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Les réformes du permis de construire :

le point sur leur application

 

Antoine Givaudan ( 1 )

 

( 6 juin 1978 )

Publié dans les actes du colloque du Centre de Recherche de l’Urbanisme ( C.R.U )

 

ORIGINE ET DESTINATION

C’est le type même de ces exposés “ pédagogiques ” ou explicatifs, sans originalité. Il n’y en a pas grand chose à dire sinon que je me suis efforcé de toujours rester lucide et de mettre l’accent sur les efforts qui étaient encore à accomplir. Ni langue de bois, ni incantations, ni flagornerie facile à l’égard des uns ou des autres.

Il est vrai que l’être humain est souvent content de lui-même et souhaite que les autres lui ressemblent. C’est pourquoi j’aurais aimé, en auditeur, entendre parler de cette façon, quand je fus amené à subir, après 1982, en tant que fonctionnaire départemental, les discours incantatoires ridicules des organes centraux.

 

( 1 ). Chef du service de l'urbanisme, direction de l’aménagement foncier et de l'urbanisme, ministère de l'Environnement et du Cadre de Vie.

 

 

 

Faire le point sur les réformes du permis de construire et leur application, est chose difficile car la vue d'ensemble que nous en avons aujourd'hui ne permet pas de tirer des conclusions. Nous savons que les réformes tournant autour du permis de construire suscitent quelques échauffements ici ou là et qu'elles exigent de tous, aussi bien de la part des administrations et des élus que des usagers, des efforts accrus de compréhension. Ces réformes ne sont pas toujours perçues dans ce qu'elles ont de meilleur, mais dans ce qu'elles peuvent avoir de moins bon; elles mettent en première ligne les personnes qui font partie de l'administration, alors que ces dernières n'ont pas nécessairement été suffisamment préparées pour appliquer certaines de ces réformes. Enfin, ces réformes se combinent avec des exigences accrues concernant l'environnement, et se sont de plus combinées ces deux dernières années avec les élections. Autrement dit, nous avons aujourd'hui un sujet riche de méditation sur le passé comme sur les années à venir.

Je voudrais d'abord résumer les réformes, ne serait-ce que pour bien centrer leur contenu et leur origine, et ensuite parler de leur application, du rôle de l'Administration ainsi que de celui des collectivités locales.

 

Les réformes récentes : un résumé

Parmi les réformes du permis de construire, on peut distinguer les réformes voulues et les réformes votées. Les réformes voulues sont vite énumérées. Il y a d'abord la suppression de la déclaration préalable à la construction, datant de 1969, par la loi portant réforme de l'urbanisme. Cette suppression est passée inaperçue, ce qui signifie qu'elle répondait bien à son objectif ou à sa cause, qui était la désuétude de cette procédure.

Il y a eu ensuite ‑ et cela a provoqué quelques réactions ‑ la définition de la surface hors oeuvre des constructions. Autrefois, il y avait une surface hors oeuvre pour la densité, une pour la taxe d'équipement, une pour la taxe départementale d'espaces verts, etc... Nous avons pensé qu'il était préférable de déterminer une définition unique pour plus de facilité.

Mais faire de telles retouches crée évidemment des changements d'habitudes et soulève quelques objections. Si bien qu'en 1976, lorsqu'a été choisie une définition qui avait le mérite d'être simple parce que forfaitaire, il y a eu des protestations, sans doute parce qu'elle était trop simpliste et pouvait influer sur la qualité architecturale des constructions. Alors, en 1976, nous avons fait modifier le texte du fondement législatif, qui a permis en 1977 de proposer une nouvelle définition qui aurait dû plaire à tout le monde, puisque c'était le résultat d'un référendum quasi national; mais en 1977, cette définition s'est combinée avec d'autres réformes touchant l'architecture. Malgré tout, l'unification des surfaces hors oeuvre a été réalisée, causant des changements dans les habitudes des services instructeurs et des usagers.

