LE RAPPROCHEMENT CULTUREL
ANTOINE GIVAUDAN
( 4 OCTOBRE 1977 )
ORIGINE ET DESTINATION
Nous étions à l’époque en pleine crise de transition notamment avec
la contestation provoquée par la consultation des maires ( Cf. #1976-12-30---E#) et la position molle du nouveau ministre sur le « mitage ». De plus les élections
législatives étaient à l’horizon ( Mars 1978 ). L’objectif « UA » ( Usagers et administration )
du triptyque était en préparation. Il fallait démultiplier notre présence et
opérer un rapprochement dans les cultures séparées de nos personnels locaux
tout en amplifiant les contacts avec les élus communaux.
L’initiative prit corps avec une tournée dans les CIFP. L’action
engagée devait durer plusieurs années et anticipa en quelque sorte sur la
décentralisation. On la doit à M. Pierre Mayet. Mon idée d’impliquer les architectes consultants dans cette affaire
faisait partie de mon « PETIT DESSEIN ». Elle sombra avec la création des
CAUE. ( Cf. #1400# )
Les discussions
que nous avons depuis un mois, entre nous, nous amènent à évoquer l'idée
d'actions en profondeur vers les communes et les services locaux.
Un
rapprochement significatif de l'administration de l'Equipement, de l’usager
et des communes ne peut passer que par les subdivisions territoriales, ‑
dont l’implantation est assez dispersée dans le territoire et conserve encore
une signification pour les communes.
La
dimension bureaucratique de la direction départementale de l'Equipement peut
être atténuée par l'entrée en ligne des subdivisionnaires dont la connaissance
des hommes et du terrain légitime sans doute mieux un rôle dans l’aménagement
auprès des élus que les services départementaux plus lointains.
Par
ailleurs la subdivision est une circonscription administrative
"libre". Le subdivisionnaire est seul devant les élus, le sous-préfet
est loin. La direction départementale de l’Agriculture est absente.
Par
contre le subdivisionnaire est proche des “ notables locaux ” ‑
notaire, géomètres, petits entrepreneurs ‑ qui opèrent dans le
“ canton ”. Il l’est aussi pour le Conseiller Général ( ou les 2 ou 3
Conseillers généraux ) du canton.
La
subdivision doit par conséquent devenir l’instrument du “rapprochement
culturel ” entre la Société locale et les politiques
d'aménagement, dont la mise en oeuvre et “ l’intériorisation ”
risquent de rester artificielles si elles ne sont pas animées par un relais
légitime.
Il y a dans les 95 départements de la
métropole environ 1400 subdivisions.
Le
développement de nos actions auprès des grandes villes et des villes moyennes
passe nécessairement par la direction départementale de l’Equipement ou des
agences d’urbanisme. Nous touchons là environ 200
agglomérations et un bon millier de communes.
Le
développement de nos actions dans les petites villes
et les campagnes doit passer par les subdivisions.
Jusqu'à
ce jour la D.A.F.U. ( direction de l'aménagement foncier et de l’urbanisme) ne s'est
pas intéressée à cet aspect des problèmes. Elle n'a connu que les G.E.P. (
groupe d'études et de programmation) et les U.O.C. ( urbanisme opérationnel et
construction ). Elle a ignoré la subdivision. Des expériences diverses ont eu
lieu de déconcentration d'activités sur les subdivisions sans que nous ayons eu
à en tirer parti.
Il faut
maintenant amplifier le mouvement en le soutenant par des
initiatives douces et par une attention plus suivie des courants qui se manifestent
dans ce sens, dans de nombreux départements.
Cette
action est légitime et ne peut être critiquée m8me si elle peut inquiéter
certains voisins ( Agriculture, Culture ( C.A.U.E
) ). Elle
s’inscrit dans la politique de maintien des services administratifs dans les
cantons ruraux.
Le
rapprochement culturel entre doctrines d'aménagement et actions d'aménagement
peut prendre un essor inattendu., si nous savons :
1 ‑ renforcer le potentiel
pluridisciplinaire des subdivisions.
2 ‑ accentuer la déconcentration
G.E.P. ‑ U.O.C.
3 ‑ atteindre, par notre
information, le monde des subdivisions.
LE PREMIER OBJECTIF peut être assez schématisé par deux
idées,
‑ Il faut un architecte consultant, par subdivision.
‑ Il faut un attaché d'administration ou un secrétaire
administratif par subdivision.
Le
Conseil administratif et technique aux communes et aux usagers prend alors un
sens nouveau. Le dispositif local peut se mettre en marche pour aider les
collectivités et l'usager en leur évitant le maximum de déplacement, de
pénibilité, d'impression bureaucratique. La loi dispose de représentants et de
connaisseurs dans un monde où elle n'a pas encore pénétré par la voie "verbale"
et “ vernaculaire ”.
LE DEUXIEME OBJECTIF
consiste à multiplier les interventions du G.E.P. et
des U.O.C. hors du siège de la direction départementale de l’Equipement. Ce
sera plus facile pour les G.E.P. que pour les U.O.C. soumis à des astreintes
rigoureuses. Le moment semble cependant venu, indépendamment du premier
objectif., de susciter ce mouvement descendant, auquel les architectes consultants doivent
participer.
LE TROISIEME OBJECTIF, consiste pour nous à connaître
d'abord quel est le degré d’irrigation en information des subdivisions, à préparer une
irrigation complète et adaptée ensuite provoquer des sessions d'information ‑
voire de formation.‑ avec les subdivisionnaires. Au niveau de
la D.D.E. ( autre formation ) et à d'autres occasions.
Il
semble bien que nous puissions créer un pole d'attraction autour de la
subdivision sans encourir de reproches, même s'il sera difficile de trouver le
personnel complémentaire indispensable et d'assurer la coexistence des
personnels divers.
Par
ailleurs il pourrait être souhaitable de diviser des subdivisions fusionnées
pour mieux assurer la couverture du territoire les besoins sont ainsi, très
schématiquement :
‑ subdivision en plus + 100
actuellement 1400
‑ personnel administratif + 1500 actuellement
rien
‑ architectes consultants + 1500 actuellement
400
ANTOINE GIVAUDAN