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espace individus et societe

 

PREMIER DOMAINE

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THEME 16

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CHAPITRE 162

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SECTION 162B

 

L’INFLATION DES POS

( 10 MARS 1999 )

 

Le hasard a voulu que je m’occupe très tôt des POS et que j’y fasse, en quelque sorte, mes premières armes, avant même qu’ils ne s’appellent ainsi; certains m’en ont ainsi attribué la paternité, alors que je n’ai été qu’une nourrice attentionnée pour qu’ils soient un peu plus que les plans d’urbanisme dont j’avais découvert la fantomatique existence en 1965. Dans la forme, j’ai veillé à ce qu’ils ne dégénèrent pas dans le charabia; sur le fond, j’ai souhaité que leur étude et la connaissance plus intime et détaillée du milieu qu’ils présupposaient, soient l’occasion de préparer un ensemble de mesures convergeant vers la mise en œuvre d’une politique d’aménagement dont ils ne pouvaient être, par nature, que partiellement porteurs eux-mêmes. Mon action administrative et mes propos des années 70 en témoignent surabondamment. Je n’ai jamais prêté plus de forces et mérites aux POS qu’ils ne pouvaient en avoir et n’ai jamais attendu de leurs seules dispositions réglementaires plus de vertu qu’elles ne pouvaient en contenir. Pourtant, par une étrange déformation de la perception, il semble que beaucoup de gens, déçus, non sans raison, par les résultats plutôt médiocres des politiques urbaines décentralisées aient trouvé dans de ce moyen qui date effectivement de plus de trente ans, le bouc émissaire idéal. Il est vrai qu’on n’a guère fait de progrès dans son emploi solitaire et qu’on est encore plus mauvais quand il s’agit de l’associer à d’autres dispositifs. Les « ignorantins » ont ainsi tendance à considérer qu’il n’est pas bon, qu’il est seulement utile en période de développement, que ses promoteurs ou ses « nourrices » ont, par ignorance, empêché l’éclosion d’une véritable réflexion sur l’aménagement dès lors baptisée « projet urbain ». Ils semblent dire : « Il était temps qu’on se libère de cette conception appauvrissante et erronée de l ‘aménagement ! ». 

« Enfin Malherbe vint !…. »

On retrouve là un avatar modernisé d’un vieille rengaine d’architectes insatisfaits en quête d’explications simplistes. ( Cf. #1994-00-00-3-E# accompagnée d’une réécriture falsifiée de l’histoire des années 70 qui oppose un mirifique « projet urbain » nouveau à ce qui entrait alors péniblement en gestation ). [ Cette rengaine, reprise par un chœur de propres à rien comme il y en a tant, aboutit immanquablement à débaptiser l’instrument pour « donner l’impression de faire du neuf ». Notre pays finira par s’étouffer en ingérant autant de faux semblants. AG. 10-03-2000 ]

Le P.O.S., à lui seul, n’édicte qu’une réglementation qui empêche, prévoit ou permet ( protection et conservation de l’état actuel, ( Cf.#1974-04-12---H#) morphologie urbaine, péréquation entre propriétaires, localisation d’équipements ). Il prend donc toute sa force quand il s’accompagne d’une politique foncière ( acquisition, remembrement urbain ), d’investissement public dans les équipements et de conseil à l’occasion des autorisations d’occupation du sol ou des opérations d’urbanisme, s’il s’en fait etc…. Sa mise en œuvre est donc plus que l’application simpliste d’un règlement à des gens qui demandent à faire quelque chose même si c’est le cas dans les affaires simples et courantes.

Pour qu’il en aille ainsi, il faut bien entendu faire un peu travailler ses méninges avant de tracer des traits et d’écrire du droit. Il faut aussi qu’il y ait dans les têtes quelques objectifs d’urbanisme et d’aménagement pour le territoire concerné, quel qu’il soit.

Cette idée élémentaire ne semble pas avoir été bien comprise naguère et ne le semble guère plus aujourd’hui.

 

Le droit édicté par les P.O.S. était, à mes yeux, un droit subordonné à une « PENSEE ORGANISATRICE » de la “ puissance publique ” présumée capable, sur un territoire généralement communal ou infra communal et plus exceptionnellement transcommunal, de donner vie à des volontés diverses venant de tous les horizons, des plus proches aux plus lointains.