La troisième réforme a proposé une définition clarifiée du champ du permis, de l'objet du permis, en étendant le champ du permis aux créations de niveaux supplémentaires, aux travaux changeant la destination des locaux et aux modifications de l'aspect extérieur. Les changements de destination des locaux sont assez compliqués à définir et à faire respecter, mais ils répondent au souci de faire respecter les dispositions des plans d'occupation des sols qui prévoient des dispositions de densités différenciées en fonction de la destination des locaux, des bureaux, des logements, etc..

La quatrième réforme consiste en une définition plus stricte et plus intelligente des exemptions. En matière d'exemptions de permis de construire, le paradoxe était le suivant : les services publics bénéficiaient d'exemptions exagérées alors que les constructions ou les ouvrages privés, sous l'effet de la jurisprudence des tribunaux, de la Cour de cassation comme du Conseil d'État, se trouvaient de plus en plus étroitement soumis au permis de construire, même s'ils étaient peu importants.

Nous avions l'intention, par la loi, de revoir le régime des travaux exemptés de permis, et ensuite de rectifier ce que pouvait avoir d’excessif le champ théorique, d'après la jurisprudence, des travaux soumis au permis. Ceci était parfaitement légitime et devait être assez facile à réaliser puisque la loi portant réforme de l'urbanisme l'avait voté.

Et enfin, la cinquième source de réformes est l'articulation du permis de construire avec les autres autorisations, articulation qui n'est pas toujours évidente et est une source de tracasseries, aussi bien pour l'Administration que pour l'usager. Il s'agissait donc de mettre noir sur blanc les réponses à donner dans les cas où la même opération pouvait être soumise à plusieurs autorisations.

Les objectifs de toutes ces réformes peuvent se résumer en trois mots : CLARTE, RIGUEUR ET COMMODITE.

En ce qui concerne les réformes votées, je citerai la loi sur l'architecture, qui a créé l'obligation de recourir à un architecte au-delà d'un certain seuil. Cette loi a déclenché une série de difficultés d'application dès le lendemain de sa promulgation car les seuils n'ont été définis que trois mois après, par un décret du 3 mars, se référant à la surface hors oeuvre qui, dans les décrets de l'époque, s'appelait totale, mais qui en juillet est devenue, pour plus de clarté, brute ou nette. Autrement dit, pendant toute l’année dernière et parfois encore actuellement ‑ même si l'agitation et l'irritation se sont résorbées ‑ les Directions départementales ont été prises entre deux feux : elles avaient la possibilité soit de fermer les yeux, donc de ne pas vérifier la présence d'un architecte ou de ne pas faire attention au tampon, et nous étions accusés de sabotage; soit de se montrer attentives et de renvoyer les dossiers, ce qui était une autre façon de saboter la réforme, en mettant en évidence ce qu'elle pouvait avoir d'inattendue et d'irritante.

Un second point dans cette loi compliquait également les choses, et les complique encore : il s'agit du régime des exemptions qui a été pratiquement détruit par la modification des textes sur les possibilités d'exempter certains travaux par décret, par le fait que le permis de construire est ainsi devenu quasi universel, et qu'il faut maintenant presque un permis de construire pour poser une pierre sur une autre. Nous n'avons donc pas pu par décret, redéfinir un champ du permis avec une définition plus intelligente des exemptions.

Une autre réforme votée s'ajoute, mais ses incidences immédiates, quotidiennes et statistiques ne sont pas aussi nettes, ni fréquentes: c'est la loi sur la protection de la nature qui rend nécessaire une étude d'impact pour un certain nombre de permis concernant des communes sans POS, pour des travaux de plus de 3 000 M2 de surface hors oeuvre nette. Nous avons là un ensemble de textes dont les objectifs sont clairs, même si les modalités quelquefois le sont moins. Nous avons traversé des années sombres car les lois sont entrées successivement en vigueur: la loi sur l'architecture, le 1er juillet ( quoique le décret soit sorti le 6 ), la loi sur la protection de la nature le 1er janvier 1978. Autrement dit, il ne se passait pas six mois sans un nouveau changement dans la configuration du permis de construire, puisque chaque fois on lui ajoutait quelque chose ou on en changeait un peu ses modalités.

