$Y-PDA-W0FC$     Consulter le site :      écrire :  

USAGERS. AUTORISATIONS. ADMINISTRATION

NOTE DE PRESENTATION

(U.A.A.)

 

ANTOINE GIVAUDAN

 

( 29 SEPTEMRE 1977 )

 

ORIGINE ET DESTINATION

Cette note, parmi tant d’autres, était destinée à circuler librement.

Le style était libre et franc. L’exigence est élevée, mais la lucidité exerce continuellement ses rappels à l’ordre.

Il fallait être compris et montrer qu’on comprenait aussi les autres.

J’ai toujours eu une allergie aiguë contre la langue de bois, les paroles rassurantes, l’auto-satisfacation facile comme on en trouve partout, avec ses clichés, dans la phraséologie administrative.

C’est pourquoi j’ai adopté, dans ce domaine comme dans d’autres, la technique consistant à penser publiquement, quitte à déranger quelquefois, et à le faire sous la forme d’une instruction “ fictive ” qui circulerait dans les services centraux ou locaux, conscient que le contenu et le style ne convenait pas à une instruction officiellement signée. Hélas ! En tout cas la pensée du service et sa “ ligne ” étaient ainsi connues. On retrouve les mêmes thèmes dans des exposés publics dont le ton, verbal dans ce cas, était encore moins équivoque.( Cf.[1978-04-25---H-L-ADMINISTRATION-DE-L-URBANISME-DEVANT-SES-USAGERS]).

Si j’ignore les effets de mes épîtres et de mes discours, je suis sûr que les gens de bonne volonté, en tirèrent quelque chose, car je ne mentais pas.

 

 

 

 

 

 


La diversité et l'ampleur des réformes, les contrôles plus stricts auxquels sont assujettis des usagers de plus en plus nombreux conduisent à s'interroger sur la meilleure façon d’améliorer ‑ ou d'éviter une dégradation de -- la situation dans le domaine très particulier des relations de l’administration avec le public.

La tâche des services est difficile. Il n'y a pas de recette ni de remède rapide et spectaculaire. Comment opérer ?

Par circulaires ! Elles créent des tâches sans apporter de moyens. En s'interrogeant d'abord.

Et ce document, en forme d'instruction, est d'abord une interrogation.


MINISTÈRE DE L'ÉQUIPEMENT ET DE L'AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

AVENUE DU PARC DE PASSY  PARIS (16eme )

CODE POSTAL 75775 PARIS CEDEX 16

TÉLÉPHONE 524. 52.34

 

DIRECTION DE L'AMENAGEMENT FONCIER ET DE L'URBANISME

 

 

AFU/U                                                                                               PARIS, LE

 

OBJET : Usagers. Autorisations. Administration

 

L'aménagement de l'espace national, les initiatives publiques en faveur d'un urbanisme de qualité, les exigences des citoyens vis à vis des façons de faire des autorités aboutissent inéluctablement à des procédures plus longues ou plus complexes, à une instruction des projets plus tatillonne, à des décisions de refus plus nombreuses. Cette réalité risque d'avoir des conséquences graves en ce que l'usager n'est pas bien informé des obligations nouvelles auxquelles il doit se conformer. Par ailleurs, il ne faut pas attendre des efforts de simplification et de clarification accomplis récemment qu'ils compensent l'effet de ces obligations dans la mesure où ils ne font que supprimer des anomalies.

Ce problème concerne, au premier chef, les maires et les directions de l’Equipement qui sont les interlocuteurs habituels des usagers dans les domaines très divers des autorisations relatives à l'occupation du sol ( certificats d'urbanisme, permis de construire, petits lotissements., coupes et abattages d'arbres, installations de caravanes., démolition, installations diverses et clôtures ). Dans chacun de ces domaines, des procédures d'autorisation permettent de veiller à ce que l'occupation du sol envisagée par un usager quelconque se conforme à ce qu'il est possible d’admettre sur le terrain. La procédure peut déboucher soit sur une décision de refus, soit sur la délivrance d’une autorisation, assortie ou non de prescriptions particulières. L’instruction peut durer de quelques semaines à plusieurs mois. Chaque année près d'un million d'usagers passent ainsi par les guichets des mairies et des directions de l’Equipement.

