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INSTITUT D URBANISME DE CORSE

EXPOSE

SUR

L’AMENAGEMENT DE LA CORSE

 

A. GIVAUDAN

( 26 Octobre 1990 )

 

ORIGINE ET DESTINATION

Ah ! La Corse, cette île qui connaît tous les secrets de la désespérance.

Un vieil et fidèle ami m’a invité plusieurs fois à intervenir en Corse, devant un petit public d’élus locaux et de quelques fonctionnaires, grâce à l’institut d’urbanisme qu’il essaie de faire vivre pour informer les gens de ces choses complexes.

En 1990, le schéma d’aménagement était à l’ordre du jour. Il l’est encore.

Je me suis moins permis de faire l’exégète de textes absconses que de parler d’aménagement proprement dit.

Ce fut une occasion de présenter, sans la nommer, ma doctrine de l’offre publique d’espace ( Cf. [1995-11-02---H-L-OFFRE-PUBLIQUE-D-ESPACE] ).

La discussion fut animée et particulièrement vivante, intelligente et lucide. Aussi bien à Bastia qu’à Ajaccio, puisque je fis deux fois l’expérience – voire une troisième, devant un plus large public, ce qui fit trembler certains personnages qui affectionnent plutôt la langue de bois.

Contrairement à ce que j’imaginais, il me sembla que la démarche proposée soulevait chez certains, comme le désir ou la nostalgie d’un monde moins paralysé par ses propres fantasmes.

Il se peut que si l’on tenait un autre langage à la Corse, elle verrait son destin autrement, la minorité irrédentiste mise à part.

Il n’y a donc guère d’espoir qu’elle change de cap et se dégage de ses ornières, décentralisation, autonomie ou n’importe quoi.

 


{On lira la loi de  2002, ( Cf. #CCL20020092#), tout aussi inutile que les précédentes et les futures, qui ne satisfait que l’ego d’un pouvoir central incapable de regarder la réalité en face, victime depuis plus 20 ans de prétentieuses illusions ou de coupables mensonges. Et d’un pouvoir local qui utilise les circonstances et les faiblesses humaines pour accaparer des crédits et des prérogatives dont il ne fait rien au lieu de prendre son destin en main. 06.07.2003. AG ]


L’AMENAGEMENT DE LA CORSE

 

Je remercie Maître MUSSO de m'avoir invité à vous parler. Mais quelle qualité ai-je vraiment pour le faire ? Est-ce que je connais seulement la Corse même s'il m'est arrivé d'y venir plusieurs fois et même si j'ai eu l'occasion de connaître, dans les années 70, certains de ses problèmes d'aménagement.

Quoiqu'il en soit, je vous dirai ce que je pense de l'avenir de l'aménagement dans cette région et nous pourrons ensuite en discuter.

J'aborderai  3 points :

·un schéma?  pourquoi ?

·peut-on prendre le problème autrement ?

·où l'on retrouve l'aménagement !.

 

1. Un schéma ? pourquoi ?

11. La législation française

L'aménagement est régi par le Code de l'urbanisme qui prévoit depuis longtemps l'établissement de plans destinés à organiser le développement urbain dans l'espace. Depuis la décentralisation, le système a un peu évolué mais on trouve [toujours]:

·les schémas directeurs, applicables à des ensembles de communes

·les plans d'occupation des sols.

Ces documents sont établis par les communes et doivent respecter les principes édictés par les lois d'aménagement; en Corse, s'appliquent à la fois les lois sur la montagne et le littoral.

Dans deux cas particuliers, la loi prévoit des schémas régionaux.

Il y en a un pour la région Ile de France, ( 10 millions d'habitants, 12.000 km2) et la Corse ( 250.000 habitants 8700 km2 ).

Le schéma de la région Ile de France est établi et approuvé par l'État. Celui de la Corse, doit être établi par la région et approuvé par elle. L'Etat peut s'y substituer en cas de carence.