C’est pourquoi son élaboration devait être entourée d’un maximum d’information et d’échanges, d’abord entre les administrations et les communes, ensuite entre le “ pouvoir  et les HABITANTS. La campagne d’information de 1974, à un moment crucial où les P.O.S. montaient en régime, était destinée à ancrer l’habitude d’un dialogue vrai entre les parties intéressées ( Cf. #1974-10-15---E#et#1974-12-09---H#, et #1975-02-26---E# etc #1975-04-18---E#).

 

De bonnes études, des documents de qualité, des discussions sincères, de « l’information vraie » devaient ainsi, sans qu’il y ait de ma part d’illusions naïves sur « l’harmonie sociale ” naturelle, permettre d’arbitrer un peu mieux, dans des conditions susceptibles de réduire, autant que faire se pourrait, les suspicions, les mécontentements et les douloureux conflits d’intérêts auxquels l’établissement de n’importe quel POS tôt ou tard se heurterait.

La tâche, qui incombait aux DDE et aux communes, m’a souvent paru démesurée par l’ampleur de son ambition et par sa délicatesse, tant il y avait de choses à faire et de soucis à ne pas négliger.

J’ai comparé pour ces raisons le POS à un antibiotique ( Cf.#1974-04-12---H# ) qui traite les infections. Le POS devait ainsi permettre d’opérer plus sereinement. J’aurais pu le comparer à un anti-inflammatoire ou à un tranquillisant qui, après avoir été élaboré, dans la mesure où les arbitrages arrêtés étaient compris à défaut d’être acceptés par tous dans la joie, donnait aux décisions une base plus objective, en enlevant une bonne part de leur détestable pouvoir discrétionnaire aux autorités.

Devant ces enjeux énormes quel rôle ai-je donc assigné à l’administration de l’Etat ?

Je dis « JE » car les choses se sont bien passées comme cela. Je n’ai reçu aucune instruction du dessus sur les objectifs et la stratégie. Je pouvais en rester à l’administration contemplative ou passive ( Cf. #1995# ) et m’en remettre au sort. Nul ne m’en aurait fait le reproche faute de référentiel idéal prédéfini à respecter. Je pouvais aussi m’investir. J’ai donc choisi de propager une sorte de grammaire ou de syntaxe sans m’intéresser au contenu concret local.

Nous aurions eu en effet bonne mine si nous nous étions mis à regarder le contenu des études locales. Pour en faire quoi ? Donner des leçons d’urbanisme ? Pour pérorer sur le contenu des choix d’aménagement comme tant de « beaux esprits » étaient tentés de le faire. On se serait certainement plus diverti et on se serait donné de la fausse importance en cassant les pieds aux services locaux. A supposer que nous ayons eu les forces de résister à l’avalanche, mais c’était aussi oublier la déconcentration.

Il restait en revanche l’impérieux devoir d’aider les services locaux dans l’apprentissage de l’utilisation correcte de ce moyen aussi brutal que subtil. Cette aide ne pouvait que prendre trois formes :

·    Les pourvoir en crédits

·    Les pourvoir en personnels qualifiés

·    Les pourvoir en connaissance et conscience sur les ressources et les exigences de l’instrument.

Seul la troisième porte était ouverte à mon action.

Aussi, n’ai-je ménagé, avec mes collègues, aucun effort en faveur de l’écriture juridique, vecteur final et apparent de la « pensée directrice » ou « organisatrice » des concepteurs locaux du document. En faveur de la meilleure transcription des idées, avec l’ambition et l’espoir que la plume ne les trahirait pas trop.

S’agissant, dans cette affaire, d’appliquer simplement une loi et un décret très convenablement écrits, malgré quelques petites imperfections, j’avais, en 1972, à peu près le champ libre pour me lancer dans une entreprise d’explications et d’animation qui aurait dû être commencée depuis longtemps. Elle avait pourtant démarré sous mon égide, en 1967-68-69 mais elle avait été ensuite bien délaissée. Aussi mon service s’est-il attaché entre 1972 et 1975 à publier l’ensemble de la méthodologie élémentaire, sous forme d’instructions ou de notes techniques, mises à jour par la suite en fonction de l’évolution du droit et éditées en 1980 en cinq volumes. La grande glose ( Cf.#1981-03-15---H#) fait état de cette production exceptionnelle par son sérieux, sa richesse et ses nuances pour qui veut bien la consulter pour travailler plus convenablement.