L’enjeu est donc considérable; il est déterminant pour le climat des relations entre l’administration et les usagers. L'application convenable des lois en dépendra mais cette application n'est pas un objectif en soi ; l'objectif est d’obtenir un aménagement de qualité, un désordre moins grand dans l'utilisation de l’espace, des cités et des espaces naturels moins marqués par l'accumulation désordonnée de toutes sortes de travaux.

Il faut être conscient qu'en ces domaines, l'intervention des autorités touche directement aux désirs et aux initiatives de citoyens qui ne connaissent généralement, ni le pourquoi., ni le comment de ce qui leur est demandé. Jusqu'à ce jour, aucune action spécifique en profondeur n'a été engagée même si dans de nombreux départements la préoccupation de l'usager a donné lieu à. des initiatives intéressantes. Dans les années qui viennent, il convient de changer les pratiques et d'avoir le souci constant de l'usager afin de reformer profondément de l'intérieur tout ce qui est un obstacle à des relations commodes entre l'usager et l'administration.

Il s'agit d'un programme ambitieux qui trouvera sa légitimité dans l'empirisme des méthodes et qui devrait porter ses fruits d'autant plus rapidement qu'il associera très concrètement., l'administration, les élus, des personnalités qualifiées et des usagers quelconques.

La présente note d'orientation annonce la doctrine et présente des suggestions sur les modalités des actions à venir.


1. UNE INFORMATION VRAIE

Les actions de la puissance publique sont trop nombreuses et trop diverses pour ne pas faire l'objet d'une information vraie. Mais qu’est-ce qu’une information vraie ? C’est d’abord une information qui explicite clairement pour le public les objectifs. C’est ensuite une information qui ne dissimule pas la rigueur de certaines des dispositions qui pèsent ou pèseront sur l'usager ; c'est enfin une information qui porte aussi sur les cheminements, hélas complexes, de la décision.

11. Une information vraie sur les politiques d'aménagement.

Il s'agit d'exprimer les raisons, réelles et diverses., qui impliquent une intervention de la puissance publique. Pourquoi soumet-on à autorisation des opérations souvent élémentaires ? Quel est le but en vue ? Quel en est le motif ? S'il n'est que d'appliquer la loi, il est insuffisant. On ne peut pas répondre à l’usager surpris d'avoir à demander des permissions pour toutes sortes de travaux: qu'il en est ainsi parce que c'est la loi.

La puissance publique doit exposer ses buts., sa stratégie, resituer l'obligation de l'autorisation dans son contexte général qui est d'éviter la détérioration du site. La surveillance des activités des citoyens n'est pas un but en soi ; elle n'a point d'intérêt, ; elle est contre nature dans un pays de liberté. Il faut par conséquent justifier la surveillance pour la légitimer. La base légale de l'autorisation n'y suffit pas.

L'information vraie, en ce domaine, est celle qui ne méconnaît pas le but en vue duquel est exigée l'autorisation et le résultat qu'il est raisonnable d'en attendre.

 

12. Une information vraie sur la rigueur inévitable qui va découler DES, objectifs.

Une autorisation, quelle qu'elle soit, ne répond aux raisons qui ont conduit à son institution que si elle est refusée lorsqu'elle est incompatible avec les objectifs locaux d’aménagement. Dans le cas contraire son octroi peut être éventuellement accompagné de prescriptions à respecter par le bénéficiaire.

La puissance publique a le devoir de ne pas compliquer la vie des usagers en édictant des règles inutiles qu’elle est astreinte., par la suite, à faire respecter. La bonne réglementation est celle qu'on est capable d’expliquer et dont on n'a pas honte d’exiger l'application. Le contenu des règles applicables à l’espace rejoint alors leur forme, leur expression concrète, dans un règlement. Ce principe doit conduire, à l'occasion de l’établissement des règles d'occupation du sol ( dans un P.O.S., une Z.E.P....) à s’interroger sur l'utilité effective de toute règle, sur les effets qui en sont attendus, sur la clarté de sa rédaction., sur la capacité réelle des autorités à la faire appliquer. Et son application sera d'autant moins difficile que les raisons qui ont conduit à l'édicter ont été clairement définies.