L'établissement d'un schéma s'impose quand la vigueur du développement est telle qu'il faut canaliser l'urbanisation, éviter que tous les espaces libres se bouchent, localiser les grands équipements nécessaires, protéger des espaces naturels.

Un schéma est inutile sur le vide, quand il ne se passe rien, quand l'espace est largement suffisant alors que le développement urbain est lent et de faible importance.

A quoi peut bien servir un schéma dans ces conditions ? Il sert éventuellement à occuper les esprits car il ne permet pas, à lui seul, de remplir le vide, de créer du développement urbain.

I1 y a eu un schéma pour la Corse aux environs des années 1970 fondé essentiellement sur le développement touristique.

I1 y a eu d'autres rapports, d'autres plans, d'autres schémas annoncés dans les années 70. Sans succès apparent.

Après 82, l'État a confié à la région Corse la compétence d'en établir un.

Nous sommes en 1990 et il n'y en a toujours pas et je crois que cela peut continuer indéfiniment, sans trop de mal, car je ne vois pas le moteur du développement, dans l'île, qui justifie impérieusement un schéma.

Supposons cependant qu'il ait été établi.

Il faudrait donc le mettre en oeuvre.

Ce serait la responsabilité des communes et de la région, qui auraient à envisager une politique foncière, des investissements d'infrastructures à localiser des espaces urbanisables, à édicter des protections puis à attirer ou laisser venir l'urbanisation.

Pour agir ainsi, il faut des moyens techniques conséquents. I1 ne semble pas beaucoup y en avoir.

I1 faut également des moyens financiers importants et quand on connaît un peu la situation du budget de l'État, on sait bien qu'il ne faut guère en attendre grand-chose.

Par conséquent, l'établissement d'un schéma peut faire plaisir ou apporter une satisfaction intellectuelle ou politique. I1 ne crée aucune dynamique, aucune ressource. Il peut même soulever des problèmes qui n'existent pas.

C'est la raison pour laquelle je crois un schéma inutile, voire trompeur, et que si on attend de son approbation, un renversement de la tendance, on attendra longtemps.

Il faut donc poser le problème autrement.

 

2. Prendre le problème autrement

21. Quel moteur pour le développement ?

Dans l'île, la dynamique démographique est faible, la population est plutôt âgée et mal répartie. Ce sont plutôt des faiblesses  mais on peut en faire des atouts.

La pression démographique ne pousse pas à l'établissement d'un schéma mais si cette pression existait, la situation serait encore plus difficile sans qu'un schéma apporte de solution. On connaît bien cette situation dans beaucoup de pays, plus au Sud.

Quel moteur pour le développement ?

Le sous-sol ? il n'y a rien .

L'industrie ? Pourquoi viendrait-elle ici ?

L'agriculture ? pourquoi pas ? Climat et latitude s'y prêtent mais l'évolution de l'agriculture en Europe se passe parfaitement de la Corse. Un développement agricole n'y créerait pas de changements radicaux, dans l'économie même s'il ne faut pas en négliger l'impact local.

Il reste donc le tourisme. On y vient.

Le tourisme, on le veut ou on ne le veut pas, mais il faut faire sérieusement le choix. Il ne faut pas faire des choix qui n'en sont pas.

J'ai lu dans les rapports qu'il y avait 22.000 lits d'hôtel en Corse. Il y en a 260.000 aux Baléares, qui ont fait le choix touristique, sur une île bien plus petite.

Les chiffres clefs sont actuellement les suivants pour la Corse:

·60.000 lits d'hébergement divers,

·20 millions de nuitées par an,

·Le projet de schéma, établi par la région, extrapole la tendance actuelle,

·et prévoit 90.000 lits sur dix ans ( + 50 % ), localisé s dans des unités d'aménagement touristique.

C'est apparemment raisonnable.

En réalité, c'est un objectif peu réaliste.

Avec la lenteur avec laquelle les décisions nombreuses seront prises, il est probable que l'objectif ne sera pas atteint facilement.

