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LE CODE DE L’URBANISME

SELON

URAME

 

[00A9--LECTURES-DU-DROIT-AVEC-URAME]

 

 

 

 


7010

 

On dira tout ce qu’on voudra pour se rassurer ou se faire plaisir mais qui soutiendra, malgré les dénégations de parlementaires de la majorité d’aujourd’hui, au Sénat **, qui ne semblent pas vouloir se déjuger, que la loi 2000-1208 n’est pas un désastre pour le travail communal.

Et pourtant, on n’ose pas abroger, on complique sans le savoir, on avance les yeux fermés sur les absurdités comme si la qualité de la conception et des décisions d’urbanisme allait dépendre de la loi.

Chacun y est donc allé de sa petite idée, y a pris grand plaisir, en a redemandé avec volupté ; nous avons assisté à un orgasme législatif exemplaire, prévu, ( Cf. [1820--L-ETAT-DE-DROIT-DE-LA-GLORIFICATION-DU-MYTHE-A-SA-REGRESSION-CHAP-182] ) avant même le vote de ladite loi de l’an 2000. Nous pouvions en prédire un prochain, au regard du volume des dispositions improvisées dans le feu excitant du débat.

 

LE DERNIER ORGASME LEGISLATIF DU XXème SIECLE

[UUL20001208--LOI-DU-13-DECEMBRE-S-R-U]

était donc d’origine gouvernementale

 

LE PREMIER ORGASME LEGISLATIF DU XXIème SIECLE

est cette fois d’origine parlementaire, ( car le gouvernement avait choisi de prendre un profil bas), comme si l’Assemblée Nationale et le Sénat, ne sachant pas, par inculture, abroger les textes inutiles et dangereux, ne trouvaient de plaisirs que dans une giclée supplémentaire de dispositions.

La statistique mérite le coup d’oeil

[2003-00-01-10L-PROJET-DE-LOI-DDRUHC-STATISTIQUES-PJA]

 

[2003-00-01-00L-PROJET-DE-LOI-DDRUHC-EM-ET-TEXTE]

[2003-00-01-01L-PROJET-DE-LOI-DDRUHC-TEXTE-SEUL]

[2003-00-01-02L-PROJET-DE-LOI-DDRUHC-PETITE-LOI-AN]-

[2003-00-01-04L-PROJET-DE-LOI-DDRUHC-PETITE-LOI-SENAT]

 

**Compte rendu analytique de la séance du 25 février 2003 au Sénat. Extrait. Début de l’intervention du rapporteur de la commission saisie au fond.

« M. Dominique Braye, rapporteur de la commission des affaires économiques et du Plan. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, le développement durable, au-delà d'une terminologie à la mode, est devenu une préoccupation et un enjeu qui sont au coeur de toute action publique. Il englobe le champ d'action de nombreuses politiques, parmi lesquelles l'aménagement équilibré et harmonieux de notre territoire ; l'urbanisme en est évidemment l'une des composantes essentielles.

Les politiques de l'urbanisme modifient en effet l'aspect de notre territoire de façon durable et, bien souvent, quasi définitive. Le législateur doit donc toujours veiller à modifier avec beaucoup de circonspection les règles instituées par le code de l'urbanisme.

Aussi, la discussion du présent projet de loi relatif à l'urbanisme, à l'habitat et à la construction nous invite-t-elle à être à la fois pragmatiques et prudents : pragmatiques, parce que la mise en oeuvre de la loi SRU pose de réels problèmes d'application sur le terrain, essentiellement pour les élus locaux; prudents, car nous devons nous méfier de toute innovation qui, bien qu'inspirée par de bonnes intentions, risquerait d'engendrer des difficultés plus grandes que celles auxquelles nous voulons remédier.

Le texte aujourd'hui soumis à notre examen a en effet pour vocation principale de remédier aux difficultés d'application patentes de la loi SRU, et non, je tiens à le souligner, de remettre en cause l'essentiel de son esprit.

Or s'il existe un consensus sur les principes de la loi SRU, il subsiste une véritable confusion concernant ses modalités d'application.