C’est à ce prix que la règle, quelle que soit par ailleurs sa rigueur vis à vis de celui qui souhaite la transgresser, pourra être appliquée, que ses avantages liés aux garanties qu'elle apporte à l’ensemble des usagers, apparaîtront avec le temps.

Aucune information vraie n'est possible sur des réglementations trop complexes pour répondre à des objectifs définis, obscures., inexplicables à ceux qui ont à les subir.

 

13. Une information vraie sur les contrôles que vont impliquer les politiques d'aménagement.

Il ne suffit pas d’exprimer des intentions d'aménagement, il ne suffit pas de transformer ces intentions en politiques en mettant notamment en place le corps de règles juridiques qui y correspondra dans le domaine de l'occupation du sol ; il faut aussi, par les autorisations préalables ou des contrôles a posteriori., veiller a ce que les opérations engagées, au jour le jour, respectent les objectifs et contribuent au résultat recherché.

Les autorisations que doivent obtenir les usagers avant d'engager leurs travaux méritent donc aussi de faire l'objet d'une information vraie. Ils doivent d'abord en connaître l’existence. Ils doivent ensuite être informés., s'ils le demandent., sur les modalités d'instruction et d'octroi de l'autorisation. Ils doivent enfin avoir accès aux raisons particulières et concrètes qui expliquent les décisions de refus ‑ ou les prescriptions particulières qui leur sont imposées.

Il s'agit là d’une question de moralité publique. Toute décision comporte un double fondement. Elle a, en premier lieu un fondement juridique ‑ et légal ‑ dont dépend sa régularité ; ce caractère formel., malgré son importance, n'est pas le seul. Elle a, en second lieu., un fondement réel, matériel, qui lui donne sa légitimité. C'est ce second caractère qui doit être plus souvent porté à la connaissance de l'usager. C'est la seule façon de le considérer comme un être majeur.

Les procédures d'autorisation et d'autant plus qu'elles débouchent sur des décisions rigoureuses ‑ doivent être commodes et brèves. La rigueur appelle la commodité. A cet égard de grands progrès restent à accomplir et une information vraie ne doit pas dissimuler les incommodités qui jalonnent souvent de très nombreuses procédures d'autorisation. On n’éliminera ces incommodités qu'en les mettant en évidence ( 1 ).

( 1 ). [ “ Ma stratégie ” était de mettre en évidence les absurdités, procédurales notamment, pour préparer les esprits à leur élimination. A.G 04/02/99 ]

 

14. Les modalités de l’information

Le devoir d'informer incombe tout autant au Service Central qu’aux directions départementales et aux mairies.

A. L'information par le Service Central.

Il revient au Service Central, passée la phase d'établissement des lois et des décrets de produire une information générale de trois ordres.( Cf.#1540# )

Il doit d’abord fournir le commentaire général des textes afin que tout intéressé puisse s’y référer à l'occasion d'une difficulté. Ce commentaire général prendra la forme de volumes ordonnés par autorisation d'utilisation du sol.

Il doit ensuite établir et diffuser des documents généraux plus ou moins détaillés, de vulgarisation, à l'usage du public.

Il doit enfin contribuer à la vulgarisation générale auprès des publics nationaux ou locaux qui font appel à lui.

 

B. L'information par les directions départementales.

Elle est au minimum de faire connaître aux publics locaux l'information générale produite par le Service Central mais elle peut aller beaucoup plus loin. Les politiques d'aménagement sont des politiques locales et seules les autorités locales peuvent en formuler les buts et les modalités même s'il appartient au gouvernement et au ministre de désigner des objectifs.

De même, les directions départementales ont toute latitude pour apprécier la façon de toucher les multiples publics et notamment les collectivités locales concernées par les autorisations.