Il est également probable que ce développement sera dilué dans l'espace; si on y ajoute l'insécurité publique et l'insécurité administrative sur le respect des délais, dans l'exécution des projets d'infrastructures notamment, qui relèvent de la puissance publique, il n'en résultera aucun effet économique décisif.

On aura en dix ans, quelques opérations, par ci par là.

Le schéma en projet, ( s’il parvient jusqu’à une approbation ), veut donc sans vouloir.

Le tourisme, on doit le vouloir pour qu'il vienne ; le tourisme Ca se mérite et ça se domestique.

Avec le schéma tel qu'il est, un tourisme viendra, avec moins d'avantages que d'inconvénients, et des foyers de tensions plus nombreux.

 

22. Un autre moteur touristique. pour une autre politique d'aménagement

La Corse a une superficie de 870.000 hectares ; 1/3, soit 110.000, ne sont pas ruraux, selon les informations que j'ai lues.

Je propose de sacrifier 1000 hectares au développement touristique et je vais vous décrire un scénario différent.

A. L'hYpothèse touristique

1000 hectares ‑ payés 100 F/m2, sous une forme ou une autre, c'est 1 milliard de liquidités injectés dans l'île.

1000 hectares a une densité de 0,5, c'est 5 millions de m2.

5 millions de m 2, assujettis à une contribution publique de 1000 F/m2 destinés à financer des équipements, c'est 5 milliards de ressources pour l’investissement.

5 millions de m2, à un prix de revient de 5000 F. pour prendre un chiffre bas, c'est 25 milliards pour les activités du Bâtiments et de Travaux publics

5 millions de m2, à 30 m2 par lit, c'est 150.000 lits et 150.000 lits, occupés 100 jours par an, c'est 15 millions de nuitées ( Il y en a 21 aujourd'hui ).

Un tel investissement, étalé sur 20 ans, ne présente pas tellement d'intérêt pour les investisseurs ni pour l’économie. Qui dit étalement dit absence de maîtrise déterminée de l'évolution et des problèmes. L'étalement, par ailleurs, ne crée pas l'obligation de domestiquer l'afflux touristique, et sans cette domestication, le risque d'aggraver la situation est plus grand encore.

Il faut donc se donner les moyens de réaliser le programme en six ou sept ans, avec les conséquences suivantes:

·       coup de fouet à l'économie

·       obligation de domestiquer l'afflux

·       intérêt des investisseurs.

B. Quel tourisme ?  pour quels effets ?

Le tourisme actuel est une industrie lourde.

Il a besoin d'infrastructures sérieuses, qui garantissent une bonne accessibilité planétaire.

Il implique des aménagements de qualité et des services nombreux et de qualité aussi. C'est beaucoup plus que du lit pour dormir.

Il fonctionne avec des séjours plus courts.

Il doit, pour être rentable, drainer toute l'année le marché international.

C'est une industrie de professionnels importants, pas d'amateurs éclairés ou de dilettantes. Ce n'est pas un complément d'activité, c'est une activité pleine et entière.

Il provoque un afflux important de populations externes qui peuvent vivre en milieux fermés ou en milieux ouverts sur la vie locale, selon les options qu'on choisit et il faut choisir.

I1 a des retombées sur toute l'économie, sur l'agriculture, sur les petites industries locales qui peuvent y trouver un marché, sur les services très variés qu'exige la clientèle nouvelle...

Avec un tel tourisme le restaurant de l'hôtel Campo del Oro serait ouvert à minuit, plusieurs mois par an.

Tel est le nouveau moteur de l'économie locale.

Avec le schéma projeté, et ses Unité d’Aménagement Touristique ( U.A.T )., dans quinze ans, il y aura quelques unités touristiques mais aucun changement de vitesse. 

 

23. Comment concevoir et mettre en marche le nouveau moteur ?

On dit que la Corse a une vocation touristique, l'insécurité mise de côté.

C'est à voir. I1 faudrait d'abord s'en assurer avec une étude sérieuse du marché international du tourisme, afin de savoir quel intérêt objectif, l'île présente pour lui.