C’était naturellement une façon de faire peu digne sinon indigne d’agir aux yeux des “ démocratolâtres ” ou des « nouveaux conformistes » qui se sont bien gardés de la continuer après mon départ. L’Etat n’allait tout de même pas donner des leçons de grammaire ou de syntaxe juridique aux élus du peuple devenus les seuls maîtres des POS décentralisés. Il se contenterait désormais de leur taper sur les doigts en cas d’illégalité.

On doit néanmoins reconnaître que, grâce à M. Patrick HOCREITERE, deux de ces volumes ont pu être réédités plus de quinze ans plus tard. Non sans mal ! Un troisième est resté en panne car il a sans doute paru déplacé à l’Etat de réitérer dans le conseil. Pourtant, quand on connaît la réalité, les POS en ont le plus grand besoin. [ Il a été finalement publié au milieu de l'année 1999 ]

Je regrette qu’on n'ait pas mis les ressources de l’informatique et de l’hyper-texte au service du commentaire du droit et de son utilisation en faisant de toute cette complexe documentation un utile et commode CD Rom. L’Administration centrale, paresseuse, revenue depuis 18 ans à “ l’administration contemplative ”, poussive et passive, regardant avec dédain les efforts passés, dépourvue d’imagination et d’aptitude au service, s’est naturellement bien gardée d’entreprendre un travail pareil.

L’occasion de cette anthologie, qui sera surtout utile aux historiens, me donne donc le plaisir d’évoquer une dernière fois le POS, avant de me taire définitivement. [ Ces propos d’au revoir doivent être des propos d’adieu puisque dans un moment de délire complicateur on n’a pas trouvé mieux que de changer le nom du document ! Le 14-07-2000. AG. ]

1. L’INFLATION DES POS

Dans les années 60, je m’étais exercé moi-même à travailler concrètement sur le POS, en écrivant des règlements, en étudiant quelques dossiers, en essayant de concrétiser la loi... J’ai même fait réaliser, en tant qu’exercice, à des élèves de l’ENPC en 1970, le POS de Dourdan. Je n’ai donc pas été un théoricien et un juriste en chambre mais plutôt un industriel attaché à mettre au point et à promouvoir le prototype d’un produit de première nécessité susceptible de concourir à quelques uns des objectifs assignés par la loi, dans le maximum de clarté, de sécurité juridique et de commodité. Il en résulta le slogan repris dans les dépliants répandus en masse, sur les « quatre objectifs » du POS. ( Cf. #1973-00-00---E#et [1981-04-02---H-DEPLIANTS-PLAQUETTES-ET-AVANT-PROPOS] )

Indépendamment des enjeux urbains proprement dits et des difficultés sociologiques propres à son élaboration, la simple fabrication technique d’un POS m’avait paru d’une grande complexité. Elle exigeait beaucoup de soin, d’attention, de vérifications, de simulations... Les moyens d’études et le temps de travail qu’il fallait y consacrer me paraissaient très importants. Cette découverte n’impliquait pas d’être spécialement génial et chacun l’avait faite.

Quand la responsabilité de mettre en œuvre l’établissement des POS m’incomba, en 1972, il y avait encore assez peu de POS prescrits. On avait consacré l’essentiel de ses forces aux anciens plans d’urbanisme, en les bâclant.( Cf.#1972-12-12---E#)

Puis les choses commencèrent à évoluer. En 1974, le volume était tel que j’étais inquiet car je ne voyais pas comment, avec nos moyens locaux, on pourrait faire un travail de qualité. La tendance au « règlement type », reproduit sans discernement, allait refaire surface, par facilité et nécessité. Au 1er janvier 1975 il y avait déjà 6938 POS prescrits. ( Source :Recueil d’Information Statistique sur l’Urbanisme ou R.I.S.U ). Le problème était d’autant plus préoccupant que les POS qui étaient publiés ou approuvés, ne concernaient pas vraiment les communes où il était impérieux d’en établir au plus vite. On en comprend les raisons et c’était une autre raison de freiner le mouvement inflationniste. Pour la statistique précise Cf. #1999-01-31---C#mais pour être plus concret signalons ici seulement trois chiffres :

 au 1er janvier 1972 il y avait 3314 POS prescrits, au 1er janvier 1973 il y en avait 5243 et un an plus tard, 6254. Il faudrait rapprocher ces chiffres de nos crédits d’études et de nos personnels.

