et la voirie,

·sur tout terrain d'au moins 4 000 m 2 desservi par la seule voirie.

Dans les deux cas, la superficie maximum de plancher susceptible d'être construite ne peut excéder 250 m2 et 10 du terrain.

Ces règles simples, assorties l’interdiction de lotir, empêchent l’urbanisation des grands terrains si le parcellaire n'est pas trop petit.

Les constructeurs ne doivent pas demander d'équipements nouveaux à la commune. Ils utilisent ceux qui existent.

 

On appelle ce type de zones des zones N B.

 

 

3.LES ZONES DE RICHESSES ECONOMIQUES ET NATURELLES

Certaines zones sont le support d'une activité économique ou d'une richesse rentable.

L'urbanisation ne doit pas venir troubler leur exploitation actuelle ou future.

exemples de richesse.

L'agriculture Les richesses du sous-sol ‑ eau gisements de minéraux Champ de neige (exploité l'hiver) Tout le monde comprend que si l'urbanisation est admise, ces richesses ne peuvent plus être exploitées. Il faut donc les protéger car elles font vivre ceux qui les exploitent et sont indispensables à la collectivité. La principale est l'agriculture. Son maintien est quelquefois difficile à la proximité des zones urbaines car l'urbanisation fait monter le prix des terres, gêne l'exploitation agricole. La terre agricole doit être protégée. On entend dire qu'elle se transforme en friche. UNE FRICHE SE DEFRICHE MAIS L'URBANISATION NE SE DESURBANISE PAS.

 

2. le rôle du P.O.S.

Le P.O.S. permet d'interdire les modes d'utilisation et d'occupation du sol incompatibles ‑ ou nuisibles ‑ à l'exploitation de la richesse considérée. Son règlement dose les interdictions.

Ces protections sont destinées à durer afin de garantir aux exploitants la stabilité dont ils ont besoin pour amortir leurs investissements.

Pour cette raison, la modification des protections ne doit pas être envisagée lorsqu'elles sont instituées ; toute modification requiert l'accord des services centraux.

La force du P.O.S. sera d'autant plus grande que des mesures viendront conforter les activités économiques ainsi protégées vis-à-vis de l'urbanisation.

Les zones de richesses économiques et naturelles s'appellent des zones N C.

 

 

 

4. les zones. protégées

en raison des sites, des risques et des nuisance

 

C'est la quatrième famille de zones naturelles mais elle comprend plusieurs types de zones.

1. les sites.

Un beau paysage, une forêt, la garrigue, des dunes, des marais, constituent des richesses qu'on n'est pas encore habitué à évaluer. Qu'ils soient privés ou non, ces espaces ont une utilité collective :

par la rupture qu'ils constituent dans la géographie ',

par le plaisir qu'ils apportent souvent à la vue ou à la promenade e

par la faune ou la flore qu'ils recèlent a

par l'intérêt écologique qu'ils ont.

Il ne faut pas que l'urbanisation diffuse vienne les dénaturer :

en dressant ses barrières et ses clôtures

en modifiant les équilibres et les échanges naturels ‑ physiques et biologiques

en y introduisant des pollutions nouvelles

en en bouleversant l'esthétique ou le caractère.

Ces espaces sont sensibles et doivent être protégés. Si l'homme y a sa place, il doit les respecter et il est préférable qu'il aille s'installer définitivement ailleurs, puisque l'espace urbanisable ne fait pas défaut.

 

2. le rôle du P.O.S.

Le P.O.S. apporte cette protection puisqu'il permet d'exclure ou d'interdire les occupations du sol incompatibles avec le caractère de l'espace considéré.

Les interdictions sont d'autant plus strictes que l'espace est fragile, rare et précieux ; c'est à ce prix que nous ne laisserons pas à nos descendants un paysage universel de lotissements, un immense campus de nomades immobilisés, un paysage de cratères mal bouchés. L'avenir du paysage rural de plus de 10 000 communes est subordonné à la rigueur et à la sagesse des plans d'occupation des sols.

Ces deux impératifs s'imposent aussi bien aux collectivités publiques ‑ qui y localisent quelquefois de grands équipements ‑ qu'aux particuliers qui souhaitent en tirer profit.

La protection du P.O.S. n'enlève rien à personne ; elle ne change pas l'état des lieux ; elle n'oblige personne à partir ; elle n'empêche pas de rester ceux qui y sont ; elle interdit seulement les changements brutaux ou progressifs d'affectation de la Nature. Et si le P.O.S. ne protège pas la Nature qui la protégera ?

 

Il ne faut pas que la campagne, en trente ans, devienne une banlieue.

C'est bien ce qui menace les zones littorales et bien des paysages environnant les villes.

Les collectivités locales et les administrations de l'Etat ont le devoir, l'obligation, la responsabilité de l'éviter. Aménager la ville, c'est aussi sauvegarder la campagne. Et sauvegarder la campagne, c'est la mettre en valeur sans en chasser les habitants.

 

3. les zones de risque et de nuisance.

 

Les risques lis sont connus : affaissements des sols, glissement des terrains, avalanches, inondations, etc. Le P.O.S. qui interdit sauve des vies humaines ; il épargne aussi bien des dégâts matériels.

 

Les nuisances Elles sont aussi connues ‑ zones humides, zones bruyantes (au voisinage des grands axes routiers, des aérodromes) etc. Le P.O.S. qui interdit évite bien des désagréments aux futurs habitants.

Le P.O.S. n'est absurde que pour ceux qui n'y vivent pas. Il y a déjà trop d'habitants exposés à certaines nuisances pour qu'on persévère dans l'erreur quand on peut l'éviter. Et c'est souvent le cas.

Les zones protégées en raison des sites, des risques et des nuisances s'appellent les Zones N D.

 

Le P.O.S. ne paraît juste qu’après la calamité.