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Billet d'humeur

 

antoine GIVAUDAN

 

( MAI 1998 )

p.62 Diagonal   N° 131. Mai - juin 1998

 

 

ORIGINE ET DESTINATION

J’ai lu dans la revue de la DGUHC, « DIAGONAL » un article irritant par son vocabulaire et ses idées ainsi que d’autres propos qui me paraissaient mal venus. ( Cf.[1998-01-30---H-ARTICLE-POUR-LA-REVUE-DIAGONAL]) J’ai réagi librement et, fait exceptionnel, j’ai envoyé mon papier à la revue qui l’a publié pour partie. Ordinaire et banal.

Sur le fond du sujet concerné on retrouve les discussions de théologiens sur ce que la ville est devenue. L’irritant est de voir présenté des faits prévus et connus depuis trente ans comme des découvertes ( Cf. #1970-06-00---E#) et de le faire sans s’étonner de nos sérieuses incapacités à connaître et à faire un peu mieux chaque année. Comme trou de mémoire on fait difficilement mieux. Heureusement que dans bien d’autres domaines on n’oublie pas tout avec cette facilité

 

 

 

 

“ Quelques lecteurs obligeants réagissent parfois à certaines thèses portées au débat par la revue. Nous les en remercions et publions ici les réflexions de l'un d'entre eux à propos de l'article de Catherine Chavelet publié sur ce même thème de la ville émergente dans le N° 128 de Diagonal, p. 10. ”

Note de la rédaction

 

Si l'article rend compte fidèlement du séminaire consacré à la ville émergente ‑ ce qu'on n'a, a priori, aucune raison de suspecter ‑ il y a lieu de rester sur ses gardes. La sociologie urbaine n'est jamais en manque de voir et d'exploiter des phénomènes “émergents” qui n'échappent à personne, en les affublant de qualificatifs singuliers ou étranges.

Elle permet sans doute à la discussion de rebondir” avant de rechuter dans la “cogénèse”, la ville mobile et sa nouveauté radicale”, sinon de sombrer dans la “ville vide”, dernier avatar sans doute de la modernité, de la post modernité” ou pire encore de la “deuxième post-modernité” comme j'ai entendu récemment prononcer le terme. S'il y a du plaisir pour l’esprit à babiller en ces termes, il importe encore plus de ne pas en être dupe. Aussi bien l'étalement urbain que l'éclatement des fonctions urbaines n'est pas un phénomène “ émergent ” et nouveau. Il était prévu et inscrit dans les perspectives de notre société depuis près de quarante ans. [ ( Cf.#1970-06-00---E#. Cette communication officielle du cabinet du ministre de l’époque ne dit rien d’autre que ce des “ chercheurs ” ont mis dix ans à découvrir et qu’ils re-redécouvrent trente ans plus tard. Il doit être agréable de penser aussi intensément. AG. 04-02-1999 ]. Il n'a pas été très bien maîtrisé dans ses modalités, mais l'eût-on bien maîtrisé que les grands métabolismes urbains de l'époque actuelle ne seraient pas différents.

Aussi, plutôt que d'accorder trop de temps ‑ à moins que ce ne soit pour se divertir en attendant les 35 heures ‑ la pensée active et efficace a bien d'autres objets sur lesquels exercer sa perspicacité. À trop abuser de ces moments ludiques on finit par s'y accoutumer comme à une drogue et par prendre des vessies pour lanternes. Prière de ne pas dépasser la dose prescrite par le médecin !

 

ANTOINE GIVAUDAN

Inspecteur général de l’équipement