En 1974, le Ministre lui-même signa, sur ma proposition, une lettre aux services pour calmer la poussée inflationniste ( Cf. #1973-05-28---E#et#1974-01-28---E#). Rien n’y fit. Je n’ai jamais bien discerné les causes de cet engouement, qui étaient multiples; en tout cas, elles n’étaient pas dans une idée fixe du service central de faire des POS partout. Comme j’en ai souvent entendu l’allusion.

Je tiens à le dire car on le lui imputa quelquefois, et à moi-même par ricochet, tant il y avait de gens qui disaient n’importe quoi – et il y en a de plus en plus -- , histoire de laisser l’impression que nous agissions comme si nous voulions battre des records.

Quoi qu’il en fut, les POS ont déferlé et ont été appropriés assez naturellement par les élus communaux, ce qui me paraissait un signe très positif.

Toutefois, la vraie question était de faire des documents de qualité :

·protecteur de la nature à conserver,

·canalisateur de l’urbanisation, et catalyseurs des milieux à transformer,

·« anticipateurs » des équipements à venir,

·clarificateur sur le terrain juridique.

 

PUISQUE TELS ETAIENT LES QUATRE OBJECTIFS DU POS.

 

Aussi fallait-il en maîtriser le flux et le volume pour pouvoir susciter des soucis nouveaux dans le contenu et l’élaboration.

Soucis “ techniques ” pour le contenu.

Soucis “ sociologiques ” pour l’élaboration... information, échanges de vues avec les gens, habitude du dialogue vrai ( Cf. #1974-10-15---E#et#1974-12-09---H#)...L’inflation, à ces égards risquait d’être un boulet.

2. LA NORMALISATION JURIDIQUE

Elle a également été la cause d’un malentendu fréquent.

J’ai toujours considéré que l’exigence de clarté et d’objectivité passait par une stricte normalisation de la phraséologie, de la syntaxe et du vocabulaire juridiques. ( Cf. Préceptes 15 et 16, [1983-10-00---H-LE-PETIT-MANUEL-DU-BUREAUCRATE-AMENAGEUR]« LES CONCEPTS NE SE NEGOCIENT PAS » et « L’ININTELLIGIBILITE FAIT PERDRE LA SUPERIORITE MORALE » dont certains « ignorantins » se sont moqués ). Cette discipline n’entrave en rien la créativité... C’est comme si on disait que la notation musicale et les règles de l’orchestration avaient étouffé les génies de la musique. En tout cas Beethoven n’en a pas souffert.

Cette discipline intellectuelle n’indispose ou n’irrite que les imbéciles et les paresseux ainsi que, naturellement, les partisans du pouvoir arbitraire et discrétionnaire qui préfèrent l’obscurité. Elle irrite aussi d’éminents esprits qui ne se sont sans doute pas donnés la peine de méditer sur cet aspect souterrain et subordonné de l’action des services publics. ( Cf.#1980-08-26---E# )

Il semble que cette évidence ait été comprise de travers par ceux qui se sont laissés aller, souvent par paresse, aux règlements types, sans rapport avec cette discipline difficile d’écrire du droit et par d’autres qui y voyaient une manifestation insupportable de l’Etat centralisateur brimant les plaisirs ineffables d’un charabia local décentralisé qu’on appelle parfois aujourd’hui « POS intelligents ».

