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[C8EL--CODE-DE-L-ENVIRONNEMENT-TABLE-GENERALE-PAR-LIVRES]

 

L'organisation des services de l'environnement

 

A. GIVAUDAN

 

( LE 17 SEPTEMBRE 1987 )

ORIGINE ET DESTINATION

Il m’est arrive quelquefois de rêver à une autre organisation interministérielle des bureaucraties concernées par l’espace et son destin. L’exercice était purement gratuit et personnel car personne ne m’a jamais rien demandé de tel. En général quand les sphères supérieures du pouvoir tripotent les organigrammes elles le font sans réfléchir ou demandent un rapport qui viennent habiller leurs intentions cachées qui consistent le plus souvent à faire plaisir à quelqu’un ou à se débarrasser de quelqu’un qui déplaît. Elles changent ainsi volontiers et plus ou moins souvent la poussière de place sans bénéfice pour la fonction bureaucratique concernée. Rares, très rares sont les cas de réorganisation utile et efficace.

Et en ce qui concerne mon papier, il n’était qu’un exercice de révision des organigrammes après six ans en DDE qui m’avaient éloigné de ces inévitables et tristes réalités qu’on ne peut ignorer. Le sujet étant revenu à l’ordre du jour, pourquoi se priver d’y mettre un grain de sel ? En sachant cependant qu’on n’écoute jamais l’avis des enfants.

 

Le ministère de l'environnement existe depuis maintenant seize ans au moins. Sa dénomination, ses structures, son rôle ont beaucoup fluctué pendant tout ce temps mais le fait que l'idée ait survécu par le maintien d'une autorité de rang ministériel ‑ en 1981 et 1986, laisse penser qu'on ne remettra plus en cause son principe et son existence.

Le positionnement actuel de cette administration est sans doute plus satisfaisant que par le passé mais il est fragile et à la merci du premier remaniement ministériel venu. Quant à la structure proprement dite des services couverts par l'environnement, elle est tout aussi mauvaise qu'avant car les éléments les plus contestables de l'organisation centrale de toutes les administrations touchant à l'environnement n'ont pas fondamentalement varié en 15 ans.

Il convient d'ajouter que les prolongements externes du ministère de l'environnement ‑ dans les services extérieurs ‑ sont tout aussi insuffisants qu'avant et ne répondent pas aux attributions qui lui sont dévolues.

Les réflexions antérieures, dont j'ai eu connaissance, sur l'évolution du bloc des administrations principalement impliquées dans l'environnement montrent que les problèmes sont assez bien vus et que nul n'est vraiment satisfait de la situation actuelle. Toute réorganisation sérieuse passe nécessairement par des rectifications sensibles de frontières dans les structures et le fonctionnement d'un ensemble constitué de services appartenant à l'agriculture, l'équipement, l'environnement, l'industrie, et à un degré moindre la santé publique.

Il faut envisager ces rectifications sans trop d'a priori et de réalisme pour aller de l'avant. C'est l'objet de la présente note.

 

1. La notion d'environnement et ses différents objets

Sa nature complexe ‑ dont la traduction empirique dans des structures administratives ne contribue pas à rendre plus accessible ‑ n'empêche pas de discerner quatre sorte d'objets à l'environnement

‑ L'ENVIRONNEMENT BIOLOGIQUE

‑ L'ENVIRONNEMENT CHIMIQUE

‑ L'ENVIRONNEMENT PHYSIQUE

‑ L'ENVIRONNEMENT HUMAIN

Cette façon d'analyser la notion n'est pas originale ; elle est même tellement évidente qu'on ne la pousse pas jusqu'au terme qui permettrait d'en tirer des conséquences administratives.

L'environnement biologique

Il est constitué de l'ensemble des espèces vivantes (animales ou végétales) qui vivent sur un territoire donné, en équilibre plus ou moins convenable. L'administration responsable de l 'environnement biologique regarde la vie et intervient pour la maintenir.

L'ENVIRONNEMENT CHIMIQUE

Il englobe l'ensemble des rejets produits par les. activités humaines de nature à modifier ‑ plus souvent en mal qu'en bien l’écosystème des êtres vivants. Ces rejets étant véhiculés par des fluides ‑ l'eau et l'air ‑ c'est au travers de leur observation que l'environnement chimique est essentiellement saisi, et leur gestion oblige à remonter aux causes pour agir sur lui.