La publication des décrets qui a eu lieu le 3 mars pour les seuils, et le 6 juillet pour le permis de construire lui-même, a exigé de nous un travail de conception et d'assimilation et a obligé tous ceux qui utilisent les textes à un effort d'assimilation important, bien que ces textes comportent des mesures simplificatrices ( même si elles ne sont pas perçues ).

Je peux signaler que ces textes ont supprimé la consultation obligatoire des commissions départementales 1d'urbanisme dans les périmètres sensibles. Dans certains départements entièrement compris dans un périmètre sensible, tous les permis devaient passer en commission départementale d'urbanisme. Il fallait donc donner simplement la faculté de consulter la commission, et non pas la rendre obligatoire.

On peut signaler aussi que le pouvoir de décision qui depuis 1973 n'appartenait plus aux maires, dans les sites inscrits, leur a été restitué.

Il faut aussi noter que pour plus de clarté nous avons fait une liste des cas où le permis tacite n'est plus accordé, ce qui est moins hypocrite que de ne pas le dire dans certains cas.

Et enfin, la réalité juridique concernant l'articulation des procédures a été mieux définie, c'est-à-dire que le Code s'est enrichi de tous les cas où le permis peut tenir lieu d'une autre autorisation.

Nous avions aussi une autre mission : c'était d'affiner les instructions d'application, c'est-à-dire le commentaire, la documentation à ce sujet, mais nous n'étions pas en état de le faire. C'est pour cela qu'à la fin de l'année dernière, nous sommes passés à une formule plus empirique, nous avons établi des questionnaires, fait des tournées d'information dans les centres régionaux de formation professionnelle, distribué les réponses aux questions et nous les avons discutées. Nous avons été, il faut bien le reconnaître, un peu dépassés par certains phénomènes et par certaines complications.

Tout n'est cependant pas terminé puisque tous ces textes qui modifient les lois et les décrets se traduisent par la mise en service progressive de nouveaux imprimés dans les divers départements, tenant compte de l'inadaptation des anciens qui ne fonctionnaient plus très bien par rapport aux nouvelles définitions qui peuvent exister dans les lois et qui exigent donc des contrôles ou des surveillances particulières. On reprochera naturellement à ces nouveaux imprimés leur lourdeur et leur complication, ils sont pourtant plus clairs.

Ces nouvelles lois vont bien évidemment nécessiter un travail d'adaptation et de rééducation de la part de ceux qui les utilisent

 

L'application des lois

Je voudrais expliquer ce que nous attendons de ces nouvelles lois. Le but n'est pas d'appliquer la loi parce qu'elle existe et pour le seul plaisir de la faire respecter mais pour obtenir des résultats concrets, satisfaisants pour l'aménagement de l'espace et pour la société en les appliquant.

Pour obtenir des résultats concrets et satisfaisants pour l'aménagement par le biais de la législation concernant le permis de construire, il y a essentiellement deux objectifs à atteindre, et ce n'est pas toujours facile.

IL Y A CELUI DE LA QUALITE DE L'URBANISME ORDINAIRE, c'est-à-dire de l'urbanisme que l'on fait chaque jour en délivrant les permis de construire, indépendamment de toute opération, de l'addition machinale de constructions les unes aux autres qui font que le tout, au bout de quelques années, constitue un quartier ou ne constitue qu'une accumulation de constructions. Quelles que soient les règles de l'urbanisme, la qualité des plans d'occupation des sols, donc des dispositions applicables aux terrains, il est certain que l'agencement des constructions sur un parcellaire qui est parfois d'ailleurs aberrant, dépend inévitablement non seulement du génie de l'auteur du projet mais aussi de l'intervention de la puissance publique qui peut modifier l'emplacement du projet, conseiller, voire prescrire quelques éléments pour une meilleure insertion du projet dans le voisinage. Par conséquent, le permis de construire est bien le vecteur d'un souci de qualité. Ce premier objectif ne peut pas être atteint par la seule administration, mais aussi grâce à une concertation plus ou moins douce et persuasive avec l'usager, notamment en usent de tous lu moyens que nous avons, de l’information générale jusqu’aux conseils donnés par les architectes - consultants.

