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L’ARCHITECTURE SOLAIRE

"Ouvrons les yeux avant d'ouvrir un dossier"

 

ANTOINE GIVAUDAN

 

( 16 FEVRIER 1979 )

ORIGINE ET DESTINATION

Ce papier d’humeur, ronéoté, fut largement diffusé tant il me paraissait indispensable qu’on ne vienne pas, sous prétexte d’économie d’énergie, compliquer le droit de l’urbanisme qui ne gênait pas plus qu’il ne favorisait d’ailleurs l’architecture solaire.

Mais naturellement de “beaux esprits ”, “ignorantins” par profession, ( Cf. #1995# ) avaient écrit, quelque part, qu’il fallait revoir ce droit pour les obstacle qu’il dressait sur les chemins de l’innovation. Quand on ne sait pas quoi dire, on propose n’importe quoi --- principe fondamental

 

 

 

 

L'architecture solaire est une idée à la mode. Comme il arrive bien souvent, l'idée nouvelle masque la réalité, au point qu'on va fouiner ‑ à coup de groupes de travail et de contrats d'études ‑ dans les réglementations afin de débusquer les obstacles à une architecture solaire. Pourquoi se donner tant de mal ? [ De ] l'architecture solaire, nous en avons fait depuis vingt ans, dans tout le pays, sans le savoir peut-être, mais à haute quantité.

En effet, qu'y a-t-il de plus exposé au soleil que la maison individuelle, isolée sur son terrain et dont on peut faire le tour, rêve nous répète-t-on, des français, qui ne supportent pas de ne pas pouvoir faire le tour de leur maison ?

Qu'y a-t-il de plus exposé, que ces innombrables immeubles, en forme de tours ou de barres, fièrement campés sur le terrain, qu'on trouve dans les opérations publiques ou privées, et qui honorent tant, croit-on savoir, l'urbanisme des dernières années ?

Qu'y a-t-il de moins exposé au soleil que l'urbanisme caractérisé par la rue ( vilipendé pendant ces années d'Architecture en quantité ) qu'on avait cru comprendre qu'il fallait le réhabiliter ?

L'architecture solaire ? mais nous sommes passés maîtres dans cette technique et nous n'aurons pas besoin de beaucoup tripoter les règlements pour la favoriser ; elle se fait d’elle-même. La dernière génération d'architectes l'a longuement pratiquée, il suffit de les laisser continuer. Quant à la maison individuelle, même dépourvue d'architecte, les professionnels de cette branche ont aussi trouvé le chemin solaire depuis longtemps. Ils seront les premiers étonnés à apprendre qu'ils étaient en avance, et qu'ils n'avaient donc que le tort d'avoir eu raison trop tôt quand on leur reprochait leur maison isolée au milieu du terrains

La meilleure chance du “ Solaire ” est donc qu’on laisse aller les courants spontanées. L’héliotropisme positif, qui caractérise le français et les hommes de l'art, y pourvoira.

Mais il. faut abattre les derniers obstacles réglementaires qui pourraient entraver le d6veloppement de cette préoccupation essentielle.

D'abord, il faudrait expurger les règlements toutes les dispositions de nature à favoriser une implantation de bâtiments trop proche des voies, de nature à susciter une rue, à créer de l'ombre

Il faudra ensuite interdire radicalement les constructions en contiguïté, qui par définition, privent au moins deux façades des bienfaits du soleil*

Il faudra aussi ne pas oublier d’éliminer cette disposition anti-solaire par excellence, qui oblige à planter. des arbres de hautes tiges ou tout au moins ne pas oublier d'imposer que ce arbres soient à feuilles caduques. D'ailleurs déjà quelques pionniers du solaire se sont. plaints de cette ombre portée, antiéconomique que ces arbres faisaient aux bâtiments voisins.

Comme on le voit, l’architecture solaire constitue un progrès de l'art urbain. Elle témoigne de la part de ceux qui s’en occupent, de cette sensibilité, de cette globalité qu’il faut avoir quand on conçoit la ville.

A trop regarder le soleil il faut donc craindre d’être aveuglé et d’oublier les courants d’air.

 

iel ! De quelles nouvelles calamités sera marqué demain !

 

A. GIVAUDAN