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LA LOI FONCIERE DU 30.12.67

 

LES ELEMENTS DU DOSSIER

 

ANTOINE GIVAUDAN

 

 ( AUTOMNE 1975 )

 

 

 

ORIGINE ET DESTINATION

Mes propos sont cités en exergue de cet ouvrage. ( Cf.#1975-10-00---E#) Elles sont extraits d’un article ou d’une déclaration publié dans la Revue « URBANISME » dont je n’ai pas souvenance dans mes papiers. Ils sont fidèles à ce que j’ai toujours déclaré. Je n’ai jamais élevé la loi d’orientation foncière au rang de texte sacré et, comme disent les idiots aujourd’hui, « fondateur ».

Je n’ai jamais compris ce besoin de sur- qualifier un texte qui ne l’aurait pas mérité au motif vaniteux d’avoir participé à son «élaboration en tant que porte serviette plus qu’en tant que penseur ». Si la LOF me doit quelque chose c’est d’avoir essayé de faire appliquer certaines de ses dispositions.

L’ouvrage ci-dessus, réalisé par de prétendus chercheurs, dont je vais citer le premier chapitre est intéressant parce qu’il donne de sa genèse une histoire assez détaillée. Il comporte cependant quelques explications qui tiennent moins à la recherche historique qu’à l’imagination névrosée par une idéologie à la mode à cette époque parmi les chercheurs « patentés » .

 

 

« Première réflexion, d'importance sans doute, la L.O.F n'était pas foncièrement indispensable et -- quoi qu'en pensent beaucoup -- ses apports juridiques propres sont assez mineurs, dans le domaine des documents Quelques petits bouts de lois ou de décrets, par ci, par là, auraient pu suffire pour faire ce qu'elle a fait Les innovations sont rares et apportent plus de mises au point formelles que des dispositifs nouveaux. C'est dire que nos prédécesseurs de 1958 ou de 1943 avaient mis en place l'essentiel, qu'il convenait de ravauder, qu'il était impossible d'abattre ou de remplacer.

Mais une loi, c'est plus qu'un ensemble d'articles-- remis à neuf ou non. C'est une action politique qui tombe sur une réalité, qui tombe à plat ou qui germe. Et pour ensemencer les esprits - comme pour ensemencer les champs. Il faut peut-être faire appel à de nouvelles graines, même si l’objectif consiste chaque fois à produire du blé.

Alors il faut reconnaître que le SDAU et le POS sont une meilleure variété que le PUD, que si la loi était nécessaire à la suite d'une découverte un peu tardive de la nature législative des dispositions prévues, un débat au parlement n'était pas un mauvais banc d'essai; qu'en 1966 ou 1967, la nécessité d'organiser sur de nouvelles conceptions, l'élaboration des documents d'urbanisme applicables aux villes, méritait aussi un déploiement nouveau d'énergie de toute nature.

Je m'étonne par conséquent que d'éminents juristes découvrent quelquefois dans la loi des nouveautés. II faut les excuser car bien rares sont ceux qui ont les textes anciens. Je me réjouis par contre quand je vois l'essor et la « popularité » que prennent les nouveaux documents d'urbanisme ».

 

ANTOINE GIVAUDAN

( Chef du Service de l'Urbanisme.

DAFU. MATELT  ).

 

( Urbanisme N° 183. 1974. P. 3 )