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LA MISERE

DES

RAPPORTS DE PRESENTATION DES P.O.S.

 

ANTOINE GIVAUDAN

 

( 18 DECEMBRE 1978 )

 

ORIGINE ET DESTINATION

Très largement diffusé dans tous les services locaux, cette note rageuse exprimait un sentiment de mécontentement déçu devant la médiocre qualité des rapports de présentation. L’indulgence des débuts, car il ne fallait pas, selon moi, s’attendre à monts et merveilles, faisait place à l’irritation. Le service avait examiné périodiquement des POS et adressé de longues notes critiques d’observations formelles, dans la ligne de ma conception de l’action administrative hostile par dessus tout à “ l’administration contemplative ”. Les choses ne s’amélioraient pas. Or je comptais beaucoup sur ces rapports comme expression de la politique locale d’aménagement, l’établissement du POS étant une occasion unique de se livrer à une radiographie complète du territoire communal et, pour la commune, à prendre quelques bonnes résolutions à un horizon de quelques années pour l’action urbaine. Je comptais d’autant plus sur ces rapports que je soutenais qu’ils tenaient lieu d’étude d’impact -- ce qui dispensa d’ailleurs les POS et certaines opérations réalisées sur les territoires des communes où le document était en vigueur, d’une telle étude en1977.

Une relance générale du souci de la qualité formelle des POS fut engagée au cours de l’année 1980 ( Cf. #1980-01-17---H#) car il n’était pas dans ma nature de baisser les bras devant la médiocrité. Le soufflet retomba très vite avec la décentralisation alors qu’il aurait fallu tenir longtemps la manivelle pour élever le niveau d’exigences qualitatives. On préféra la fuite en avant dans l’inflation des POS établis à “ coups de poings ” ( comme disait mon instituteur, quand j’étais au cours moyen première année, des devoirs bâclés par les mauvais élèves ) au nom de phantasmes démocratisateurs.

Le juge administratif a annulé des POS pour insuffisance de rapport de présentation et je pense qu’il a bien agi.

N’étant pas tendre avec ses “ incontinences juridictionnelles ” ( Cf. Chapitre [1840--INCONTINENCES-JURIDICTIONNELLES-CHAP-184]     et [1998-04-03-0-H-STRASBOURG-CINQ-LECONS-DE-DROIT-DE-L-URBANISME] notamment) cet hommage à sa rigueur n’en a que plus de signification.

Parmi les causes de cette négligence, l’inflation des POS en a sa part ( Cf. Section [162B--L-INFLATION-DES-POS]    ) mais aussi l’abandon de toute présence pédagogique, faute de légitimité et de foi dans le travail bien fait, auprès des responsables locaux.

Triomphe de la sottise satisfaite d’elle-même !

 

Le rapport de présentation d'un P.O.S. est un document important. Les textes et leur commentaire en définissent les finalités. Quiconque les comprend et nous ne les reprendrons pas. Alors pourquoi les rapports de présentation sont-ils si pauvrelets ? si déséquilibrés ? si peu descriptifs des objectifs ?

Qui les rédige ? Où passent les études, souvent détaillées et en toute hypothèse assez longues qui précèdent la sortie du P.O.S. ?

On dirait qu'on ne connaît que le recensement. Ah on connaît, à peu près chaque fois la structure par sexe de la population, on y trouve le nombre de bovins .... mais on y trouve moins souvent

‑ le nombre de permis de construire, au cours des dernières années,

‑ le nombre des lotissements et leur capacité ....

‑ le nombre de certificats d'urbanisme.

On ignore à peu près les permis de démolir, les carrières, les caravanes, les campings, les défrichements.

L'occupation du sol, objet du plan et son évolution est à peine ébauchée, au travers du nombre de logements, comme si les permis de construire ne portaient que sur les logements.

On ne voit pas surgir les problèmes rencontrés. On ne sent pas vivre les obstacles aux projets.

Autant le dire nous-mêmes. Il semble que les auteurs du P.O.S. ne sont pas dans la D.D.E. où ces informations existent tout de même.

Faire un peu mieux les rapports de présentation est à peine affaire de temps si ce qui a été mis au jour au cours de l'élaboration n'est pas perdu de vue ou enseveli dans les dossiers et si ceux qui rédigent ces rapports font un petit effort d'attention.

On peut aussi se demander pourquoi les rapports ont autant de pages, aussi peu remplies. A croire qu'on paie les rapports à la page !

 

N'ayons aucune complaisance. Ne cherchons aucune excuse. Au contraire, ayons quelques exigences en plus, pour un travail mieux fait.

 

ANTOINE GIVAUDAN

 

Cette petite note, largement diffusée dans tous les services extérieurs, était annonciatrice d’exigences accrues, en matière de rapport de présentation de POS.

Nous étions bien conscients de l’indigence certaine de beaucoup de POS. Que faire cependant ? Il y en avait tellement à établir. Les crédits d’études n’avaient plus suivi la croissance des commandes. Cette tâche de bien rédiger les rapports paraissait subalterne et curieusement les communes ne se sont jamais beaucoup intéressées à ce document de présentation, alors qu’il pouvait être pour elles, une bonne occasion de faire valoir leur territoire, en présentant son histoire, sa géographie, son économie, etc... et les mesures à effets potentiels ou éventuels du POS.

Il fallait donc un peu culpabiliser les services locaux sur ce sujet, avant de devenir plus directif et exigeants en qualité. Ce sera le cas  un peu plus d’un an plus tard, avec une action dans les CIFP et l’instruction du 18 Juin 1980 ( Cf. #1980-01-17---H#et [1980-06-18---E-PATHOLOGIE-DES-POS] ).

J’ai toujours essayé d’avoir de la suite dans les idées et d’enfoncer, progressivement avec patience les clous même si je suis un impatient dans la vie quotidienne. AG 07-10-99 ]