$ZRPDA-W0FC$     Consulter le site :      écrire :  

 

DROIT PRATIQUE DE L'URBANISME

 

Critique du livre de MM. CHABANOL ET COMBREXELLE

 

LE DEPOT LEGAL PORTE LA DATE DE MARS 19988

Mon texte a dû paraître, en 19988, dans ENA- mensuel

 

 

ORIGINE ET DESTINATION

Je n'écrirais sans doute pas tout à fait ainsi maintenant même si je n'ai rien à redire de ce que j'écrivais voici 15 ans. A l’époque, je ne fermais pas toute porte à toute espérance.

Par ailleurs, les auteurs étaient deux magistrats et je n'avais pas encore le sentiment que cette confrérie était atteinte "d'incontinences juridictionnelles".

Avec ma règle de ne pas mentir et de ne jamais manifester d'excès de complaisance, la préface que je serais tenté d'écrire spontanément aujourd'hui serait inacceptable malgré l'intérêt du livre et sans viser spécialement les auteurs.

 

 

Voici un ouvrage de plus sur le droit de l'urbanisme. Il a tout pour plaire à l'amateur de subtilités infinies, tant les efforts conjugués de législateur, du Gouvernement ou du juge viennent chaque année enrichir le contenu et l'interprétation des textes. Il est bien loin le temps ou 1'espérance de réduire raisonnablement la complexité de cette branche du droit, quotidiennement pratiqué par des milliers de personnes publiques ou privées pouvait être un objectif. Peut-être est-il définitivement révolu ?

 

Aussi., faut-il savoir gré à nos deux camarades, Conseillers de Tribunal Administratif, d'avoir apporté leur tribut à la compréhension de cette législation. Ils ont eu l'heureuse idée, originale aussi et non dépourvue de sens pratique, de juxtaposer l'essence du droit écrit de la loi ou du règlement au droit issu de la jurisprudence et de concentrer leur effort sur des aspects essentiels et courants. D'habitude, seule la référence jurisprudentielle vient à l'appui de l'interprétation du texte ou, à l'inverse, on a devant soi un recueil de jurisprudence très élaboré. Dans les deux cas, il faut une solide culture, en la matière, pour relier les différentes sources du droit.

L'ouvrage de Daniel Chabanol et de Jean-Denis Combrexelle évite l'écueil, au prix naturellement d'un parcours du Code de l'Urbanisme au galop. L'esprit le moins averti comprendra ce qu'on lui raconte et trouvera souvent la réponse à ce qui le tracasse.

 

La commodité, objectif du livre destiné notamment aux autorités décentralisées, semble atteinte.

Il est moins sûr qu'elles en fassent grand cas. Il en va de l'utilisation du droit comme du combat. Quand le soldat opère en ambiance chimique, il passe des vêtements spéciaux. Quand l'autorité administrative, surtout décentralisée, opère en "ambiance contentieuse", elle trouve des vertus au droit. Cette ambiance particulière n'est quand même pas très répandue. Aussi, est-on devant le paradoxe d'un droit de plus en plus raffiné et peut-être de plus en plus subsidiaire qui réapparaît cependant, dans sa majesté monstrueuse, quand l'horizon s'assombrit de recours.

 

A. GIVAUDAN