NA ,NB, NC, ND, NE, NF
ETC.ETC,
ANTOINE GIVAUDAN
( 14 MAI 1975 )
ORIGINE ET DESTINATION
Cette note explique
involontairement la génèse de certaines dénominations, inélégantes et absurdes
en elles-mêmes, qui se chargent peu à peu de significations au point qu'il
convient de les entériner parce qu'elles correspondent à un usage commun
opérationnel. ( et vernaculaire )
Les gens normaux en prennent leur parti et n'en font pas
toute une histoire. Les autres, ce sont ceux qui s'en plaignent. Il s'en est
trouvé souvent notamment parmi de « beaux esprits » qui n'ont jamais compris qu'on n'échappait pas à la
nécessité de nommer. On ne comprend pas pourquoi cette nécessité, qui s'impose
à toute activité, ne s'imposerait pas en urbanisme et en aménagement d'autant
qu'elle n'impose qu'une contrainte apparente sauf si on veut appeler un chat un
chien. Il faut cependant reconnaître que dans notre pays on aime souvent
substituer des prétextes aux vraies causes. Que de temps perdu en stériles
discussions!
[ Chacun aura remarqué la rupture fondamentale obtenue
contre tous les conservatismes par les auteurs de la loi 2000-1208. Ne faut-il
pas avoir été touché par la grâce ou
être possédé par génie pour penser à les nommer différemment ? Ainsi les
zones NA deviendront-elles des zones AU
et les zones NC, des zones A, mais exclusivement agricoles alors que les
zones NC des POS couvraient un champ bien plus large… et les dénominations
antérieures avaient une signification sous jacente qui ne tenaient pas de
l’improvisation malgré l’origine empirique de leur apparition. ( Cf. #1974-10-24---H#)
Chacun se singularise comme il peut sans le moindre souci
de la réalité et des usages les mieux établis ! AG. Le 04/05/03]
En
1972, la terminologie des zones naturelles n'était pas arrêtée et la Direction
de l’aménagement foncier et de l'urbanisme ( D.A.F.U.) n'avait pas pris pour dogme de leur donner des noms bien
définis, à l’exception de la lettre N. Sous l'influence de nombreuses
directions départementales, les sigles NA, NB, NC, ND se sont chargés
d'un sens précis. Peu à peu, ces termes ont été couramment employés par les
techniciens. Puis l'établissement des plans faisant son chemin, on a retrouvé
ces sigles dans la bouche des maires et des usagers ...
La
pratique a en quelque sorte fabriqué un langage. La D.A.F.U. en a tiré les
conséquences et tous les documents techniques ( 1 ) ou vulgarisateurs qu'elle a établis depuis 1973 respectent
cette terminologie. Le service de
l’urbanisme conscient de l'étroitesse excessive de cette terminologie s'en
est tiré en qualifiant les termes en question de “ Familles ”.
( 1 ). En particulier, notes techniques relatives aux
règlements des zones naturelles
Ainsi
la famille NC comme la famille ND peuvent comprendre des
règlements différents. Pour éviter de les confondre il est conseillé de faire
précéder le terme NC ou ND de chiffres Romains ( I NC, III ND.) quand plusieurs zones différentes par leur
règlement mais appartenant à une même famille, sont indispensables dans un
plan.
Cette
solution pour imparfaite qu'elle soit en vaut une autre et si elle n'est peut
être pas la plus élégante, elle a cependant le mérite de garantir la clarté et
de respecter les usages qui se sont
créés sur le terrain et qui se sont répandus dans le public. De même, le
concept de secteur, caractérisé par une lettre minuscule ajoute à la zone ‑
NDa par exemple ‑ un sens très
précis.
Eh ! bien maintenant,
que cela nous plaise ou non, nous devons nous en tenir a ce langage parce qu'il
ne nous appartient plus.
Le
public ‑ et il suffit de lire les journaux ‑ se moque ou s'en prend
à nos sigles. Il se plaint de l'obscurité de notre langue. Il nous reproche de
faire appel à des termes incompréhensibles. Et effectivement NA, ND cela ne veut rien dire en soi.
Toutefois
à force d'en parler, de les écrire, de les expliquer NA, NC, NB, ND se chargent
d'une signification précise.**
.** [ C’est effectivement ce qu’il s’est produit sans
inconvénient pour l’aménagement tout en chagrinant « ignorantins » et « bien pensants » qui
prétendent maintenant faire mieux ( Cf.#2000-00-00---E#). Nous allons voir
ce que nous allons voir ! AG. 29-10-2000. ] On a vu ; un décret a changé le nom des zones, suprême
progrès !!!
Dans NA
on urbanisera, on y fera des Z.A.C.
Dans
NC, l’agriculture est protégée ( D'autres ressources économiques peuvent l’être
aussi, sous ce sigle, on l'oublie souvent mais la richesse agricole est bien la
principale ).
Dans
NB, on peut y construire un peu.
Dans
ND, la nature est protégée et on n'y construit rien, ou presque rien.
On n'a
donc plus le droit d'inventer du NE, du NF, du NI, du NJ, du NY, comme on en
trouve dans certains P.O.S.
Ce
n'est pas succomber au formalisme.
Ce
n'est pas entraver l'imagination, puis qu’avec l'artifice des familles et de
leur dénomination on peut pratiquement établir de très nombreux règ1ements
différents.
C'est
tout simplement respecter une convention sociale qui rend le service de toute
convention : la
commodité dans la communication des idées.
Je
n'insisterai pas aussi solennellement sur ce point qui paraîtra mineur ‑
par rapport à tant d'autres enjeux ‑ si je ne sentais monter, de toute
part, des critiques de plus en plus dures sur nos façons de parler, des
critiques qui nous portent de plus en plus tort.
A ces
critiques nous devons pouvoir répondre :
"Bien sûr nous avons des mots
bizarres mais il n'y en a pas autant que vous croyez. ( Cf. #1973-08-00---E#). Voyez les zones naturelles, et
faites un petit effort. Il faut connaître quatre termes ; ils ont toujours le
même sens que vous soyez à Perpignan ou à Calais. Pouvait-on faire plus simple
? Si vous avez la solution donnez la".
Par
contre, si chaque technicien, chaque bureau d'études, chaque mission
d'aménagement, veut inventer sa façon de parler ce sera très vite la tour de
Babel.
Tout ce
que nous faisons est loin d'être parfait, hélas ! Qu'on ne puisse pas nous
faire le grief de compliquer ce qui commence à être à peu près clair pour le
public et ce sera au moins cela d'acquis. La discipline n’est pas intolérable
et elle nous vaudra une reconnaissance que nous n'imaginons pas. Nous devons
bien cela à nos concitoyens.
ANTOINE GIVAUDAN