Quoi qu’il en soit, j’ai fait ce que j’ai pu en faveur de leurs qualités formelles, et jusqu’au dernier moment, puisque c’était un terrain légitime et à notre portée si nous n’étions pas fainéants. ( Cf. [1980-06-18---E-PATHOLOGIE-DES-POS]et [1980-06-18-1-E-POS-TABLEAU-DES-EXPRESSIONS-JURIDIQUES-PURIFIEES] ) sans oublier cette note ( Cf.[1978-12-18---H-LA-MISERE-DES-RAPPORTS-DE-PRESENTATION]) qui en dit plus long qu’un mot d’humeur. ( Cf.#1980-01-17---H#)

 

Le débat est toujours ouvert... ce qui prouve que si l’intelligence, en ce domaine, ne progresse guère, la bêtise ne désarme jamais.

3. POS ET POLITIQUES URBAINES

Voici vingt ou vingt cinq ans, établir le POS était l’occasion d’avoir un regard complet, panoramique et approfondi, à différentes échelles d’espace et de temps, sur la politique urbaine communale à venir et par conséquent d’aller au delà de pisser du droit des sols.

L’occasion aurait pu être mieux exploitée si on avait eu un peu plus de moyens d’études à y consacrer et si « l’inflation » n’avait pas submergé les services locaux.

On pouvait toutefois espérer que cette première étape franchie, les réalités et le souci du travail bien fait reprendraient le dessus, à un rythme adapté aux cycles locaux.

En d’autres termes, il fallait que le POS évolue en fonction de facteurs non seulement ponctuels, mais aussi globaux, en veillant aux cohérences et aux synergies des politiques décidées, qu'il devienne un moyen complémentaire en appui aux autres interventions. Je crains, à l’expérience, que les POS aient plus souvent évolué en fonction d’événements subis, d’illusions ou de prétextes électoraux; de manies et de modes ou de n’importe quoi. ( Cf.#1998-05-27---C#)

L’instrument n’y est pour rien

C’est notre culture qui en est la cause.

Quand cette culture est bonne, le P.O.S. évolue comme il faut. Et il y a des cas heureux mais ils tiennent plus à la providence qu’à une maîtrise des événements, intériorisée collectivement, par les milieux politiques et administratifs.

Il n’y a rien de très génial encore à dire cela. Hélas, l’imbécillité nationale peut conduire à légiférer avec la prétention insupportable de changer les gens ou le cours des choses, c’est à dire à aggraver les difficultés, sans enlever aucun défaut. Nous semblons être dans une de ces périodes-là à la date où j’écris ces mots. Il faut donc s'attendre à quelques absurdités noyées dans un flaque de faux semblants.

 

4. CONCLUSION

Où en est-on ?

La décentralisation a été un générateur de POS superflus ( près de 16.000 actuellement ). Le POS est aujourd’hui moins un instrument d’aménagement qu’un instrument de prise locale de pouvoir.

Il est regrettable qu’on n’ait plus aucune idée de leur contenu global ( superficie des zones notamment ), qu’on ne sache plus comment ils évoluent et comment l’espace se remplit. L’administration s’en fout. Il est sans doute “ ringard ” ou “ anecdotique ”, comme on dit quand on veut justifier ses propres turpitudes et son incapacité d’agir ou de penser sérieusement, de s’attacher à le savoir. Ainsi parle-t-on d’étalement urbain ( Cf.#1999-07-02---C#) sans être en mesure de citer le moindre chiffre sérieux à ce sujet ni proposer la moindre proposition sensée.

Il est aussi regrettable que l’évolution urbaine qui ne cesse jamais, ne soit pas devenue l’objet et l’occasion d’une mise en œuvre orchestrée de tous les moyens de la politique d’aménagement dans laquelle l’élaboration du POS autrefois, puis ses modifications ou révisions aujourd'hui, auraient été le moment prémédité de mettre en branle des actions de concert pour les quelques années à venir ( Cf.#1968-10-18---H#).

Les vieilles idées n’ont pas vieilli !

Enfin, sous le régime du POUVOIR SEPARE, INSTAURE PAR LA DECENTRALISATION, il est hors de question d’espérer un progrès de la clarté du droit, qui n’est possible que par la transmission et l’accumulation d'une exigence de savoir et de sensibilité à la qualité du droit.

 

Mais qui peut dire maintenant à des élus de travailler mieux, ou de moins saloper le boulot ?