 

C. L’information par les collectivités locales.

Chaque commune est libre d'apprécier le meilleur moyen de traiter du problème des autorisations avec ses usagers. Elle peut obtenir le concours des directions départementales de l'Equipement pour toutes les affaires qui de, son point de vue, le requièrent. Il convient seulement de souligner que les maires agissent au nom de l’Etat quand ils décident d'accorder ou de refuser une autorisation. Ils ont par conséquent le devoir de contribuer au développement d’une information vraie dans ces domaines délicats.

 

II. LE SOUCI DE L’USAger

Deux idées majeures doivent être à la base de toute action.

 

L'usager est un citoyen majeur et ignorant.

 

L’administration, au sens le plus large du terme, est quasi incapable de satisfaire spontanément les aspirations de l’usager.

21. L’usager, ses droits et ses devoirs.

La législation impose des obligations aux usagers tout autant qu'elle leur garantit des droits. Si les devoirs de l'usager se bornent à respecter la loi., ses droits., en revanche méritent d’être rappelés.

Il a droit :

·à un accueil amical et rassurant,

·à l'information vraie,

·à des explications quand il ne comprend pas ou quand il n’est pas, à tort ou à raison, satisfait

Les autorisations ‑ et le permis de construire en particulier -- sont naturellement impopulaires. Pour l'usager courant, elles sont une affaire essentielle, quelquefois vitale, du point de vue de son patrimoine, de son habitat, de sa vie familiale ou professionnelle. Elles sont souvent l'aboutissement d'une longue maturation intime, d’efforts et d’économie. L'administration ne peut pas méconnaître la tension psychologique qui sous tend la demande d'autorisation.

La compréhension de ces réalités particulièrement sensibles aux "pétitionnaires" est un devoir pour l'administration.

 

22. Le souci quotidien de l'usager

Le souci quotidien de l'usager n'existe pas encore. Les logiques variées ‑ juridiques., techniques., administratives ‑ qui déterminent les processus administratifs, ne font qu'une place résiduelle à l'usager. Les procédures d'autorisation ne sont pas conçues pour sa commodité. Cette commodité de l’usager est négligée ; elle s'incline devant le souci de la légalité, devant les exigences propres à chaque administration, devant les exigences des collectivités, devant les exigences d’information des autres usagers... La commodité n'est qu'un produit résiduel aléatoire. Elle doit devenir un impératif majeur., égal aux autres préoccupations.

L'administration centrale comme les services locaux et les mairies ont de ce fait de grands efforts à accomplir., pour que l’application des lois ‑ dont la rigueur est nécessaires aux politiques d'aménagement ‑ ne soit pas une source de tensions et d'incompréhensions néfastes à l'obtention des objectifs qu'elles ont édictés.

 

III. DES MESURES EN FAVEUR DES USAGERS

L'impératif de commodité concerne à la fois l'édiction de règles de fond ( celles qui déterminent l'occupation du sol ) et l'organisation des procédures d’autorisation qui permettent d’en assurer le respect.

Cet impératif est généralement perdu de vue quand on élabore la règle et quand on conçoit la procédure.

Il faut aussi compenser ces déficiences par un effort dans le domaine des relations entre usagers et administration.

Les mesures éventuelles doivent permettre :

‑ d'améliorer la connaissance de l’épidémiologie des problèmes,

‑ et de réduire les tensions et les incompréhensions.

 

31. Mesures

Rechercher : A. Dans l’édiction et la règle et la rédaction de la règle de droit ( règlement de P.O.S. et documents assimilés ).

* la règle la plus simple dans son expression.

* la règle la plus utile et réduire ou supprimer celles qui font double emploi avec elle, ou qui ne peuvent avoir qu'un usage exceptionnel.

Cette recherche n'exclut pas l'édiction de règles rigoureuses

La rédaction de la règle de droit doit être telle que l’usager moyen puisse la comprendre.

 

B. Dans l'application de la règle de droit.

L'application de la règle de droit est exposée à deux séries de difficultés qui se combinent..

Première série. L’interprétation de la règle de droit.