Permettez-moi de le rappeler afin de lever toute équivoque: à une exception près - même si elle est de taille; j'y reviendrai bientôt -, l'accord est très large sur les principes qui ont inspiré la loi SRU. Ceux-ci portent sur le renforcement de la mixité sociale, l'élaboration de documents intercommunaux et la coordination de l'ensemble des politiques de gestion de l'espace, qu'il s'agisse du logement, du développement économique, des transports, etc.

Nous souscrivons tous à ces principes et à ces objectifs. J'ajouterai, quitte à surprendre certains d'entre vous, qu'il faut éviter de faire l'amalgame entre une mauvaise interprétation d'une loi, due à ses imprécisions et à ses ambiguïtés, et une loi mauvaise sur le fond. »

 

TROUBLANTE DECLARATION.

Rien n’obligeait le rapporteur à tenir de tels propos sauf à considérer que l’ex-opposition du Sénat avait pleinement fait siens, en ce qui concerne les dispositions du code de l’urbanisme, non seulement les principes de la loi 2000-1208 mais aussi ses modalités qu’elle a d’ailleurs contribué à rendre moins absurdes sur plusieurs points. Mais elle n’a rien vu venir des «réels problèmes d'application ( qu’elle posait) sur le terrain, essentiellement pour les élus locaux » .  Il lui semble donc difficile aujourd’hui de se renier et de prendre des mesures « réactionnaires » radicales d’abrogation pures et simples. Et de revenir à la situation antérieure qui était loin d’être parfaite mais à peu près connue des élus locaux.

Nous avons là, l’aveu naïf que chacun s’est laissé prendre à la désinformation bonnasse qui entoura la présentation et la discussion de ladite loi. On lira pour se distraire le document « 2000-06-00---E» dans www.imprecator.com. Le flot de mensonges grotesques et caricaturaux qui déferla pendant deux ans ne suscita aucune réaction et le Parlement, qui comprend pourtant de nombreux élus locaux a été roulé dans la farine ! L’essentiel, à l’époque, était que deux ministres aient leur loi. Ils eurent cette satisfaction ineffable. Il faut maintenant en payer le prix.

« Classique » diront les désabusés.

Mais le cas est bien plus sérieux .

Après seulement deux années à essayer de la mettre en œuvre, on n’en effeuille que les premières difficultés et on réagit en croyant qu’il ne s’agit que de détails : « il faut éviter de faire l'amalgame entre une mauvaise interprétation d'une loi, due à ses imprécisions et à ses ambiguïtés, et une loi mauvaise sur le fond. » dit le rapporteur. Erreur complète de diagnostic. La réalité est inverse ; ladite loi comporte bien quelques dispositions intéressantes mais elle est loin d’avoir révélé tous ses non-sens et bizarreries qui mettront du temps à se manifester comme les effets de toute maladie à virus lent. Le juge administratif y trouvera matière à délices juridictionnels.

Les difficultés révélées conduisent le rapporteur à la modestie et à demander au sénateurs d’être « pragmatiques et prudents ». Il a raison  mais on doute qu’il soit conscient de ce que le Parlement est en train de produire. En reprenant par amendement des dizaines d’articles du code, il ajoute d’autres effets imprévisibles et imprévus dont les communes feront les frais d’ici deux à trois ans.

CONCLUSION

Le code se portait mal mais évoluait par bouffées législatives tous les cinq ou six ans. Il est probable qu’à l’avenir il évoluera plus fréquemment pour corriger des « inventions » improvisées essentiellement destinées à se faire plaisir un moment.

A quand le prochain « DDRU » ou « DDMU » ?

Il devrait y en avoir en 2004 et 2005. L’échéance 2006, à elle seule,  devrait être reportée car on ne se débarrassera pas de cette façon des POS dont on a admis qu’ils puissent être modifiés et révisés.

Pauvres communes !

On n’a pas fini de les entendre se plaindre du droit à leurs congrès annuels d’associations à moins que M. PLAGNOL, un jour, découvre le superbe chantier de la clarification du code de l’urbanisme et, osant,  parvienne à en soustraire la conception à ceux qui l’ont mis dans son triste état. AG. Le 08/04/2003