Si la conclusion est positive, ce qui est probable, il faut choisir et choisir sans ambiguïté, un objectif ambitieux. C'est l'affaire des Corses et d'eux seuls. Ou bien ils préfèrent en rester au marasme actuel et ils n'ont plus qu'à s'en prendre à eux-mêmes, ou bien ils affichent une politique déterminée. A eux de fixer la manière de faire ce choix, qui doit donner lieu à un grand débat, à des consultations variées. I1 faut qu'une fois fait, le choix soit légitime, adopté par une large majorité des esprits, dans la clarté et l'honnêteté.

Supposons l'objectif ambitieux admis et le scénario que j'ai décrit ci-dessus n'a été donné que pour illustrer ce qui pourrait être imaginé.

I1 y aurait alors deux phases distinctes dans sa mise en oeuvre, l'une de sélection, l'autre d'action.

A. Sélection.

Il conviendrait alors d'ouvrir une large consultation des groupes, nationaux et internationaux, agissant dans l'industrie touristique, en leur tenant 1e discours suivant:

"La Corse est à vous. Choisissez les sites que vous voulez, à l'intérieur comme sur le bord de mer, oubliez les lois sur la montagne et le littoral. Remettez les dossiers d'opérations qui vous paraissent les meilleures pour vous. Nous en sélectionnerons un certain nombre" (par exemple 30, 40, ou 50, peu importe).

Si la Corse a une vocation touristique, la puissance publique n'aura que l'embarras du choix sur de pareilles bases.

Le "Comité de Sélection" verrait ainsi affluer des projets.

Je pense que cette solution doit se faire dans une institution ad hoc qui associe l'État et la région, pour des raisons de compétence, de transparence et d'honnêteté.

Quand on ouvre une pareille manne, il est meilleur que le coffre ait deux serrures et deux clefs, l'une aux mains de la région, l'autre dans celles de l'État ( 1 ). Je n'ai qu'une confiance limitée dans la vertu des hommes.

( 1 ). Je n’ai pas osé dire  “ s’il existe encore ” mais je l’ai pensé.

Le choix ne peut se faire que selon des critères complexes, objectifs (impact sur les sites, dessertes, etc...) et subjectifs ou volontaristes ( Corse du Nord, Haute-Corse, littoral, intérieur, etc...). A partir de ces choix, un schéma se dessinerait de lui-même: dessertes externes par air et mer, desserte insulaire interne des sites, etc... et retombées urbanistiques inévitables à prévoir... de la réalisation d'un programme ambitieux.

B. La mise en oeuvre

Je la vois de la même façon et pour les mêmes raisons, sous la responsabilité des communes, de la région et de l'État.

Un tel programme implique:

·une politique foncière active et intelligente

On ne réalise pas, quelque part, une opération d'urbanisme, sur 100 hectares, sans déclencher des mouvements divers. L'effet classique est un développement urbain anarchique aux alentours lié à la réalisation des infrastructures. Il faudrait, au contraire, aboutir à ce que l'opération reste dans un écrin, par des acquisitions foncières dix à vingt fois plus importantes que nécessaires, aux environs, afin que l'urbanisation permette une mise en valeur de la nature à l'abandon...

·une politique d'infrastructure

Cette politique sera financée par la contribution payée par les investisseurs.

Elle concerne tous les équipements habituels ( aéroports, routes, ports, eaux, effluents etc...)

On ne peut attendre que des investisseurs s'engagent dans des opérations importantes, en contribuant aux financements, sans avoir des garanties solides et éventuellement un droit à indemnité ( en cas de revirement politique, si les autorités publiques ne tiennent pas leurs engagements dans la nature des réalisations nécessaires e t les délais ).

Il s'agit, en quelque sorte d'un vaste contrat, à respecter par les deux parties.

La présence de l'État, inévitable pour des raisons fonctionnelles et techniques, s'impose comme stabilisateur et garant, n'en déplaise aux chantres décentralisateurs.