Les unes sont dans les contradictions ou incompatibilités entre le projet et la règle de droit. Leur résorption exige une interprétation intelligente de la règle et éventuellement des adaptations mineures.

L'interprétation intelligente consiste a rechercher la solution plutôt que l'objection. L'interprétation intelligente expose  le  fonctionnaire au reproche de complaisance à l'égard du pétitionnaire, reproche qui pourra lui être opposé si la décision prise sur la base d'une interprétation intelligente, est attaquée par des tiers mécontents de la décision.

Toute interprétation intelligente ne débouche pas nécessairement sur une adaptation mineure. Pour éviter le reproche de complaisance il convient de donner toujours la même interprétation.

Si l’interprétation intelligente implique, ou semble impliquer une adaptation, il est toujours possible de consulter une commission ( C.D.U. - C.P.P.C.) afin que cette interprétation soit collectivement examinée et devienne un usage connu.

 

Deuxième série : les difficultés liées aux soubresauts de la procédure.

La procédure d’autorisation est exposée à des soubresauts liés, soit à des faits juridiques ( consultations supplémentaires ; pièces manquantes ; etc...) soit à des interventions extérieures qui viennent ralentir l’instruction ou la troubler.

L’usager supporte les conséquences de ces deux séries de difficultés dont il ignore jusqu'à l’existence.

Avoir le souci de l’usager c’est éviter que ces difficultés ne soient perçues par lui comme le fait du caprice administratif.

 

C. Recommandations concrètes

 

1.     Information et accueil du public ordinaire ( Usager qui vient s’informer)

Etre en mesure de lui répondre et de lui montrer des documents voire de lui en fournir.

Les seuls documents généralement disponibles sont les imprimés et les dépliants ou brochures.

La Direction Départementale de l’Equipement doit examiner, en fonction des demandes de renseignement les plus fréquentes, quels sont les documents d’information dont elle doit, à tout prix, disposer.

Le matériel d’information est produit, sur la base d’intuition, par l’administration, dans le sens descendant. Il faut qu’elle réexamine le matériel en fonction des besoins exprimés.

 

2.   Information et accueil du pétitionnaire ( usager qui dépose une demande).

Les demandes d’autorisation parviennent à la direction départementale de l’Equipement, soit par la poste, soit par le bureau d’accueil ( remise contre décharge ).

Examiner les problèmes à ce stade ( attentes, difficultés d’examiner si le dossier est complet ou non...).

A ce stade, les difficultés ne sont pas encore importantes.

 

3.   Information et accueil de l’usager au cours de l’instruction

A ce stade :

·     soit l’usager est appelé par l’administration pour obtenir des compléments de pièces ou d’explications ;

·     soit l’usager demande où en est son affaire.

Le service doit parvenir à ce que les deux opérations se fassent avec un minimum de pénibilité. On peut avoir recours à divers procédés :

·     renvoi du dossier,

·     lettre de rappel au pétitionnaire ( pièces manquantes),

·     communications téléphoniques ( à développer),

·     rendez-vous ( lieu, heure, personne).

Le choix entre ces diverses solutions dépend du problème qui se présente.

Il ne présente pas de difficultés avec les usagers professionnels. En revanche il est difficile et sans doute mal résolu avec les usagers courants ( les petits et les faibles, les ignorants). Il donc est souhaitable de juger sans complaisance le système de relations avec les usagers courants.

·     Rôle éventuel de la subdivision,

·     Rôle du maire,

·     Peut-on les mettre dans le circuit ; comment est-ce opportun et efficace ?

 

Quelques principes

·     Grouper les exigences afin de ne pas avoir à renouveler les questions et les démarches ; en particulier si ces exigences relèvent d’autres administrations ;

·     Exprimer clairement, non seulement l’exigence, mais son motif, afin d’être mieux compris et de rassurer. Répondre à l’avance à la question de l’usager “ Mais bon dieu, pourquoi veulent-ils encore ça maintenant ? ”. En effet, l’exigence a toute chance de surgir du tréfonds d’un texte que l’usager ignore, ou d’un souci de l’administration qu’il ne connaît pas.