L'environnement physique

Il s'attache essentiellement aux modifications physiques et morphologiques de l’espace ‑ généralement induites par l'homme ‑ et son action est tournée vers l’objectif d'en domestiquer les manifestations, notamment en matière de localisation, à défaut de pouvoir agir sur les causes qui sont le produit de la vie économique et sociale.

L'environnement humain

En tant qu'objet d'administration, il peut avoir deux sens

Le premier s'attache aux effets ( sur l'homme et les sociétés variées qu'il constitue ) des modifications biologiques, chimiques ou physiques des milieux. Son objet est la thérapeutique ‑ préventive ou curative ‑ de ces effets.

Le second s'attache aux rapports de l'homme et des sociétés qu'ils constituent, avec les agents politiques, économiques, administratifs qui agissent dans les domaines du biologique, du chimique ou du physique et son objet est la communication entre les citoyens, et les autorités. C'est ce second sens que nous retiendrons pour le terme d’ “ environnement humain ”, le premier sens se rattachant respectivement aux trois premiers objets.

Au regard de cette classification sommaire mais juste, les structures administratives sont inadaptées. Aucune d’elles n’a véritablement en charge la gestion de l’un de ces objets. Il y a des lacunes et des doubles emplois manifestes. Les rattachements sont aléatoires et le ministère de l'environnement n'a jamais disposé d’un réseau administratif cohérent, de nature à lui permettre d'agir en profondeur, avec continuité et discernement dans ces domaines qui sont naturellement les siens, puisqu'on l'a créé sans se soucier de revoir les administrations qui lui préexistaient et qui avaient, sous des formes et à des degrés variés ces différents objets de l'environnement en charge.

Il faut essayer de parcourir rapidement le panorama des incohérences.

 

2. l’incohérence Administrative.

L’environnement biologique est éclaté entre deux administrations au moins, la D.P.N. et la D.E.R.F et peut être d'autres dont les missions de contrôle ou d'action touchent directement au patrimoine animal et végétal.

La D.P.N. est axée sur la vie sauvage

La D.E.R.F. est tournée vers l'espace exploité ( forêt, aménagement rural .

Cette dichotomie est dépourvue de sens si on veut bien admettre que la vie est un tout sur un espace donné ( et qu'en garantir le maintien, en maîtriser les évolutions négatives, dues à l'homme ou à d'autres causes pour autant qu'on n’accepte pas la fatalité ‑ est un objectif légitime ), une seule administration devrait en être chargée. C'est la meilleure façon d'introniser une autorité visible connue, vers laquelle se tourner, quand on s'interroge sur ces problèmes et d'obliger cette autorité à "être", si elle “ n’est ” guère, puis à agir.

L'objet "vie" ou la finalité “ vie ” ne peut plus ne pas s'enraciner dans les fonctions administratives couvertes par l'administration désignée pour y veiller.

L'ENVIRONNEMENT CHIMIQUE

Il intéresse l'administration de l'intérieur (sécurité), de l'environnement ( D.E.R.P.), de l'industrie, de la santé.

L'action administrative gravite autour de deux pôles majeurs essentiellement les fluides qui portent les pollutions et permettent de les détecter et les sources de pollution qu'il faut surveiller ou tarir.

Nous laisserons le nucléaire de côté ‑ car il a une gestion spécifique ‑ et au moins dans un premier temps, il est meilleur de ne pas compliquer l'action.

Si certains progrès ont été réalisés au niveau central dans l'organisation administrative, l'évolution n'est pas achevée. Au plan local, ( régional ou départemental ) cet environnement n'est pas couvert par une administration digne de ce nom ; il est en charge par des administrations dispersées et insuffisantes, fort peu porteuses d'une politique ambitieuse et suivie, immergées dans le quotidien et le bureaucratique. Aussi périodiquement a-t-on droit à des révélations surprenantes sur des lacunes dans l'application des réglementations.

