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AMENAGER EN FINESSE

 

antoine givaudan

 

( 20 NOVEMBRE 1975 )

Préface à une plaquette sur l’aménagement du Vieux-Marly

 

 

ORIGINE ET DESTINATION

J’étais heureux d’avoir l’occasion de rédiger la préface d’une plaquette sur le vieux Marly, illustrant comment l’étude du POS, puis le POS, sans être pour autant d’une «nouvelle génération » comme tant d’abrutis ont prétendu en inventer, permettait de penser à l’aménagement des milieux urbains existant avec finesse. Ce genre d’exemple était encourageant et à encourager ( Cf.     #1400# ) mais avec l’inflation des POS et l’insuffisance des crédits et des hommes pour y faire face, il fut difficile d’être de plus en plus fins. Ensuite on jeta ces billevesées à la poubelle car on avait «démocratisé » le POS et on ne s’est plus arrêté depuis de continuer.

Au point que lorsque le POS fut enfin nécrosé ou moribond, on décida de sauver la face en changeant son nom.

Magnifique exemple de comportement magique primitif.

 

 

 

La France abonde en vieilles villes, en vieux villages qu'il est quelquefois malaisé d'extraire de l'anneau urbain récent qui les entoure. Dans leur coeur, se retrouve l'histoire. Le paysage est d’un autre temps mais il suscite l'affection; il inspire une quiétude appréciée dans notre société d'agitation. L'expert y lit le déroulement des siècles. Le promeneur ne hâte pas le pas. L’habitant ‑ et c'est le signe de la qualité urbaine -- est fier d'y habiter.

Le Vieux Marly est un havre dans le tourbillon de la banlieue parisienne; la commune a raison de vouloir le sauver.

Quiconque sait un peu de quoi se fait l'aménagement d'une ville, devine alors quelles difficultés vont paver les chemins.

“ Sauver le Vieux Marly ” c'est bien l'enjeu d'une génération comme dit justement le Maire de la commune. C'est une action qui a un commencement précis et une durée illimitée.

Le commencement c'est l'établissement du plan d'occupation des sols.

Les urbanistes apprennent aujourd'hui à jouer des possibilités multiples de cet instrument qui exige autant de finesse que de géométrie. Un plan d'occupation des sols ( P.O.S.) permet beaucoup d'actions à ceux qui ont à la fois le savoir et la volonté.

[ N’en déplaise à M. Devillers ( Cf.#1994-00-00-3-E#) qui prête à mon administration de cette époque et à moi-même la seule idée obsessionnelle d’en faire un machin à délivrer des permis de construire. AG. 21902-2000 ]

Il permet de conserver au vieux village son caractère.

Il permet aussi d'enrichir l'espace de certains équipements. Il permet de sauvegarder la verdure. Il permettra demain, si le projet de loi portant réforme de l'urbanisme est voté , de surveiller et d'interdire certaines démolitions, de susciter des curetages.

Aménager en finesse, c'est établir un plan d'occupation des sols adapté aux objectifs subtils qu'il faut atteindre dans un milieu urbain fragile et délicat.

Le POS est la première condition, une condition nécessaire qui ne suffit pas. Son élaboration cependant, quand elle est entourée d’autant de soin que celle du Vieux Marly, laisse bien présager de l'avenir.

Les habitants y ont leur part et se retrouveront dans les dispositions envisagées.

La restauration future des maisons, avec l'effort de tous, donnera vie aux intentions actuelles. Les équipements nouveaux, apporteront ce que les temps passés ont oublié. La circulation automobile cependant ne sera pas chassée des rues, semble-t-il car chacun tient beaucoup à son propre garage. Par contre des personnes âgées y trouveront des logements. Le commerce et l'artisanat seront favorisés. La mairie fera peau neuve. Ce sont là des projets qui montrent que la ville ne meurt pas quand on la sauvegarde, que l'urbanisme moderne, conçu avec intelligence, sait à la fois répondre à de multiples aspirations.

Je crois qu'il faut voir dans l’aménagement du Vieux Marly un exemple qui deviendra fréquent, à mesure que l’aménagement urbain se dégagera de l'angoissante nécessité de répondre à une pénurie de logements. Il prend des formes et des modalités moins brutales. Il prend conscience des détails. Il s'attache à la qualité. Il ne s'exprime plus seulement en terme de croissance.

Le Ministère de l'Equipement a le devoir et bien des possibilités de mettre en oeuvre ces nouvelles ambitions et ses agents apporteront aux communes l'aide et le soutien qui leur sont nécessaires. Le Vieux Marly, à cet égard, laisse penser qu'il ne s'agit pas d'un rêve mais d'une promesse pleine de réalité.

A tous les responsables mes félicitations.