LE SECOND OBJECTIF EST LA SAUVEGARDE DES ESPACES NATURELS. La règle de fond permet d'interdire une construction mais encore faut-il qu'elle soit appliquée, et le permis, refusé cette fois, permet de veiller à la sauvegarde des terres agricoles, des milieux naturels, des forêts, ce qui rend sa législation impopulaire.

Les résultats concrets, satisfaisants pour l’aménagement se traduisent par des milieux urbains mieux et des espaces naturels dignes de ce nom. Mais il faut aussi obtenir les mêmes résultats concrets pour la société et les élus. Pour ces derniers ils se traduisent par l'absence de réclamations; pour les usagers, par le fait d'obtenir satisfaction dans les meilleurs délais. Mais les exigences des citoyens sont parfois contradictoires et variées. Un usager peut désirer que. le permis soit rapidement délivré à son ami et qu'il ne le soit. pas à son ennemi. Par conséquent, l'administration, c'est-à-dire la bureaucratie, et aussi bien celle de l'État que celle des collectivités locales, doit opérer dans des conditions qui ne sont pas parfaitement définies et qui sont porteuses de contradictions. Nous nous trouvons en face d'une triple réalité.

La réalité de l'environnement : le terrain dans son environnement est-il apte à la construction ? Est-il équipé pour la construction ? Cette seconde réalité est plus terre à terre, car elle dépend souvent de raisons budgétaires. La troisième réalité à considérer est : quelle est la morphologie de la construction ? Voilà la triple réalité que véhicule le permis, dont il faut tenir compte et dont les gens ont en général peu conscience. On peut évidemment penser différemment et croire que l'on peut faire n’importe, quoi n'importe où, mais il se trouve que ce stade a été quand même dépassé.

 

Le rôle de l’Administration et des élus

Alors, quels sont, dans. ces conditions, les rôles de l'Administration et des élus ? Ils sont au centre de l'opération elle-même. Quel esprit doit les animer ? On a trop souvent tendance à les opposer. Pourtant, les élus, tout autant que l’Administration, sont tenus par la loi. Mais l'une ‑ l'Administration ‑ connaît trop la loi tandis que les autres ‑ les élus ‑ souvent pas assez. Il peut y avoir une différence de niveau de connaissance. Pour pallier ce défaut, nous avons diffusé une brochure intitulée le petit livre du Maire, pour porter à domicile aux maires un certain nombre de textes et de conseils, alors que s’ils devaient les chercher dans les codes et dans les circulaires, cela les conduirait à une véritable aventure administrative.

Mais on peut opposer ( et c'est là qu'il faut bien faire la distinction ), certaines exigences de l'État et de ses services locaux à des exigences de la commune. Il n'y a pas de raison que la commune et l’État soient toujours d'accord et doivent toujours l'être : il faut bien admettre que dans certains cas il peut y avoir des contradictions et cala n'a rien d'anormal.

Dans de telles conditions de différence à la fois de perception et d'attitude devant les réalités, les administrations comme les élus doivent évoluer en tenant compte de trois préoccupations. Je voudrais résumer ainsi ces trois soucis :

Le souci de légalité. Je ne voudrais pas passer pour un obsédé de la légalité. La légalité n'est absurde qu'avant l'annulation. Une fois que l'affaire est annulée ‑ ce qui quelquefois coûte des millions ‑ on s'aperçoit alors du coût et de l'intérêt de la sécurité juridique; tant pour la réputation de l'Administration que pour la sécurité de l'usager. Il y a des régions où il n'y a pas de recours, où la légalité est un mot abstrait, régions heureuses ou maudites, je ne sais, et des régions où il y a beaucoup de recours, et dans ce cas, la légalité se monnaie et peut même faire l'objet d'un chantage de la part de ceux qui font des recours auprès de ceux qui en sont l'objet, mettant en question tant la réputation de l'Administration, que l'honnêteté de notre vie publique. La légalité exige, pour être dominée, de la culture et de l'attention. La culture est indispensable pour resituer un problème dans son environnement de légalité ‑ il faut savoir si les difficultés, les vices, les absences, les petites bavures sont de nature illégale ou pas. Pour apprécier cela, il faut une certaine culture juridique mais aussi de l'attention pour détecter les choses qui peuvent faire des problèmes et qui ne sont pas toujours apparentes.