L'environnement physique, est aujourd'hui moins déchiré qu'autrefois entre administrations. On se souvient des inextricables situations entre DATAR, Equipement ( D.A.F.U., D.U.P.), Culture ( direction de l'architecture ), Agriculture ( D.A.R.S.), Environnement ( D.Q.V.) et même Tourisme. ( Cf. notamment #1975-06-17---H#)

Dans le paysage administratif de l'urbanisme, on a malheureusement remplacé les incohérences organisationnelles bureaucratiques par des clivages institutionnels entre Etat et collectivités locales en sorte que l’Etat doit redéfinir son rôle, sa manière d'être et d'agir, s'il a encore la prétention ‑ et il doit l'avoir ‑ d'intervenir dans ce domaine essentiel. ( Cf. #1998-05-29---H#)

Une remarque s'impose à ce stade sur les risques naturels, qui touchent par définition l'environnement physique, ce domaine devrait logiquement entrer dans le champ de l'aménagement et l'espace plus que de celui des pollutions et des risques technologiques, où il se trouve placé aujourd'hui. Néanmoins, pour ne pas compliquer les choses nous laisserons, dans notre exposé, les choses telles qu'elles sont.

L'ENVIRONNEMENT HUMAIN

Il est éclaté entre D.Q.V. et D.A.U., sans qu'on sache trop comment les compétences sont articulées, avec, dans un passé récent, un activisme générateur de maladresses nombreuses de la première et une passivité mêlée d'initiatives malheureuses de la seconde, en sorte que, dans ces affaires particulièrement sensibles à l'opinion et au politique, on cherche en vain une ligne directrice intelligente susceptible de produire des progrès dans les relations sociales sans sécréter des pollutions juridiques intolérables,

 

Conclusion

L'action de l’Etat, dans ces domaines fondamentaux, dont les résultats se jugent sur le long terme, est donc couverte par une des structures administratives fort peut lisibles, fort peu connues, dépourvues de charisme et de rayonnement, embourbées quelquefois dans un juridique proliférant, peu intelligible ou peu appliqué, on peut s'en satisfaire avec résignation ou attendre un mieux de moyens accrus ou des budgets meilleurs. Ce serait, dans les deux hypothèses une grave erreur.

L'action de l’Etat, dans ces domaines complexes et interconnectés, de plus en plus soumis à des gestions décentralisées, dépend d'abord de sa légitimité et de sa présence intellectuelle et morale, de sa compétence et de la confiance qu'elle peut susciter, donc en définitive de la dignité sérieuse et de la notoriété indiscutée des administrations qui ont la charge de penser, de réglementer, de surveiller, de faire quelquefois ‑ mais de moins en moins ‑ de soutenir, d'aider ou de provoquer, ou punir.

C'est dans une perspective de plus grande ampleur qu'il faut donc penser à un rôle de l'Etat sur l'environnement.

 

3. Le remodelage central

Il était esquissé dans certaines notes et je le reprends volontiers à mon compte en insistant sur les fondements de la légitimité des nouvelles frontières à délimiter.

L'organigramme simplifié ci-joint résume assez bien les objectifs à atteindre.

Avec lui, on atteint la lisibilité qui manque à l'organisation actuelle.

Schématiquement le dispositif nouveau repose sur trois ministères ( Deux autres : l'industrie et la santé, sont également concernés sur les marges et il faudrait étudier en détail la manière de bien les positionner dans le dispositif ou de les rectifier à la marge ) l'agriculture, l'équipement et l'environnement.

Les deux premières ont des éléments non impliqués dans l'opération, (qui figurent cependant sur l'organigramme).

L'objectif est d'obtenir un ministère de l'environnement qui patronne réellement les quatre objets de l'environnement.

On y parvient assez bien en mettant sous l'autorité ‑ et non pas à la disposition ‑ de ce ministère les trois directions qui ‑ plus ou moins bien et plus ou moins clairement ‑ couvrent ces quatre objets.

Ainsi a-t-on :

- Une direction de l'espace rural des forêts et de la nature, qui couvre l'environnement biologique (et son support foncier rural le cas échéant).

Cette entité est créée par absorption de la Direction de la protection de la nature quitte à être légèrement réorganisée pour être perçue et à même d'agir comme vecteur majeur de l’Etat, dans ce domaine particulier.

- Une direction de l'eau, des risques et des pollutions qui couvre l'environnement chimique ‑ et avec les risques naturels, une partie de l'environnement physique ‑ là encore, des adaptations de structure internes s'imposent peut être et une meilleure définition des attributions et des structures en liaison avec l'industrie ( carrières et installations industrielles ) et la santé  eau potable ) s'impose vraisemblablement. Cette direction, par dérogation au principe que nous avons énoncé, doit avoir la pêche dans son domaine, car les poissons sont dans l'eau et, avec les pêcheurs, sont les meilleurs détecteurs de pollution.