·La domestication de l'afflux touristique

C'est le troisième volet, qu'on néglige souvent partout et qu'on ne peut négliger en Corse, sous peine d'un rejet fatal.

Cette domestication doit prendre au moins deux voies.

La participation ou l'intéressement des corses eux-mêmes à l'enrichissement général.

C'est envisageable à partir du foncier, souvent en indivision d'ailleurs; ça se négocie. La présence du capital corse dans l'investissement immobilier est nécessaire. C'est conserver, en le partageant, le pouvoir sur ce qui se fait et assurer aux Corses une part des fruits ou des revenus.

C'est également envisageable dans l'immobilier et les services. Aux professionnels corses, dans ces domaines, de saisir la chance qui passe. Ce sont les mieux placés même si la liberté d'établissement doit être respectée et permettre à d'autres d'y venir.

Seul un programme ambitieux peut réveiller les professions.

L'intégration sociologique de cette afflux

Le rapport du projet de schéma emploie une expression anodine, mais intéressante. Il parle de "pression humaine acceptable", pour limiter à des objectifs raisonnables le développement touristique.

La pression humaine n'est jamais acceptable quand on ne supporte pas que d'autres viennent chez vous.

L'île est presque vide; des villages sont pratiquement morts. Le tempérament corse est hospitalier. Alors ?

Alors, il faut penser au problème puisqu'il existe et naturellement ne pas considérer qu'il peut se régler tout seul.

Un programme touristique ambitieux est inséparable d'une réflexion et de mesures spécifiques destinées à résorber les tensions, si on en prévoit.

 

3. Où l'on retrouve l'aménagement

L'injection massive, sur une période courte, d'importants investissements, en 30 ou 50 endroits, retomberait en pluie sur toute la Corse, créant ici, une forte pression d'urbanisation, ailleurs une pression plus diffuse.

On retrouve alors l'utilité des schémas et des P.O.S, voire des lois d'aménagement, suspendues aux lieux d'implantation des grandes opérations, quoique ces lois, comme les directives dont elles sont issues, ne m'ont jamais beaucoup plû.

Il faut sans doute des schémas directeurs, dans les ensembles de communes où les retombées probables peuvent être très importantes; il y aura besoin d'urbanisation, d'infrastructures, de logements, création d'emplois... cela doit s'organiser dans l'espace sinon...

Le schéma doit essayer de couvrir des régions naturelles, liées par des solidarités psychologiques anciennes ou des nécessités fonctionnelles.

Le schéma peut ne pas aboutir, ni être formalisé. Son élaboration peut être l'occasion d'une réflexion, d'une prise de conscience, d'arbitrages admis, sans être imposés...ni consacrés par une approbation.

Le P.O.S., ensuite, est établi, s'il est nécessaire. Et il est facile de le savoir au travers de l'évolution urbaine actuelle ou à venir que retracent les demandes de permis de construire, les certificats d'urbanisme, etc...

Ailleurs, la “ carte communale ” suffit largement pour orienter et contrôler l'urbanisation marginale.

Mais si développement urbain sérieux il y a, ici ou là, le document d'urbanisme ne suffit pas. I1 faut que les communes en soient bien conscientes. I1 faut agir et devancer l'évolution au lieu d'attendre, en accordant ou refusant des permis. C'est pour elle une obligation que d'avoir une certaine politique d'aménagement.

 

4. Conclusion

L'aménagement de la Corse, dans l'hypothèse où l'île déciderait de s'engager, avec détermination, dans le développement touristique, est la résultante de deux mouvements.

Le premier, du dehors. de l'extérieur, vers l'île. voulu par la Corse et maîtrisé par la région et l'État.

Le second, de bas en haut, des communes aux micro-régions naturelles, organisé sous le régime décentralisé actuel.

Le second mouvement est le produit du premier.

Il serait dangereux d'avoir le premier sans le second mais le second manque singulièrement de raisons d'être sans le premier.

C'est ainsi que je vois l'avenir de votre île et pour ce que j'en sais, je le vois assez mal engagé aujourd'hui.

A. Givaudan