 

4.    Information au stade de la décision.

Cette information prend d’abord la forme de la notification de la décision. Cette notification est faite par le maire ou par la Direction Départementale de l’Equipement.

Si la décision est une autorisation, le souci de l’usager doit transparaître dans la rédaction des prescriptions - s’il y en a - accompagnant la décision. Ces prescriptions doivent être concrètes et “ immédiatement ” applicables, c’est à dire sans le recours à des consultations de spécialistes pour en mesurer la portée.

Si la décision est un refus ( ou un sursis à statuer), le souci de l’usager doit apparaître dans la motivation de la décision de refus. Cette motivation est défendable, non seulement du point de vue juridique, mais encore du point de vue concret.

L’usager doit avoir le droit de recevoir des explications verbales s’il en fait la demande ; il doit le savoir. Une lettre d’explication peut accompagner les cas les plus inexplicables.

 

5.   Conditions matérielles d’accueil

Elles doivent être réexaminées sous l’angle des usagers. Confort matériel et confort psychologique. Signalisation.

 

6.    Connaissance des besoins de l’usager

·     Sondage ; questions ; observations...

·     L’administration doit ouvrir ses oreilles aux réflexions libres de l’usager... et connaître ce qui ne va pas. Notion de client.

 

7.   Epidémologie des problèmes

L’administration doit non seulement traiter les affaires les unes après les autres dans les meilleurs délais ; il faut aussi qu’elle sache ce qui fait problème, autrement qu’intuitivement. C’est le contrôle de la qualité et des défauts.

Un rapport annuel succinct doit être établi par le chef d’U.O.C.  permettant d’apprécier l’évolution globale et analysant les difficultés :

·      délai - retard,

·      fréquence des causes de refus,

·      lieux difficiles,

·      causes d’intervention susceptibles de réorienter l’action des autres services ( explications, réforme..., intervention, redressement).

 

8.    Rôle particulier du directeur

*     Rapprochement maximal D.D.E. - responsable du droit des sols ( locaux et contacts),

*     Priorité d’affectation du personnel nouveau,

*     Réunion avec tous les agents de la base.

 

9.   Initiatives locales diverses

*     Rencontre avec les milieux professionnels qui se plaignent ;

*     Rencontre avec les associations d’usagers ;

*     Rencontre avec les maires ( mécontents) ;

*     Diffusion des informations départementales disponibles ( vers la presse et vers les élus) ;

*     Sans en abuser, faire connaître les progrès, les améliorations, faire connaître aussi les problèmes et les difficultés...

*     L’ensemble devant aboutir à donner une image de l’administration consciente des problèmes, soucieuse de faire mieux, ouverte, compréhensive mais rigoureuse ( ferme sans être arbitraire).

 

10.  Initiatives et mesures centrales

Le mieux consiste à ne rien dire et à essayer de faire des choses qui ne viennent pas compliquer un peu plus la situation.

Les grandes directives sont à exclure. Les promesses de simplification aussi. Chacun sait que tout s’est beaucoup compliqué.

Le service central doit :

*     améliorer sa connaissance “ épidémiologique des problèmes locaux,

*     rechercher, recenser, mettre en réserve, toutes les sources mineures mais absurdes de complications, qui se logent dans les textes nationaux ( lois et décrets ),

*     produire des documents d’information commodes et utiles,

*     appuyer les initiatives locales, les faire connaître et les mettre en valeur,

*     mettre sur pied un groupe informel de “ consultants intelligents ”, c’est à dire de personnes dont on a remarqué l’intérêt pour ce type de problème ainsi que la compétence,

*     observer l’organisation locale des services afin de susciter des évolutions ou d’être en état de donner des conseils,

*     proposer, le moment venu, quelques petites retouches simplificatrices ou classificatrices,

*     susciter des cycles de formation,

*     informer les milieux parisiens de la réalité.

Dans ce domaine, il faut être prudent. Ne pas créer d’illusion et ne pas ouvrir de trop grandes espérances. Il ne faut pavoiser qu’après. Et encore. Rien n’est jamais acquis.

 

A. GIVAUDAN