‑ Une direction de l'architecture et de l'urbanisme, dont on pourrait peut être revoir les compétences en matière d'architecture ( dont une part me paraîtrait mieux à sa place, au sein de la direction de la construction, mais c'est secondaire ) couvre les objets physiques et humains de l'environnement tel qu'on les a définis, en absorbant la quasi totalité de la D.Q.V.

Cette organisation supprime la D.P.N. et la D.Q.V.

Il ne fait aucun doute que le ministre et le ministère de l'environnement, ainsi pourvus et structurés ont à la fois les moyens et la figure de la mission que comporte leur dénomination.

Du point de vue du fonctionnement administratif :

‑ le ministère de l'agriculture détache la D.E.R.F.N. et la place sous l'autorité du Ministère de l'Environnement, tout en conservant la gestion des personnels. Toutefois, la D.E.R.F.N. reste à la disposition en tant que de besoin, du ministère de l'agriculture.

‑ le ministère de l'équipement procède de même pour la D.E.R.P. et la D. A. U.

La dernière question est de savoir s'il convient de créer un service de l'administration générale au Ministère de l'Environnement pour gérer ses moyens matériels. Ce serait à voir dans un second temps, mais ce serait bon pour pérenniser cette institution.

Il ne fait aucun doute que l'importante question des personnels doit être examinée avec des idées nouvelles.

Il faudrait en quelque sorte que les deux ministères ( agriculture et équipement ) veillent à dégager de leur sein les vocations ( dans les IGREFF, IPC et les autres corps aussi ) pour l'environnement et s'attachent à constituer, en quelques années un vivier d'agents en mesure d'alimenter les structures centrales et extérieures ‑ que nous allons évoquer ci-après ‑ en personnels imprégnés d'environnement et préparés techniquement et psychologiquement, à ses responsabilités.

On sortirait des oppositions schématiques qui ont encore cours.

On éviterait cette impression ‑ désagréable et nuisible ‑ que l'administration de l'environnement n'est qu'un aiguillon ou du poil à gratter, composée de minorités marginales.

Cette nouvelle structure donne le poids qu'il convient, en rapport raisonnable avec les responsabilités assumées et supprime des doubles emplois nuisibles à l'efficacité.

 

4. La difficile question des services extérieurs

D'emblée, je dirai que les informations dont je dispose ne me permettent pas d'avoir une opinion figée sur les meilleures structures. Cette question doit être plus méthodiquement regardée. Néanmoins quelques convictions s'imposent.

 

41. Remonter le courant

Avec la décentralisation les services extérieurs ont doublement régressé en responsabilité, au bénéfice des collectivités locales d'abord et du préfet ensuite.

On ne peut spéculer sur des hypothèses d'organisation qui remettraient en cause ces deux effets majeurs.

On ne peut ignorer cependant leurs conséquences négatives dans le domaine de l'environnement plus que dans tout autre ‑ et sur trois au moins des quatre objets ci-dessus.

La préoccupation d'environnement, qu'elle soit regardée sous l'angle biologique, chimique ou physique, peut être bien plus facilement occultée ou niée dans le régime administratif nouveau que précédemment. Cela ne veut pas dire qu'elle le sera toujours, systématiquement et nécessairement.

Il ne fait aucun doute en effet, dans les circonstances où cette préoccupation contrecarre des initiatives locales ‑ légitimes, à court terme défendables, ou avec des effets nuisibles peu spectaculaires etc... ‑ que les services extérieurs, administrativement responsables de faire des objections, dans l'état de subordination morale où on les a placés, sont bien moins en mesure qu'avant de défendre ‑ voire d'afficher ‑ des positions discordantes, par rapport au préfet ou aux élus locaux. Le silence administratif risque de s'épaissir un peu plus chaque année.

Les administrations centrales ont un rôle majeur dont elles ne semblent guère avoir conscience, pour combattre cette évolution et restaurer le moral des agents et la légitimité d'enjeux qui peuvent complètement échapper à la conscience locale.

A cet égard, une administration centrale de l'environnement, bien charpentée et bien identifiable est une condition du retournement.

Cela dit ce n'est qu'une condition nécessaire. Sans réseau et sans ramifications locales, les services centraux sont inopérants, sauf à disposer de fonds très importants à distribuer ( ce qui ne peut être une hypothèse à retenir ).

La seconde condition nécessaire est donc dans l'existence de services extérieurs bien assis, bien alimentés, soutenus...

‑ assis dans leur légitimité pour parler et agir

‑ alimentés en doctrine claire et en objectifs publiquement affichés...