Il y a ensuite le souci de qualité. La qualité n'est chère que lorsqu'on l'a perdue, c'est-à-dire lorsque le permis a été délivré, que le bâtiment est construit et que tout le monde le critique. La qualité exige de la sensibilité et des explications. Sans sensibilité on ne peut apprécier la qualité; c'est une propriété intellectuelle qui ne se transmet pas facilement. Quant aux explications, elles sont indispensables puisque la qualité étant subjective, si celui qui est en face de vous trouve que ce qu'il propose est plein de qualité et que vous lui dites le contraire, il faut pouvoir lui expliquer pourquoi cette qualité n'est pas aussi grande qu'il le croit.

Et le troisième souci, c'est un souci de commodité. La commodité est indispensable à la rigueur. Pour être rigoureux, il faut pouvoir prescrire des conditions ou refuser un permis rapidement. La commodité exige des réflexes, une capacité de voir les problèmes là où ils sont et de ne pas faire de gros problèmes quand il n'y en a pas. Cela exige toute une organisation. Cette organisation est un peu le sujet de ce colloque. Nous allons revoir la façon de procéder, la manière d'empiler les dossiers, ce qu'ils deviennent, comment interviennent les subdivisions qui sont plus proches du terrain et qui peuvent évidemment avoir un point de vue moins éloigné et plus concret.

Ces très honorables préoccupations impliquent naturellement des mutations. Les réformes récentes ont accentué la nécessité d'examiner ces problèmes peut-être en changeant un peu les réglementations.

En ce qui concerne ces mutations, je serai bref.

La première, c'est une conscience accrue de l'environnement, non pas parce que maintenant nous sommes au sein du ministère de l'Environnement et du Cadre de Vie ‑ nous n'avons pas attendu que notre ministère change de nom pour tenir de tels discours. Mais les soucis de légalité, de qualité, de commodité sont des soucis profondément contradictoires et ils ne peuvent pas être assumés localement dans la société, par les administrations comme par les usagers ou les élus, si on ne rattache pas ces préoccupations qui souvent aboutissent à des tracasseries, à une conscience plus aiguë de l'environnement qui fait que chacun est prêt à verser son petit tribut au nom de l'environnement. Sans cette conscience de l'environnement, le permis de construire ne serait qu'une formalité utile pour percevoir des taxes et des participations. Or, on ne peut pas réduire le permis de construire à ce rôle financier.

Pour que le permis de construire soit le vecteur de la qualité de l'urbanisme et le gardien des espaces naturels, il faut vraiment que tout le monde ait une conscience plus accrue de l'environnement. Il faut également entretenir avec les usagers des rapports plus vivants, leur réserver un meilleur accueil, et apporter plus de soins dans les discussions qu'on peut avoir avec eux, dans les rapports écrits, les explications, les motivations des décisions. Dans la mesure où la décision est souvent porteuse de mauvaises nouvelles ou d'obligations, il faut que l'administration s'adapte à ces circonstances et qu'elle ne se contente pas de tamponner les demandes d'autorisation.

Evidemment ceci implique des mutations, car pour mieux accueillir les usagers, il ne faut pas que les bureaux soient à 50 km ou 100 km, il faut pouvoir être capable d'atteindre plus facilement les usagers, l'organisation va elle-même devoir s'adapter à ces nouvelles exigences tout en respectant le souci de légalité, ce qui n'est pas toujours facile.

Au cours de ce colloque, nous n'aborderons pas seulement le problème de la qualité, nous axerons plutôt nos débats sur la commodité et la légalité.

Nous devons, au-delà de l'exégèse de ces textes complexes, voir comment satisfaire à ces deux soucis, quotidiennement, intelligemment; comment acquérir des réflexes et revoir notre organisation; comment éviter l'écueil de la bureaucratie, de la facilité.

Je vous remercie pour votre attention.

 


ANTOINE GIVAUDAN