‑ soutenus quand les positions qu'ils peuvent être amenés à prendre déplaisent...

Il faut donc qu'ils remontent le courant et ils ne le remonteront pas seuls.

 

42. La tâches des services extérieurs

Le sujet n'est pas simple à aborder car les représentations locales (départementales, régionales. ou interdépartementales ou inter -régionales ) obéissent à des principes anciens, corriges par des aménagements récents et étrangers à toute préoccupation de cohérence globale.

Sont concernés :

‑ dans les départements : la D.D.E., la D.D.A., la D.A.S.S., le S.D.A. A.B.F.), le service des installations classées ;

‑ dans la région : D.R.A.E., D.R.E., D.R.A.F., S.R.A.E, D.R.I.R.

‑ au dessus de ces niveaux, en certains endroits, les services de la navigation.

Il devrait être clair que l'environnement biologique, tel que nous l'avons défini, devrait relever essentiellement des services de l'agriculture.

L'environnement physique, sans qu'il soit à ce stade utile d'entrer dans plus de détail, relève du pôle D.D.E., S.D.A., D.R.A.E., le D.R.E. n'étant pas beaucoup impliqué.

C'est le domaine de l'environnement chimique qui est le plus mal fichu, par sa disposition, ses chevauchements, son inexistence institutionnelle caractérisée.

C'est sur lui qu'il faut concentrer l'attention, le souci de réduire les interférences absurdes avec les autres services.

Une solution vient alors immédiatement à l'esprit : celle de créer une direction départementale de l'eau, des risques et des pollutions, homologue local de la direction centrale et de confier aux services régionaux ou interdépartementaux les seules tâches qui ne peuvent être fonctionnellement assumées par le service départemental.

On trouve donc dans la D.D.E.R.P., tous les problèmes :

‑ de police des eaux (sauf sur les cours d'eau domaniaux gérés par un service supérieur) et de pêche ;

‑ de risques, technologiques ou naturels (sauf nucléaire)

‑ de pollutions et d'installations classées

Cette Direction serait composée des éléments de services départementaux épars dans les administrations locales (D.D.E., D.D.A, préfectures, D.D.A.S.S.).

Resterait cependant, dans un premier temps ( mais on pourrait en décider autrement ) les unités de la D.D.E. et de la D.D.A. spécialisées dans la maîtrise d'oeuvre des réseaux d'eau et d'assainissement ( travaux et exploitation ), mais à terme, ces service gagneraient à rejoindre la D.D.E.R.P.

Je manque d'éléments pour suggérer des retouches aux niveaux au-dessus. Quoi qu'il en soit les administration régionales ou interdépartementales doivent avoir :

‑ des compétences de gestion ‑ si elles en ont ‑ très précisément définies, ( par opposition aux administrations départementales qui ont une compétence générale et ouverte ) ;

‑ des responsabilités d'animation, de conception, de coordination de nature à encadrer et rabouter les actions départementales.

On aurait ainsi créé les ramifications indispensables à l'action de la D.E.R.P. et ancrées, dans une structure identifiable localement, l'administration de l'environnement chimique, aujourd'hui introuvable.

Les conséquences négatives, sont essentiellement dans un affaiblissement nouveau des D.D.E., D.D.A., D.D.A.S.S., déjà éprouvées par la décentralisation.

Les conséquences positives sont dans la perspective de mettre en place des débouchés, aux agents de corps et d'administrations différents, intéressés et motivés par l'environnement chimique de mettre fin a des situations conflictuelles ou compliquées, d'offrir un interlocuteur unique aux collectivités et aux usagers.

Les conséquences ‑ neutres mais à assumer ‑ sont aussi dans la gestion des hommes et des moyens de cette nouvelle administration départementale.

 

5. CONCLUSION

Si cette voie mérite d'être mieux dessinée, il faut passer en revue ‑ rapidement mais largement ‑ les différentes configurations locales pour apprécier son réalisme et ses impacts.

Cette revue ne doit pas exclure d'envisager des évolutions, (en vue de renforcer leurs responsabilités, leurs moyens ou leur légitimité), des services extérieurs existants, avec l'arrière pensée que les missions d'Etat, plus encore que dans le passé, ne survivront et ne seront exercées que si ces services conservent ou retrouvent leur individualité et leur personnalité et échappent à la fusion dans un magma d'administration préfectorale privée de toute initiative.

 

ANTOINE GIVAUDAN